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Affichage des articles associés au libellé John Hurt

The Elephant Man : Le Grand Sommeil

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Mouchoir d’insomnie ? Mouroir magnifique… La cathédrale de Elephant Man répond au dédale de Shining  : en 1980, David Lynch & Stanley Kubrick portraiturent deux freaks , deux créateurs, deux hommes à proximité d’une maquette. Si Jack Torrance s’enlise au sein de l’insanité, John Merrick réaffirme son humanité ; in extremis , ce tandem accède à une sorte de délivrance sidérante, sidérée, sise sous le signe d’une image à miroiter, à intégrer. Le père impuissant, frigorifié, ogre égaré par son extra -lucide Petit Poucet, fait toutefois, photographié, la fête en famille, pour l’infinité du passé, d’un bal du 4 juillet. Le fils orphelin, condamné, décide de se coucher, enfin, en être humain, à l’imitation du gamin du dessin. À l’agnosticisme ironique, fantastique, de Kubrick, succéderait donc le sentimentalisme suicidé, maternel, de Lynch ? Pas vraiment, malgré le redoutable adagio de Samuel Barber, bientôt utilisé avec une délicatesse de pachyderme, just...

The Manxman : Kiss Me Kate

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alfred Hitchcock. Hitch se fiche de l’île, effleure le conflit social causé par les satanés chalutiers, se focalise sur son trio de vaudeville à la dérive vers le mélodrame. Le capitalisme puis le consumérisme persistent à persuader que les classes n’existent plus, que la lutte devient donc caduque, nivellent partout par le même, tant pis pour Pasolini – le cinéma britannique démontre le contraire. The Manxman (1929), qui devrait plutôt s’appeler The Manxwoman , s’interprète et s’apprécie ainsi en conte moral et sentimental. Une fille de tavernier aux faux airs de Lon Chaney, sinon de John Hurt, se promet à un pêcheur, s’abandonne à un avocat. Exit la Jamaïque, bienvenue aux déconvenues. Tandis qu’Anny Ondra, doublure de Cyndi Lauper, passe du statut de plaisante petite salope briseuse d’amitié masculine à celui de mater dolorosa diariste, suicidaire, obstinée, endeuillée, ses boucles d’or dissimulées en rép...

La Griffe de Frankenstein : The Mortal Storm

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Antony Balch. Quintessence de l’humour britannique – Le Sang du vampire ni La Poupée diabolique ne manquaient de drôlerie discrète, certes –, L’Hôpital de l’horreur (titre original préférable) ose même le désopilant, par exemple dans une scène où le nain amène (mémorable Skip Martin), passé de l’autre côté, utilise deux corps assommés par sa mixture aux allures de menthe à l’eau pour atteindre le verrou d’une porte en effet de prison. Balch (caméo barbu initial) ne rechigne pas au burlesque (le nanisme, autrefois forme de freak , avant que le politiquement correct et les bien-pensants Défenseurs de la Dignité Humaine, à des années-lumière d’un Tod Browning, ne s’en préoccupent) mais il se refuse à la pantalonnade et sa comédie horrifique ne succombe jamais au stérile, sinon cynique, second degré, mieux, elle propose une réflexion politique sur les crimes du passé à l’aune supposée émancipée du début de la déc...

L’Anglais : Blessures et Rires de John Hurt

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Police de la pensée en Espagne dans le film-réalité de nos années. Le fils du vicaire ne semble avoir jamais connu la jeunesse – et cependant ce gamin-là, interdit par son père de cinéma, dut la rencontrer, la conserver en lui tout au long de ces longues années, qu’il honora, « acteur à louer », selon ses propres dires modestes, de plus d’une centaine de films, sans compter ses nombreuses apparitions à la TV ou le prêt (rémunéré) de sa voix pour des jeux vidéo. Soixante ans de carrière permettent certes cela, avant qu’un cancer du pancréas ne vous emporte en compagnie de notre Emmanuelle Riva. Sur la scène shakespearienne du monde, chacun tire sa révérence, en fin, milieu ou début d’année, ouais. Hurt, se foutant carrément des blessures classées narcissiques causées par son métier d’exhibitionniste, joua souvent des seconds rôles bien plus intéressants que les premiers, réussissant cet exploit d’acquérir la gloire et l’immortalité provisoire de la cinéphilie via un ...