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Affichage des articles associés au libellé David Fincher

Mission Maman

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  Exils # 164 (02/02/2026) Parmi des familles et des enfants attentifs, on découvre avec Le Robot sauvage (Sanders, 2024) l’équivalent américain de Flow (Zilbalodis, 2024) l’européen, puisque les deux dessins animés, par ordinateur idem engendrés, manient le même matériau : des animaux, de l’eau, des hommes évaporés ou à la périphérie de la géographie (du récit), une certaine idée de la solidarité. En dépit d’une interprétation réductrice, applicable et appliquée aux films dits horrifiques, il semble que le darwinisme ne se réduise en vérité à une évolution sélective, incontournable et défavorable aux espèces les plus faibles. La (sur)vie dépendrait aussi de l’adaptabilité, de l’altérité, d’une dialectique pragmatique. In extremis mis en abyme, car lecture de catalogue au lieu de projection publicitaire, le conte anticonformiste produit par DreamWorks carbure à la concorde, à la « trêve » hivernale et amicale, à l’altruisme démocratique et bien sûr à ...

Élémentaire, ma chère Watson

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  Exils # 150 (15/12/2025) L’ambiguïté de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968) ? Le dolorisme de L’Emprise (Furie, 1982) ? La chronologie de Lucky (Kermani, 2021) ? Périmètre mortel (Red, 2008) s’en moque à la truelle, malmène Famke Janssen qui se démène, se souvient de Verhoeven ( Hollow Man : L’Homme sans ombre , 2000), l’invisible devient visible via le sang de l’amant, violence virtuose, payer de sa vie le prix d’une nuit d’humide défi, logique symbolique empreinte de puritanisme. Si le synopsis se résume à ceci : une ex -détenue homicide affronte à domicile le fantôme d’un flic, la scène de ménage ne ménage ses dommages et mérite quelques lignes à demi laudatives. Nanti d’un titre d’origine programmatique ( 100 Feet ), assez bien adapté en français, ce survival marital, au final infernal, demeure en flammes, telle jadis la chaufferie du Freddy des Griffes de la nuit (Craven, 1984), naturalise le fantastique, n’en fait une affaire de subjectivité f...

Nouveauté infaillible des vieux films

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  Exils # 2 (14/02/2023) Un certain soir, grandes ondes algériennes guère sereines, l’auditeur de valeur évoqua un « vieux film », sis au sein de « l’espace », sur une « station », où un « monstre » local carburait à la « peur » des inversés envahisseurs : le cinéphile pense bien sûr à l’appréciable et apprécié Planète interdite (McLeod Wilcox, 1956), annexé ici, autour de minuit, en allégorie de la solitude, son « emprise » de démon propice à la multiple et inacceptable « capitulation ». Le moderne « mal du siècle » de l’esseulement, de l’isolement, de « l’exclusion sociale », dixit l’auditrice fébrile et fragile, s’unit ainsi à de la science-fiction américaine ancienne, en partie portée par Robby le Robot & Leslie Nielsen… Les films peuvent-ils vieillir ? Ils peuvent plutôt (dé)périr, en dépit de la résurrection de la restauration, de la réanimation de la numérisation, des éc...

L’Anglais

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  Silhouette ou quartette, musico et peut-être mec honnête… John Cameron composa donc une poignée de pièces assez irrésistibles de library music , exercice de style difficile, sinon stérile, dont un diptyque addictif, à la sensualité de « soleil liquide » et de céleste vocaliste seventies , en partie découvert jadis par votre serviteur via une publicité télévisée. Il ne céda cependant à la paresse de « rêveries oubliées à demi », jaillit du jazz , passa par la pop , s’occupa de comédie musicale, par exemple les increvables Misérables du tandem Boublil & Schönberg, se soucia aussi de classique. Collaborateur de Donovan, Hot Chocolate ou José Carreras, Cameron écrivit, conduisit et produisit ainsi, souvent avec discernement, pour le petit et le grand écran, signa en sus moult arrangements. Moins renommé que son compatriote, un autre John, Barry, en tout cas ici, il ne démérite néanmoins, prend sa place parmi une estimable liste, celle d’artistes britanni...

