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Affichage des articles associés au libellé Mary Pickford

The Extra Girl : Le Trou normand

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Liesse de « natural born actress » + oignons et pognon… À Hélène Marchand, accueillante et résistante Aimable et amusant mélodrame familial et méta, The Extra Girl (F. Richard Jones, 1923) permet de (re)découvrir une actrice drôle et tendre, presque poignante. Pionnière et populaire, issue de parents appartenant à la classe ouvrière, Mabel Normand commença en modèle, fit un tour chez Griffith, escorta Mack Sennett, dirigea le juvénile Chaplin, devint la partenaire professionnelle et personnelle de Samuel Goldwyn, l’amie de Mary Pickford, posséda son studio, sa société de production, subit deux ou trois scandales, se drogua un chouïa, dit-on, puis décéda vers le mitan de la trentaine, victime d’une épidémie de tuberculose US, hollywoodienne, qui emporta aussi le supra réalisateur, quel malheur. Comédie douce-amère, de désillusion, de dessillement, The Extra Girl , produit Sennett oblige, déploie un peu de slapstick , au propre et au figuré, notez le bâton d’occa...

Le Voleur de Bagdad : Le Prince oublié

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Raoul Walsh. Raoul Walsh n’est pas quelqu’un dont nous avons envie de parler au passé. Jean-Patrick Manchette D’emblée didactique, doté d’une délectable direction artistique, Le Voleur de Bagdad (Raoul Walsh, 1924) s’avère en sus un ouvrage exotique, un opus politique. Il commence comme Fog (John Carpenter, 1980), c’est-à-dire par une mise en abyme de la situation du spectateur, gamin guère gredin, auquel un immaculé imam destine un conte moral, le film lui-même, dont le résumé s’inscrit sur un ciel étoilé, à l’instar d’une leçon de vie sur un tableau noir d’écolier. Le bonheur, ça se mérite, ça nécessite une « poursuite », étasunienne caractéristique, aimant d’immigrants, chez Charlie Chaplin, Elia Kazan ou James Gray, allez. Souple et espiègle, le détrousseur charmeur écoute son cœur, en repenti se convertit, ressemble à Persée, Siegfried ou Ulysse, délocalisés en Irak. Pour sa princesse à pro...

Rosita : Mon roi

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Ernst Lubitsch. When the night has been too lonely and the road has been too long And you think that love is only for the lucky and the strong Just remember in the winter far beneath the bitter snow Lies the seed that with the sun’s love in the spring becomes the rose Bette Midler Durant cette « romance espagnole » joliment restaurée, merci mémoriel à l’équipe cinéphile de Dave Kehr , conservateur spécialisé d’un fameux musée d’art moderne new-yorkais, des scènes nocturnes émerveillent en mineur, un souverain marivaude, des figurants fourmillent, Mary Pickford se transforme enfin en femme forte, affirmée, délaisse la star adulte déguisée en gosse, (re)lisez-moi à propos de Pauvre petite fille riche (Maurice Tourneur, 1917), La Petite Américaine (Cecil B. DeMille, idem ) et Pollyanna (Paul Powell, 1920). Premier opus américain du réalisateur européen, allez ou non voter demain, au pass...

The Wind : The Wind

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Disons un no woman’s land soigné, cependant languissant...   Une actrice, une réalisatrice, une scénariste, une monteuse : à défaut d’être féministe, voici bel et bien un western (au) féminin. Moins emmerdant mais autant indie que La Dernière Piste (Kelly Reichardt, 2010), The Wind d’Emma Tammi (2018) ne saurait hélas rivaliser avec The Wind de Victor Sjöström (1928), idem écrit par une femme, à savoir Frances Marion, notamment rédactrice pour Mary Pickford, relisez-moi ou pas à propos de Pollyanna (Paul Powell, 1920), alors adaptatrice de la romancière Dorothy Scarborough. En dépit des bourrasques mesurées présentes sur la bande-son, ce portrait en POV par procuration d’une pionnière paranoïaque manque de souffle, de folie, de sens de l’espace, de la surprise. Si le Roman Polanski de Répulsion (1965) empruntait ses mains murales au Jean Cocteau de La Belle et la Bête (1946), le métrage trop sage du jour ensoleillé paraît s’inspirer de REC (Jaume Balagueró...

Pollyanna, Pauvre petite fille riche, La Petite Américaine : Prière pour Mary Pickford

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Oh Mary, si tu savais tout le ciné que l’on défait. They tied the knot together Groom and bride couldn’t hide their pleasure They tried to pick fair weather But love died didn’t last forever Katie Melua, Mary Pickford , Pictures (2007) Miss Gladys Smith, en janvier 2018, dis-moi, qui se souvient de toi ? Je viens de passer quatre heures en ta compagnie, cela m’autorise à te tutoyer, en toute amitié d’outre-tombe. Je viens de visionner trois de tes films, trois mélodrames muets réalisés par Paul Powell, Maurice Tourneur, Cecil B. DeMille, présentés par Patrick Brion, bon, rassemblés sur un DVD soldé, dans des copies à peine passables, spécialité de Bach Films, éditeur d’habitude redoutable. Je viens de voir un documentaire supplémentaire de cinquante minutes consacré à ta vie, dépourvu de présence masculine, hors la voix off narratrice. Tu le sus parfaitement, il arrive dans une vie un moment où l’on s’écarte des vivants désolants, où l’on fréquente les morts ...