Articles

Affichage des articles associés au libellé Jean-Paul Rappeneau

Autrefois, au Venezuela…

Image
  Exils # 155 (13/01/2026) Le Sauvage (Rappeneau, 1975) va vite et semble être exotique, on repense aussitôt à L’Homme de Rio (de Broca, 1964, Rappeneau participe), à un autre duo, Deneuve & Montand substitués à Dorléac & Belmondo. On retrouve aussi Luigi Vannucchi, mari maudit, très éloigné de la DC selon Rossellini ( L’An un , 1974). Co-écrite par encore un couple, celui-ci sans entourloupe, Élisabeth & Jean-Paul, frère et sœur en chœur, en compagnie de l’incontournable Jean-Loup Dabadie, vrai-faux vaudeville de scénaristes et dialoguiste, la comédie romantique paraît s’inspirer du modèle à l’américaine, Capra and Co ., passage par New York, tant pis pour Miami, où l’engueulade précède l’accolade, où d’abord se détester autorise ensuite à mieux s’aimer, gifles humides comprises, n’en déplaise aux féministes, because bateau (et tableau) bousillé. La sauvageonne tombe dans les pommes, sa tête heurtée par une pomme, colère d’homme ; pendant le prologue du presq...

Pacte avec un tueur

Image
  Un métrage, une image : Le Combat dans l’île (1962) Il convient de l’avouer : on s’attendait en sourdine à la matrice de L’Insoumis (Cavalier, 1964), mais ici l’Algérie, indépendante depuis, deux mois avant la sortie, n’apparaît que pendant une réplique, l’extrême droite à l’épithète se limite, l’OAS reste en retrait, société secrète de chasseurs menteurs, sinon amateurs. On sent vite que tout ceci, à l’instar de l’auvergnate zone libre, à maréchal infernal, des réfugiés d’Argentine, naturellement allemands, du pedigree colonial de l’instructeur dénonciateur, n’intéresse Cavalier qu’en surface, lui-même mis en abyme, en reflet fugace, sur la glace d’une DS plus funèbre que celle de Fantômas (Hunebelle, 1964). À l’instar de Irréversible (Noé, 2002), au passage (souterrain, utérin) autre triangle d’enfance, de désespérance, Le Combat dans l’île documente d’abord, d’accord, l’évidente, émouvante, complicité d’un couple pas seulement, ensuite, de ciné, Romy Schneid...

Don Giovanni

Image
  Un métrage, une image : Benjamin ou les Mémoires d’un puceau (1968) À la clémentine Jacqueline Laclos au creux et au cœur de Watteau, OK , illico , mais Benjamin ou les Mémoires   d’un  puceau se souvient aussi, pardi, de Belle de jour (Buñuel, 1967), mon masochiste amour, jusqu’à réutiliser, voire refourguer, de facto son trio, reformuler une fameuse et fantasmée humiliation, bye-bye à la boue, bienvenue à une verte flagellation, annonce en sus Raphaël ou le Débauché , sorti trois ans après, encore La Lectrice (1988) bien sûr complice, érotique et pudique. Au côté de l’incontournable Nina Companeez, co-scénariste, dialogueuse et monteuse, l’habile Deville délivre donc un divertissement intelligent, à contre-courant du temps, qui n’oublie, évidemment, d’adresser un clin d’œil au carré au Don Juan ou le Festin de pierre du presque contemporain Molière, même s’il en minore, sinon omet, la dimension satirique, allez. Il s’agit, en résumé, d’une étu...

Le Débarquement au cinéma : Les Conquérants

Image
06/06/1944 – « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » Si, si, des paras, des soldats, une certaine idée du cinéma ! De cet album mémoriel, commémoratif, amnésique – rien, absolument rien, sur le second débarquement, culturel, cinématographique, sociétal, comme si les accords Blum-Byrnes de 1946 sur la distribution ne signifiaient rien, comme si les « US, go home ! » proférés une trentaine d’années après, ailleurs et au pays libéré, pas vainqueur, guère résistant, un chouïa culpabilisant, malgré la doxa gaulliste, des colonies, de Vichy (de son « syndrome », clôt en coda l’inévitable Marc Ferro), de la guerre d’Algérie, restaient sans portée, sans actualité –, sympathique et anecdotique, bien et plaisamment illustré (« photos inédites de La Grande Vadrouille » claironne la couverture cartonnée, vérité avérée puisque Danièle Thompson se fend de quelques tirages en noir et blanc de sa personnelle collection), on choi...