Le Banni

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  Un métrage, une image : Highlander (1986) Des épées, des décapités, des empalements, dorsaux, style sodo, en ville ventraux, des décharges d’énergie, comme des orgasmes de folie, d’épiphanie : la madeleine mulcahyenne ravit les psys, met en image d’ironique hommage une masculinité très tourmentée, de surcroît incapable de se reproduire, seulement condamnée à s’auto-détruire, avide de viol gardé secret ou portée sur l’adoption de petite rescapée, orpheline enfant maintenant magnanime maman. La tête posée, pas encore tranchée, en pietà sur les genoux de la pas si égoïste Brenda, spécialiste métallurgiste et légiste toutefois tournée vers la vie, l’acceptation de l’impossible, des identités graphiques multiples, à quoi songe Conrad/Connor, sinon à l’Écosse, au clan des McLeod, à la chère, éphémère, Heather, à l’incontournable, increvable, décourageant Kurgan, némésis complice, dialoguiste d’église, en écho aux Inco ( rruptibles , De Palma, 1987), qui utilise le pseudonyme...

En corps

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  Un métrage, une image : Full Contact (1990) Aimable mélodrame, Full Contact fonctionne au combat clandestin, à l’encontre, à la rencontre, du destin. Si l’issue du fight ultime, ensuite la fin du film, démonstration dédoublée de magnanimité méritée, n’entendent surprendre, l’ item trentenaire, populaire, indépendant, étonne autrement. Au-delà d’être un évident véhicule pour Van Damme, qui ne conduit, qui coécrit/chorégraphie, il s’agit aussi d’une vraie-fausse autobiographie, d’une fable familiale, d’un portrait paupérisé du « pays des opportunités ». Deux années après la satire lucide, à domicile, de Invasion Los Angeles (Carpenter, 1988), Lionheart , titre explicite, Kate Bush l’adore, d’accord, se place parmi une perspective marxiste, se rapproche des cloches, met à l’honneur un tendre déserteur, une esseulée belle-sœur, met en vedette des êtres honnêtes, cabossés au propre et au figuré. Ni Rocky (Avildsen, 1976), ni Fight Club (Fincher, 1999), sus au sentimenta...

Polisse

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  Un métrage, une image : The Evil Next Door (2020) If you hear something late at night Some kind of trouble some kind of fight Just don’t ask me what it was Suzanne Vega, Luka On ne naît mère, on le devient : à la sauce Simone, telle pourrait être la morale, à remonté moral, de The Other Side , aka The Evil Next Door , d’accord. Je réaffirme, fi de frime, que le mélodramatique se dissimule souvent, essentiellement, sous l’horrifique, qu’il constitue donc, disons, les fondations de l’édifice à risque, à catharsis, ce que matérialise ce film, puisque son héroïne intrépide se recroqueville, au cours du climax , du face-à-face, sous les mitoyennes maisons. En surface, il s’agit ainsi d’emménager, de (dys)fonctionner comme famille classée recomposée, de fissa se confronter à une étrange entité, anthropomorphe, métamorphe, sorte d’ogre à domicile, in extremis sensible, défié, défait. En profondeur, il s’agit aussi d’un cauchemar maternel, dans lequel une nouvelle...

Dans la maison

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  Un métrage, une image : Parasite (2019) La représentation de la pauvreté peut beaucoup rapporter – voici, en définitive, la moralité du métrage mondialement acclamé, primé. Succès critique et public, Parasite s’avère vite cependant bien moins amusant, émouvant, que les films précédents, c’est-à-dire Memories of Murder (2003), The Host (2006), Mother (2009) et Snowpiercer, le Transperceneige (2013). N’en déplaise aux experts du commentaire, il ne s’agit jamais de la lutte des classes mise en images, car le combat implique une conscience politique, non une simili sociologie. Pas même prolétaire, le père méconnaît Marx, pratique un pragmatisme teinté de cynisme, délesté de patriotisme, tuer quelqu’un ou trahir son pays, quelle importance, seule importe la survivance, la crédulité en l’occurrence, surtout celle de la maîtresse de maison young and simple , riche et gentille, gentille puisque riche, persifle sa femme, qui s’imagine déjà belle-mère de la lycéenne auss...

Tout s’est bien passé

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  Un métrage, une image : Sursis pour un vivant (1959) Le dramaturge à succès ne sait « lu et approuvé » en bas du contrat faustien à fond correctement orthographier, comme le fait remarquer, amusé, à l’alité, à l’hospitalisé, au vrai-faux et en auto suicidé, un émissaire mystère dénommé Thanatos, non pas appellation « de guerre », plutôt « de paix », bien sûr éternelle, d’euthanasie jolie, située en montagne, au milieu des edelweiss, quelle grâce, une pensée pour l’homonyme morceau de La Mélodie du bonheur (Robert Wise, 1965), mon salaud. Sur place, en télébenne, pas de problème, l’anti-héros, curieux, incrédule, rencontre les autres pensionnaires illico , précédés par un chauffeur et serviteur dit de couleur, occasion de répliques presque drolatiques impossibles à prononcer ni à caser au creux de notre moralisée modernité, pseudo-cannibalisme en prime. Un « tireur d’élite » dirige la boutique, check le chèque, accomplit les p...

