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Affichage des articles associés au libellé Henry Selick

Fêtes funèbres

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  Exils # 12 (20/12/2023) Quel élément (du crime ricane von Trier) commun entre L’Inconnu du Nord-Express (Hitchcock, 1951), Furie (De Palma, 1978), Le Retour de l’inspecteur Harry ( aka Sudden Impact , Eastwood, 1983) ? Of course leur crucial carrousel, leur ritournelle mortelle de circularité conflictuelle et cruelle, leur virtuosité visuelle de boucle bouclée comme climax musical causeur de décès emballé, empalé. Le passé ne saurait (tré)passer, il signe et persiste, refait faire un tour de piste aux pantins promis à un impitoyable destin, montés sur un maudit manège ( dixit Djian) de péril et de piège. Parmi un parc de pacte patraque, au palestinien et espionné soleil d’Israël, du côté de l’obscure et encadrée Santa Cruz, la roue de l’infortune, diurne ou nocturne, châtie les pécheurs, deus ex machina de machine maléfique, en rime a la caméra a priori prima donna. De la même manière moins douce qu’amère, la fête foraine au ciné souvent ne se finit de façon serein...

Coraline : Rosebud

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Affronter la fausse frontière, mutiler sa mauvaise mère… There’s no place like home. Dorothy Gale, The Wizard of Oz Placée par Neil Gaiman à l’orée de son (homonyme) roman, la citation (optimiste) de Chesterton soumet la véracité des contes de fées à leur affirmation de victoire sur les dragons. Dans Coraline (Henry Selick, 2009), la gamine éponyme ne ressemble en rien à saint Michel, davantage à la Léa Seydoux de La Vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013), capillarité bleutée partagée, voire au frère évanoui de Richie selon Ça (Andrés Muschietti, 2017), imperméable jaune en partage, et son combat contre « l’autre mère » dut (dé)plaire aux pédopsychiatres. Au croisement de Pinocchio , Les Aventures d’Alice au pays des merveilles , Hansel et Gretel et Blanche-Neige , Coraline accumule une poupée au carré (à la place et en alter ego du pantin mytho), une gosse esseulée (délaissée), un univers truqué (tels les pères chez Philip K. Dick), une dégustation de...

Les Femmes de Stepford : Une femme sous influence

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Cette fable sur l’aliénation s’ouvre et se clôt sur un gros plan de l’héroïne, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre : au terme de son parcours tragique, la voici devenue enfin l’image reflétée par le miroir, celle d’un insoutenable bonheur qui ne pose plus de questions. Conduite à nouveau par son mari qui l’aime, elle répétera le départ originel, dans le vide magnifique et terrible de la vie des marionnettes… Une famille fuit la grande ville et ses dangers, ne sachant lire (ou trop bien) les signes annonçant l’ironie cruelle de l’herbe plus verdoyante ailleurs – un mannequin se disloque en pleine rue, surréalisme banal qui appelle la monstrueuse banalité du dénouement. Dans l’Amérique paranoïaque des années 70, illustrée par le Nouvel Hollywood, les citadins espèrent trouver à la campagne tout ce que le Ciel promet. Le film de Bryan Forbes emprunte les chemins faussement tranquilles des paraboles rurales de la petite ville, presqu’un genre en soi, de L’Ombre d’un dout...