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Madame porte la culotte

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  Un métrage, une image : Chaussure à son pied (1954) Comédie de mœurs amusante et mineure tramée par un cinéaste tout sauf amateur, Chaussure à son pied , même adapté d’un scénique succès, ne ressemble jamais à du théâtre (mal) filmé, tandis que la séquence de delirium tremens annonce celle, célèbre, du bien nommé Cercle rouge (Melville, 1970). Mais Montand fout le camp, Laughton cartonne, carbure à l’alcool, petit patron abonné à la boisson en réunion, papounet endeuillé, fi de sa défunte et trop parfaite femme, voici trois filles serviables et infernales. Notre épigone du roi Lear, très près de sa tirelire, exploite sa triple progéniture, passe ses jours et quasi ses nuits en piètre compagnie, amitié imbibée, sinon intéressée, au Moonraker, pas celui de Bond, bien sûr, habituée. Alice & Vicky se rebiffent, envisagent le sauvetage du mariage, la première avec un avocat aux « empeignes à faire honte à la magistrature », fichtre, la seconde éprise du grand gamin d’un mar...

La messe est finie

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  Un métrage, une image : La Communion (2019) La soutane fait le curé, en Pologne en particulier, où le fait divers à faire un film sert, co-financé par le CNC, économique et critique succès. Si les voies du Seigneur, ici ou ailleurs, paraissent impénétrables, le délinquant Daniel, d’abord guetteur, buveur et baiseur, ensuite aussitôt menteur, de discorde semeur, dont on découvrira qu’en outre il tua, sorte de démenti ambulant aux Dix Commandements, parvient à pénétrer par derrière une étudiante en psycho illico , un rail de came, deux questions de la dame, à pénétrer à   l’intérieur des esprits, des corps, des cœurs, des rancœurs, d’une petite communauté au milieu de la ruralité. Le bois ne se soucie cette fois de croix, censé réinsérer au grand air des pensionnaires d’un centre éducatif fermé accessible au clergé, à sa psychothérapie ecclésiastique et cathartique d’hormones et de hurlements chargée, parmi lesquels, mauvaise surprise, reconnaître à l’occasion d’une qu...

Le Mur du son

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  Un métrage, une image : Onde de choc (1984) Un thriller doté de R5 ? Nous voici bel et bien au sein d’un opus européen, un peu hitchcockien, où deux types mimétiques, à défaut de (bandes) magnétiques, écoutent en chœur un baladeur, idem se baladent, tournent autour de la même dame. Au terme de Blind Date , appréciez au passage le mimi jeu de mots, sentimentalo-miro, Lana Clarkson ne succombe donc au beau blond, amateur de musique, manieur de scalpel cruel, vrai-faux chauffeur de taxi, par ses propres soins très malsains puni, planté presto à cause d’une porte, qu’importe. En réalité, en vérité, la svelte silhouette de Brainstorm (Trumbull, 1983) et Scarface (De Palma, 1983) va décéder une vingtaine d’années après, mise à mort par un certain Phil Spector, accident, suicide, homicide, on s’en fiche, en définitive. En 1984, tout va pour Lana, ou pas tant que ça, parce que le comptable en exil volontaire, aux airs de directeur publicitaire, pense avoir reconnu en ...

2046

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  Un métrage, une image : In the Mood for Love (2000) À ma mère À chacun sa chambre : dans la 237 de Shining (Kubrick, 1980), l’attraction d’interdiction aboutissait à la strangulation puis à la décomposition ; dans la 2046 du film homonyme (2004), d’abord de In the Mood for Love , un second écrivain esseulé, hanté, presque autant impuissant, disparaît, se met en retrait, se passionne de « wuxia », ensuite de SF, donc du passé, du projeté, tandis qu’il ne s’amuse avec sa muse complice, pratique plutôt le roleplay en replay . « Elle est bien apprêtée pour aller acheter des nouilles », en effet, en reflet, salut au Noodles de Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), dont le thème de Morricone resurgira selon The Grandmaster (2013), écho révélateur. À la sortie de celui-ci, on put penser à Antonioni, à L’avventura (1960) et à La Nuit (1961), davantage qu’au duo sado-maso de Vertigo (Hitchcock, 1958), idem modèle d’adultère doux-amer, n’e...

Petits meurtres entre amis

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  Un métrage, une image : Assassinats en tous genres (1969) Comédie carrément comique, divertissement vraiment divertissant, The Assassination Bureau doit beaucoup au couple impeccable de Diana Rigg & Oliver Reed, à un casting choral irréprochable, mentions spéciales à Curd Jürgens, Philippe Noiret, Telly Savalas, à la bella Annabella Incontrera, à une direction artistique très soignée, digne d’être saluée, au même titre que le script , modèle de rythme et d’humour ironique. Ceux-ci reviennent en vérité à un seul type, à savoir le production designer et scénariste Michael Relph, qui produit aussi, qui réalisa quelquefois. Collaborateur régulier et partenaire privilégié du réalisateur concerné, l’homme de talent polyvalent adapte donc un roman commencé par Jack London puis terminé par Robert L. Fish, polardeux dont le Mute Witness publié la même année, en 1963, devint Bullitt (Yates) en 1968. Relph transforme le matériau d’origine, limité à l’Amérique nordiste, en ...

Trois mille ans à t’attendre : Miller’s Crossing

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  Mad Max chez Delacroix ? Pas un quart on y croit… Trente-cinq années après Les Sorcières d’Eastwick (1987), Miller retourne au fantastique, toutefois l’angélique évacue le diabolique, la romance se substitue à la satire, Byatt remplace Updike. Co-écrit en compagnie de sa scénariste de fifille, ce vrai-faux film à sketches déjà chapitré, visionnage en DVD ainsi facilité, découvert hier au sein d’une salle spectrale, se met in extremis en abyme, car cahier dessiné, rédigé, refermé. Le titre d’origine souligne la nostalgie du désir, sa millénaire mélancolie, celles en somme d’un démon entre deux mondes, sinon deux flacons, qui aspire à une apaisée conclusion. Hélas pour lui, dirait Godard, il rencontre une « narratologue » à la gomme, peu pressée de fissa formuler les fameux trois vœux, parce qu’en professionnelle du textuel, de l’intertextuel, elle sait parfaitement qu’il faut se méfier de les voir exaucés, que derrière l’assouvissement se dissimulent d’abord l...

« Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre… »

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  Une heure d’extraction, des heures de questions… La séquence surprend, sinon sidère, durée prise en plongée depuis les airs, disons en drone ou bien hélicoptère, société du spectacle patraque et d’insanité spectaculaire, scène presque obscène de télé-réalité ensoleillée, pasteurisée, découverte en direct d’une procédure peut-être suspecte, propice à produire le soupçon de la conspiration. À l’instar du snuff movie façon John Fitzgerald Kennedy, assassinat ça va de soi, pas le premier ni le dernier là-bas, immortalisé naguère par les fameuses images que filma le zélé Abraham Zapruder, il manque un plan, il manque le contrechamp, angle mort au creux du décor, à cause duquel peuvent aussitôt se lever les vents mauvais des hypothèses plus ou moins balèzes, des théories plus ou moins rassies, des explications de raison ou de déraison plus ou moins à la con. En écho au fiasco de l’info d’autrefois, donc au cas d’école de l’exécution de JFK, ce sauvetage génère (DeGeneres) le ramag...