Les Communiants

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  Un métrage, une image : Que Dios nos perdone (2016) Les personnages principaux de cet opus espagnol discrètement drôle, citons en démonstration un ventilateur létal et une ceinture de sécurité à s’étrangler, possèdent tous quelque chose à se faire pardonner, y compris le réalisateur pour avoir livré un récompensé pudding européen plutôt psychanalytique que catholique, quoique. Avec sa culpabilité décuplée, partagée, avec sa rédemption de toute façon hors de question, Que Dios nos perdone affiche une forme faible, d’abord adepte de la caméra portée, de la courte focale, ensuite du téléfilm de luxe cadré en widescreen , visez la virtuosité trafiquée d’un mouvement d’évasion sans balcon. Le cinéaste sévit aussi à la TV co-productrice, on le devine vite. Basé sur un assassin assez risible, jamais crédible, à maman jadis abusive, la catéchèse, quel malaise, le récit en sus se soucie de pseudo-sociologie, cf. le sous-texte du contexte, association de manifestation sociale...

Nightmare Island : O Fantasma

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Robinsons de saison ? Robinsonnade proche de la pantalonnade.   In this world there are only two tragedies. One is not getting what one wants, and the other is getting it. Oscar Wilde, Lady Windermere’s Fan Téléfilmé par un analphabète, écrit par trois abrutis, produit par l’imbuvable Jason Blum, Nightmare Island (Jeff Wadlow, 2020) possédait pourtant du potentiel. Cette vraie-fausse traduction ciné de la série TV L’Île fantastique se fit donc descendre par la critique et adouber par le public. Déjà responsable du dispensable Cry Wolf (2005), le supposé cinéaste actualise ainsi le glucose exotique, pseudo-philosophique, cuisiné à la fin des seventies par le classé créateur Gene Levitt. On se souvient peut-être aussi de la distinction opérée jadis par le spécialiste Edgar Allan Poe, entre fancy funeste et imagination lumineuse, au cher Usher la première, à l’artiste lucide la seconde. Un glissement lexical et sémantique se constate ici, car on passe du fantas...

Underwater : Deepwater

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Pomper le pétrole ? Aliéner Alien … Cuz all I need is the love you breathe Put your lips on me And I can live underwater Mika Underwater (William Eubank, 2020) cite le classique « xénophobe » de Scott (1979) dès le générique, la typographie de son titre ; ensuite, une coda sacrificielle, superficielle, prévisible dès le début – l’héroïne esseulée, lunettée, cadrée en widescreen et en contre-plongée, bien éclairée par le brillant Bojan Bazelli, jadis complice de Ferrara, notamment sur Body Snatchers (1993), autre conte d’une autre trempe de féminité tourmentée par l’altérité, philosophe en voix off , se brosse les dents, épargne une égarée araignée, survit, en sursis, à un séisme, mince – nous ramène au terme maternel du volet mésestimé de Fincher ( Alien 3 , 1992), embrasement de monstrueux et tendre enfantement, voire l’inverse. Franchement, les mecs, les hécatombes en huis clos de caveau, parmi l’espace sépulcral ou au fond des eaux, on co...

The Wind : The Wind

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Disons un no woman’s land soigné, cependant languissant...   Une actrice, une réalisatrice, une scénariste, une monteuse : à défaut d’être féministe, voici bel et bien un western (au) féminin. Moins emmerdant mais autant indie que La Dernière Piste (Kelly Reichardt, 2010), The Wind d’Emma Tammi (2018) ne saurait hélas rivaliser avec The Wind de Victor Sjöström (1928), idem écrit par une femme, à savoir Frances Marion, notamment rédactrice pour Mary Pickford, relisez-moi ou pas à propos de Pollyanna (Paul Powell, 1920), alors adaptatrice de la romancière Dorothy Scarborough. En dépit des bourrasques mesurées présentes sur la bande-son, ce portrait en POV par procuration d’une pionnière paranoïaque manque de souffle, de folie, de sens de l’espace, de la surprise. Si le Roman Polanski de Répulsion (1965) empruntait ses mains murales au Jean Cocteau de La Belle et la Bête (1946), le métrage trop sage du jour ensoleillé paraît s’inspirer de REC (Jaume Balagueró...