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The Card Counter : Une chance sur deux

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  L’existence, la Providence, l’âme, la Grâce… Schrader (re)fait du Schrader, rien de révolutionnaire, ses préoccupations morales – le Bien, le Mal, la punition, la rédemption – peuvent déplaire, cependant il s’avère à tout instant assuré, sincère. Le cinéphile familier des fondamentaux affichés autrefois via Taxi Driver (Scorsese, 1976), Hardcore (1979), American Gigolo (1980), Mishima (1985) ou récemment First Reformed (2017), ainsi se (re)trouve vite en terrain (re)connu, presque convenu, aux cadres au cordeau, au rythme mesuré, à l’autarcie ouatée. Casinos écumés illico , tourmenté molto, mobilier de motel empaqueté comme Christo, sa vengeance surgelée cédée à (Monte-) Cristo, « William Tell » essaie de se semer lui-même, pas de bonne pomme à transpercer, de pouvoir à renverser, plutôt un gros fardeau à porter, à se tatouer, à s’imposer, une modestie de mise et de mises, jusqu’à la rencontre avec un fils juvénile, endeuillé, déboussolé, guère cultivé, très...

Banco

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  Un métrage, une image : Casino : No Limit (2008) Le descendant de Dorcel, DG + VRP du petit empire de son papounet, disait jadis à LCI « poursuivre un triple objectif qualitatif », impératif d’un film « attractif pour le plus grand nombre et pour toutes les générations – pour cela, il ne doit pas être répugnant, ni bidon, ni ridicule », comment veux-tu, si tu recules… Le fric ici s’affiche, objet-sujet d’économie libérale, non plus libidinale, de logique commerciale, comptable, de voyage estival : 230 000 euros de budget , 2 h 30 de durée, 14 actrices, 12 scènes classées X, distribution à l’unisson dans 56 pays, en sus (moi bien) d’une projection à la presse et de communication numérique un zeste, Ibiza, on y reva, de longues années après More (Schroeder, 1969), d’accord. Tout ceci sert à financer du locatif, par exemple yacht et villa , voilà, production values de parvenus, diégétiques, cinématographiques, se verra réutilisé selon d...

Casino : No Limit

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  Un métrage, une image : Et Dieu… créa la femme (1956) Trintignant, acte II : dans Trans-Europ-Express (Robbe-Grillet, 1967), il étranglait, obsédé, Marie-France Pisier ; onze ans plus tôt, Bardot mettait le jeunot KO , comme Curd (Jürgens) & Christian (Marquand), le public et le politique, le populaire et l’universitaire, Barhes, pas à Saint-Barth, s’en empare dare-dare. À vite voir cela, une persona déjà là, ludique et pudique nudité acidulée, danse exotique d’éden sudiste, chienchien + lapin taquin de SPA, on peut se demander pourquoi. Fallait-il que la France, ne parlons pas du puritanisme américain, hein, se sente corsetée, surtout au sein du ciné, de sa sexualité, pour réserver pareil accueil au véhicule minuscule de Madame Vadim, lui-même d’ailleurs mari délaissé au profit de Jean-Louis, vie imitant l’art et tutti quanti. Épaulé par le régulier Raoul Lévy, La Vérité (1960) de Clouzot il produisit aussi, conforté par le fric de la Columbia, Cin...

