The Elephant Man : Le Grand Sommeil
Mouchoir d’insomnie ? Mouroir magnifique… La cathédrale de Elephant Man répond au dédale de Shining : en 1980, David Lynch & Stanley Kubrick portraiturent deux freaks , deux créateurs, deux hommes à proximité d’une maquette. Si Jack Torrance s’enlise au sein de l’insanité, John Merrick réaffirme son humanité ; in extremis , ce tandem accède à une sorte de délivrance sidérante, sidérée, sise sous le signe d’une image à miroiter, à intégrer. Le père impuissant, frigorifié, ogre égaré par son extra -lucide Petit Poucet, fait toutefois, photographié, la fête en famille, pour l’infinité du passé, d’un bal du 4 juillet. Le fils orphelin, condamné, décide de se coucher, enfin, en être humain, à l’imitation du gamin du dessin. À l’agnosticisme ironique, fantastique, de Kubrick, succéderait donc le sentimentalisme suicidé, maternel, de Lynch ? Pas vraiment, malgré le redoutable adagio de Samuel Barber, bientôt utilisé avec une délicatesse de pachyderme, just...