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Don’t Go in the House : Firestarter

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Allumettes suspectes, jeux audacieux... They’re taking her children away Because they said she was not a good mother Lou Reed Burn with me tonight Sia Moins catho, quoique, curé inclus, crucifix à foison, davantage disco que Driller Killer (Abel Ferrara, 1979), moins onirique et sentimental que Maniac (William Lustig, 1980), pareils précieux portraits de tourmenteurs très tourmentés, Don’t Go in the House (Joseph Ellison, 1980) ne ressemble pas non plus à un ersatz de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), en dépit d’une morbide maternité partagée. Le peintre à la perceuse, on s’en souvient, entendait des voix, le pauvre, et Joe Spinell, on s’en rappelle, scalpait parce qu’abusé par sa maman putain, nom d’un chien. Ces éléments acoustiques, psychanalytiques, se reconnaissent entre les quatre murs de la mortelle masure, mais cette sorte de chaînon manquant ne manque pas de charme personnel, possède sa propre beauté horrifiante, horrifiée, remarquons le trava...

At First Light : In girum imus nocte et consumimur igni

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Fiat lux ? Alex rules … And everything went from wrong to right And the stars came out and filled up the sky The music you were playing really blew my mind It was love at first sight Kylie Minogue Jason Stone connaît-il Guy Debord ? On l’ignore et ceci possède peu d’importance, puisqu’au sein de l’univers cinématographique, par essence quantique, tout correspond, tout se répond, à la façon du temple naturel adoubé par Baudelaire, ma chère. « Dans une ténébreuse et profonde unité/Vaste comme la nuit et comme la clarté », At First Light (2018) comporte donc un papillon pas con, qui vient (épouser) se poser sur une ampoule, ma poule. Métaphore, encore, que l’insecte coloré, reflet de l’orphelin efflanqué, électrisé puis brûlé par sa bien-aimée, elle-même envahie par une énergie étrangère, boucle bouclée avec un souvenir d’enfance obsédant, évanescent. Comme tout film contemporain en partie occupé à faire le portrait d’une féminité tourmentée, At Fir...

Banco : Les Braqueuses

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Dérober des billets, monnayer sa maternité, arroseuse arrosée… Robbing a bank’s no crime compared to owning one. Bertolt Brecht Après l’Italie de Cani arrabbiati (Mario Bava, 1974), l’Espagne de Banco (Koldo Serra, 2018) : encore un braquage, des otages, un huis clos, pas d’auto, un(e) enfant à sauver, à récupérer, in extremis un changement d’identité, une culpabilité partagée – mais la fin diffère, douce-amère. Raquel « ment comme elle respire », elle ne cesse d’affabuler durant la centaine de minutes du métrage presque en temps réel, elle manipule le spectateur solo, le couple de voleurs, le duo de policiers, elle sème des indices cryptés, qui lui vaudront de survivre, ligotée au creux d’un coffre de bagnole, Bava bis . Néanmoins, jamais elle ne simule son amour maternel, quand bien même elle s’autorise à l’instrumentaliser auprès du rouquin serein, malin, elle fait tout ça pour son « adorable » Alba, sa fillette enlevée sans violence...

Chiens enragés : La Course à la mort de l’an 2000

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Bava vous convie à une virée virale, assis(e) à la « place du mort », bien sûr… À côté de Chiens enragés (1974), La Baie sanglante (1971) ressemble presque à un divertissement statique. Leçon de tension, de réalisation, de direction, d’acteurs et de spectateurs, Cani arrabbiati relie Guet-apens (Sam Peckinpah, 1972) et La Proie de l’autostop (Pasquale Festa Campanile, 1977), autant qu’il relit Le Fanfaron (1962) de Dino Risi. Cette fois-ci, la course folle et funeste ne se situe plus dans l’Italie économique « miraculée » des années 60, mais dans celle « à main armée » de la décennie suivante. Comme les voleurs en viennent à croiser la route de leur conducteur, au sens littéral de l’expression, la misanthropie sous-jacente du cinéaste rencontre le terrorisme politique de l’époque, s’y déploie en huis clos d’habitacle auto. Tout se termine par un massacre guère magnanime, par un renversement de (situation) survivant, dévoilé dérobeur d’enfant...

Que la bête meure : Aimez-vous Brahms…

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Claude Chabrol. On veut un dernier chabrol Trois Cafés Gourmands Un accident près d’une église, une coda citant l’Ecclésiaste, un sujet de culpabilité partagée, sans omettre, in extremis , le caméo noir corbeau de Maurice Pialat, policier lucide, confesseur à contrecœur, qui semble répéter par avance son rôle de Sous le soleil de Satan (1987) : Chabrol cinéaste moral, religieux, athée, tourmenté, cela ne surprend pas, n’effarouche plus, au moins depuis la parabole laïque, lyrique, de La Femme infidèle (1969), (re)lisez-moi, please . Mais ceci, hélas, ne saurait suffire à produire une œuvre valeureuse, audacieuse. Durant cent cinq minutes étirées, on passe ainsi du sacrifice d’Abraham à celui de Philippe, on évoque le Nouveau Roman, puis Homère, sa poésie guerrière, supérieur à Kafka, pourquoi pas, on entend au début et à la fin, en auto, en bateau, du Brahms immortalisé par Kathleen Ferrier. Un p...

Pauvres millionnaires : Alice ou la Dernière Fugue

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Dino Risi. Avec cette comédie vraiment drôle et souvent tendre, Risi achève une trilogie, accomplit davantage. D’abord, il s’amuse de manière méta, il multiplie par trois fois le motif du spectacle : dans un appartement à moitié terminé, la fenêtre sans fenêtre se transforme en écran à domicile, disons en odorama , gare aux émissions du camion, aux marmots manieurs de calcio, aux voleurs de vêtements d’armoire manquée ; puis la TV en direct d’un cabaret permet une épiphanie en vrai-faux regard caméra ; ensuite, au drive-in , un western incluant un « prêtre protestant » se voit/s’entend trafiqué par un haut-parleur branché sur l’habitacle du couple épié, clin d’œil de doublage au carré, tradition locale de casting acoustique, parfois inconfortable selon une audition à l’unisson, citons donc les noms de Mesdames Fiorella Betti, Maria Pia Di Meo, Wanda Tettoni, de Messieurs Pino Locchi ...

Le Dossier Mona Lina : La Gueule de l’autre

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Hezbollah mon amour, mais rien tu ne vis en Germanie… La bande-annonce l’énonçait, le visionnage le vérifie : Le Dossier Mona Lina (2017) s’avère un ratage risible, incompréhensible, surtout de la part de l’auteur de réussites intitulées La Fiancée syrienne (2004) et Mon fils (2014), (re)lisez-moi ou pas. Le sexagénaire Eran Riklis doit donc désormais souffrir de sénilité précoce pour accoucher d’une telle ineptie insipide, à base de maternité partagée, de planque pathétique, d’altérité rencontrée-dépassée, de complot au carré. Durant une heure et demie minable, interminable, le spectateur médusé assiste ainsi à un huis clos falot, d’abri débusqué, cf. le titre anglais, éclairé par la grisaille et alourdi par l’esprit de sérieux d’un certain auteurisme européen. Cette petite chose médiocre, transparente, inexistante, fait penser aux foutaises de Netflix ou aux téléfilms en effet dramatiques, sens ironique, du vendredi soir sur ARTE, ici co-productrice, bientôt sans dou...