L’Île du docteur Moreau
Un métrage, une image : Ravage (2020) Merci à Billy (la Dorade) L’art forcément et parfois férocement funéraire du film raffole de femmes défuntes, d’un même élan à meurtrir et immortaliser, à démolir et magnifier. Les féministes fustigent une dichotomie masculine, mais la dialectique fatidique et filmique d’idéalisation, de destruction, au-delà de son romantisme désenchanté, de sa manipulatrice lucidité, on renvoie à nouveau vers Vertigo (Hitchcock, 1958), donne à voir, à s’émouvoir, via une présence-absence, une manifestation à la fois physique et fantomatique. Sur le miroir des images, des mirages, surgit ainsi le souvenir de nos mères, de nos chimères, de nos aimées, de nos admirées, de nos décédées. Ce filigrane familier, ce drame intime, revient dans Ravage (Buso & Lannelongue), troisième ouvrage d’un collectif incisif, après François et le Gilet (2019) suivi de Zombiphosate ( idem ), (re)lisez-moi ou pas. Au cœur du vrai-faux slasher à contexte écologiste rés...