Un livre, une ligne II
Les auteurs, les horreurs…
- La Reine des pommes/Chester Himes
Drôle et féroce tour de force à New York + petit précis de sociologie lucide d’insider de valeur
- Le Berceau du chat/Kurt Vonnegut Jr.
Mosaïque apocalyptique très drolatique et pendant politique de La Conspiration des ténèbres
- Un crime de notre temps/Pierre Moustiers
Un justicier dans la ville gérontophile ? Récit très écrit de misanthropie sauvée par la paternité
- L’Orgie suivi de 1933 fut une mauvaise année/John Fante
Récits suivis d’une fictive autobiographie en famille, lucide et rapide, dramatique et drolatique
- L’homme qui marche/Yves Bichet
Petit roman insignifiant et bien-pensant, au titre trompeur, « oblatif » et très mélenchoniste
- Les choses que nous avons vues/Hanna Bervoets
Censure sur site + amour homo parano = conte caligarien bien conduit mais assez moralisateur
- La Dague d’ivoire/Patricia Wentworth
Émule (modèle) de Marple ? Huis clos psycho, sentimental, pas fortiche et qui prête aux riches
- Les Noces de Poitiers/Georges Simenon
Rempli de distante empathie, petit portrait d’un perdant pleurnichant et Rastignac patraque
- Je t’aime Kirk/Asia Argento
Camelote patchwork ? Autobiographique, fictive, pas si hétéroclite collection dotée d’émotion
- Silhouette/Jean-Louis Mourlevat
Mise en abyme conclusive : recueil mécanique, programmatique, drolatique et mélancolique
- L’Amant/Marguerite Duras
A contrario d’Annaud, petit récit de famille tendre et terrible, souvent élégant, assez obsédant
- La Femme à l’envers/Ludmila Tcherina
Mélodrame mental qui se risque au lyrisme et au trivial : frémissant à défaut de convaincant
- Le Repaire du Ver blanc/Bram Stoker
Dracula décalqué, racisme outrancier, moralisme daté, style étique : « testament » déprimant
- L’Étoile et le Fouet/Frank Herbert
SF SM, tangage du langage, marasme du fantasme, bref suspense stellaire, bien conduit à demi
- La Femme qui ne vieillissait pas/Grégoire Delacourt
Lelouch & Fargeat : moralité moderne, d’une bêtise extrême, qui dut faire ricaner Dorian Gray
- Une certaine fatigue/Christian Authier
« Présence humaine » presque houellebecquienne : manquent l’humour noir et l’aigu regard
- Albin/Martín Harníček
Sadisme et soviétisme de dystopie en Tchéquie plutôt réussie, mais de toute surprise démunie
- L’Autre Pays/Sébastien Berlendis
Sous le signe de l’absence, de la souvenance, petit voyage en Italie, impressionniste, inoffensif
- Une très bonne hérétique/Becky Chambers
Sise sous le signe de Le Guin, SF féminine et féministe, altruiste et optimiste : ceci ses limites
- Le Démon d’onze heures/Lionel White
Récit bien conduit d’une renaissance cernée de cadavres et d’une obsession vers la libération
- Le Roman d’Apollonius de Tyr/Anonyme
Zeste d’inceste, Œdipe & Ulysse, fluctuations de filiation, épreuves de parenté : sympa succès
- Une année studieuse/Anne Wiazemsky
Regard de Godard, tournage de La Chinoise, joli récit lucide et précis d’un premier amour agité
- Creezy/Félicien Marceau
Précipité passionnel et crime homonyme, vaudeville sociologique, récit racé par Delon relooké
- Un cirque passe/Patrick Modiano
Clarté du style, obscurité de l’intrigue, exercice nostalgique (de) mineur à l’existentielle valeur

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