Un petit jeu sans conséquence

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  Un métrage, une image : Trans-Europ-Express (1967) En 2011, on retrouve le cadavre de Marie-France Pisier dans une piscine à la Brian Jones & Jacques Deray ( La Piscine , 1969). En 1966, l’actrice aristocratique de bientôt Baisers volés (Truffaut, 1968), Le Fantôme de la liberté (Buñuel, 1974), Les Sœurs Brontë (Téchiné, 1979), Le Prix du danger (Boisset, 1982), L’As des as (Oury, idem ), Parking (Demy, 1985), L’Œuvre au noir (Delvaux, 1988), La Note bleue (Żuławski, 1991) ou Le Temps retrouvé (Ruiz, 1999), dénudée/déguisée en prostituée au prénom à la Losey ( Eva , 1962), succombe à la strangulation du viol-ent client, tué au tournant, Trintignant. Toutefois ce funeste SM de maternelle, Maîtresse Catherine en prime, semble fadasse face à l’attirail médical ligotant au lit une Geneviève Bujold aux prises consenties avec Jeremy (Irons, Faux-semblants , Cronenberg, 1988). Pourtant, l’épilogue pendant, elle ressuscite in extremis , souriante Eurydice, enlacée p...

Elles n’oublient jamais

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  Un métrage, une image : Les Grands Moyens (1976) Merci Jackie Placés d’office sous le signe d’un art funéraire, les films se transforment fissa en cimetières. Celui-ci, de saison, ne fait exception, puisqu’il s’agit du dernier par le méconnu Cornfield tourné, interprété par Fernand Sardou itou, en sus musiqué par de Roubaix. Avant de plonger pour ne plus remonter, François donna de la voix, le bucolique Dans les bois devient l’ironique Vendetta , en écho à Nicoletta accompagnée de Lai, requiem au soleil dédié aux Hommes (Vigne, 1973) amis et ennemis, du Milieu et insulaires aussi. Ici, les fifilles dociles cueillent des fleurs, on les écarte illico de la scène obscène d’un crime en famille, triple assassinat de paradis niçois. Flinguer un flic, l’épouse, le père, même en automobile immaculée, ralenti compris, ne peut rapporter rien de bien, déclenche une mécanique qui ne flanche, massacre programmé dont les péripéties, la durée, s’unissent à celles, drolatiques, modé...

Barfly

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  Un métrage, une image : Le Poison (1945) Et je bois Dès que j’ai des loisirs Pour être saoul pour ne plus voir ma gueule Je bois Sans y prendre plaisir Pour pas me dire qu’il faudrait en finir Boris Vian Renommé, récompensé, The Lost Weekend dialogue à distance, dès le premier plan, d’un escalier dévalé le temps, avec un autre conte de dédoublement, au bestiaire mortifère – Psychose (Hitchcock, 1960), évidemment. En le redécouvrant en DVD, on peut aussi songer à La Maison du docteur Edwardes (Hitchcock, 1945), à L’Homme au bras d’or (Preminger, 1955), à Shock Corridor (Fuller, 1963), au Cercle rouge (Melville, 1970), à Shining (Kubrick, 1980), au Festin nu (Cronenberg, 1991). Au carrefour du « film noir », « fantastique », sinon « horrifique », chauve-souris à la Lugosi, pas encore d’Asie, incluse, de l’étude de mœurs, du portrait intérieur, Le Poison carbure donc à l’accoutumance, à la clémence, à l’impuissance,...

Rappelle-toi Barbara

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  Sème, tandem , sillon de rémission… Bernard Stiegler, passé par le privé (CLCF), signa Le  Temps du cinéma , qui dit Deleuze, s’inquiétait de technique, d’anthropologique, d’ entropie , d’adoption et d’individuation ; il se suicida en 2020, merde à la maladie, aux banques braquées. Barbara Stiegler s’entiche de Nietzsche, lit Lippmann, analyse le néolibéralisme, dogme-obsession de l’adaptation, porte un gilet jaune ; elle bosse à Bordeaux. Le père philosophait, la fille aussi, rare, ainsi. Foucault illico , Tocqueville écho, l’universitaire multiplie les interventions, ne vise aucune conversion, vaccinée, au propre, au figuré, contre le progressisme et le complotisme, maux en médaille, la démocratie mondiale déraille. Pandémie ou syndémie ? Kahn ou Kant ? Protocole ou contrôle ? Jamais décevante, toujours stimulante, l’enseignante sérieuse et souriante ne se pose en héritière, au contraire, puisque pareille paternité un peu « compliquée », O...