La Bataille de Marathon + Esther et le Roi : 300 + Alexandre
Courir, secourir, défendre la démocratie, défaire l’antisémitisme… Deux cinéastes estimables, estimés, s’essaient à une imagerie hier et aujourd’hui largement mésestimée : au petit jeu peu sérieux, un peu oiseux, du qui dit mieux, Jacques le juvénile jubile mais Raoul reste très cool . Bien accompagné par le seul et unique Mario Bava, ici directeur de la photographie, responsable des effets spéciaux, co-director non crédité, notre tandem d’exilés italianisés livre donc des films politiques, pardon du pléonasme, à base d’unité nationale et de judaïsme sentimental. Les historiens peuvent se récrier au sujet des erreurs accumulées, le spectateur contemporain se contrefout de la sacro-sainte exactitude factuelle. Le cinéma, pourquoi pas, possède tous les droits, hors celui d’emmerder, de se croire en train de documenter, amen – un métrage témoigne de son tournage, de son contexte socio-temporel, de ses ambitions, de ses déceptions, « cela et rien de plus », dirai...