Articles

La Bataille de Marathon + Esther et le Roi : 300 + Alexandre

Image
Courir, secourir, défendre la démocratie, défaire l’antisémitisme… Deux cinéastes estimables, estimés, s’essaient à une imagerie hier et aujourd’hui largement mésestimée : au petit jeu peu sérieux, un peu oiseux, du qui dit mieux, Jacques le juvénile jubile mais Raoul reste très cool . Bien accompagné par le seul et unique Mario Bava, ici directeur de la photographie, responsable des effets spéciaux, co-director non crédité, notre tandem d’exilés italianisés livre donc des films politiques, pardon du pléonasme, à base d’unité nationale et de judaïsme sentimental. Les historiens peuvent se récrier au sujet des erreurs accumulées, le spectateur contemporain se contrefout de la sacro-sainte exactitude factuelle. Le cinéma, pourquoi pas, possède tous les droits, hors celui d’emmerder, de se croire en train de documenter, amen – un métrage témoigne de son tournage, de son contexte socio-temporel, de ses ambitions, de ses déceptions, « cela et rien de plus », dirai...

The Boy + The Boy 2 : Greta + Jude

Image
#MoiAussi et retour rassis… Visionnés à la suite, soirée disons de diptyque, The Boy (William Brent Bell, 2016) s’avère assez sympathique, The Boy 2 (William Brent Bell, 2020) se révèle vite anecdotique. Sans verser dans le racisme anti-TV, adouber Dawson , critiquer Mentalist , Katie Holmes & Owen Yeoman proviennent du petit écran, cela se voit, cela se sent, à chaque instant, à chaque plan. Les voici en sus desservis par un script insipide, à base de commotionné trauma , de casse-toi loin de ça, de devil doll tu déterreras, voilà, voilà. The Boy nous faisait frôler les confins de la folie ; The Boy 2 veut à tout prix établir une généalogie pas si jolie. Il s’agit, pour résumer, d’une perspective diamétralement modifiée : le premier film flirte avec le fantastique, avant que le dénouement ne se détourne en direction du thriller – le second s’autorise à l’au-delà, à la malédiction, d’ailleurs sous-titre explicite de l’intitulé français, amitiés au diaboli...

The Last Man on Earth : La Planète des vampires

Image
Vince versus le virus … Un principe nous guide pour définir nos actions, il nous guide depuis le début pour anticiper cette crise puis pour la gérer depuis plusieurs semaines et il doit continuer de le faire : c’est la confiance dans la science. Emmanuel Macron Diamant quasiment méconnu, injustement mésestimé, The Last Man on Earth  (Sidney Salkow, 1964) se dote évidemment, désormais, d’une dimension d’actualité : on y (re)trouve, en effet, une vaste et vaine ville vide, vidée, un virus (é)venté, maudit voyageur-convoyeur de « maladie universelle », des contaminations en série, de saison, à la maison, des proches (très) amochés, un « état d’urgence » tardif, décrété par une autorité tendue à la TV, dénoncez les infectés, merci d’avance, des soldats à la rescousse maousse, des lieux de (télé)travail abandonnés, rendus à leur vacuité-vanité. On découvre davantage, cependant, au cours de ce film apocalyptique et politique, pardon du pléonas...

Le Gendarme en balade : Protéger et servir

Image
Gendarme minable, confiné écœuré… Le bouffon en uniforme, fasciste refoulé, coupe au carré, lunettes à la Cobra, on ne rigole pas, au volant de son véhicule entretenu par l’État, donc par toi et moi, veut savoir où je vais, en l’occurrence chez le boulanger, faut-il s’en excuser ? Montrez vos papiers, votre attestation à la con, pourquoi deux cases cochées, parce qu’il m’arrive de marcher. « Le but du truc », admirez la formulation du militaire, assurément universitaire, consiste à rester à domicile, ah bon, tiens donc, comme si tous ces serviteurs zélés, davantage passifs envers les criminels professionnels, surtout sur leur territoire, quel désespoir, emmerdons plutôt les piétons provinciaux, il fait beau, soumis à leurs supérieurs à vomir, notamment un certain président transparent, incompétent, impuissant, prévenu bien avant, pragmatisme du psychodrame hexagonal, désormais on se fiche, ouf, des sujets qui fâchent, on feint de flatter les soignants, de se pré...

The Parts You Lose : Après la tempête

Image
  « Syndrome de Stockholm » ? Communication laconique. Le cinéma contemporain, pas seulement américain, ne vaudrait rien ? Révisez vite votre jugement injuste en visionnant le valeureux The Parts You Lose (Christopher Cantwell, 2019), parties perdues qui ne vous feront pas perdre votre temps, même probablement affranchis de votre activité/profession, estimée non nécessaire à la Nation, par le contradictoire confinement. Ce premier opus prometteur, filmé de manière millimétrée, (dé)cadré idem , manifestation angoissante de l’isolement, du champ apaisant des possibles, appréciez l’art de la composition des plans en widescreen , tourné chez Guy Maddin, c’est-à-dire, précisons, à Winnipeg, dans le Manitoba, doublure délocalisée de nordiste Dakota, OK, s’inscrit au sein d’un sillage muni d’hommages, rempli d’outrages, je vous renvoie fissa vers Les Contrebandiers de Moonfleet (Fritz Lang, 1955), La Nuit du chasseur (Charles Laughton, itou) et Comme un c...

Il n’y a pas de rapport sexuel : Distance, obéissance, jouissance

Image
Coronavirus  ? Coitus interruptus . Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Emmanuel Macron It’s hard to love there’s so much to hate Hanging on to hope when there is no hope to speak of And the wounded skies above say it’s much too late So maybe we should all be praying for time George Michael Écrivons en économiste : la pandémie du coronavirus impacte le cinéma en général et celui classé pornographique en particulier. Auparavant, au temps d’avant, instant amusant, nostalgie jolie, après une scène sexuelle qui laissa des traces sur un canapé immaculé, ensuite souillé, peut-être au sperme, à la cyprine, à la sueur, que sais-je, l’aimable « MILF » Marina Beaulieu dut se justifier auprès du réalisateur nettoyeur de s’être bien sûr lavé les mains, nom d’un chien. Hélas, sur un tournage de ce type, tel geste recomma...

Abgeschnitten : Autopsy

Image
Gêne la neige, virevolte le virus … À Brieuc Le Meur, Breton d’ailleurs En partie co-produit par la Warner Bros. de Berlin et la Syrreal Entertainment créée par le cinéaste himself , voici donc aujourd’hui un thriller teuton, adaptant un best-seller outre-rhénan, lui-même co-signé par un médecin légiste nommé Michael Tsokos, à base de didactiques autopsies en série et de distrayants rebondissements incessants, capable de caractériser Harlan Coben, spécialiste adoubé par Stephen King, (re)lisez-moi au sujet de The Outsider , de ce petit type d’exercice, course contre la montre plutôt captivante, en définitive anecdotique, comme émule placide de Marguerite Duras. Si la coda démonstrative, démagogique, droitiste – sectionnons donc les doigts du « monstrueux » criminel sexuel, enragé Lars Eidinger, violeur vidéaste increvable, doté d’un gros couteau à la Rambo, gare au bourreau exciseur de clitos, pour qu’il lâche l’hélicoptère, tombe dans les airs, salaud de Luci...