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Le Train des épouvantes

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  Un métrage, une image : Terreur dans le Shanghaï express (1972) « Moscou demande d’arrêter l’Express quand il passera l’aiguillage. Je pense que c’est la guerre » : ce type de réplique, presque prophétique, la profère un télégraphiste, demeure d’actualité, cinquante ans après, même si le prêtre orthodoxe, guère orthodoxe, ressemble plus à Raspoutine qu’à Poutine, le Cosaque à Kojak , que l’ami Cacavas musique aussi. Décalque pirate de la célèbre nouvelle de Campbell, co-écrit + co-produit par un duo de cocos, Arnaud d’Usseau & Bernard Gordon ( Les 55 Jours de Pékin , Ray, 1963), d’où, sans doute, le regard rouge de l’extra-terrestre peu perplexe, illico hors frigo, n’omettons un troisième larron, nommé Julian Zimet ( Le Plus Grand Cirque du monde , Hathaway, 1964), Horror Express évoque l’économie riquiqui de Nyby ( The Thing from Another World , 1951), plutôt que la paranoïaque eschatologie du père Carpenter ( The Thing , 1982). Il s’agit, ainsi, d’un huis clos de loc...

Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé

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  Un métrage, une image : Madeleine, anatomia di un incubo (1974) Pourvu d’un sous-titre à la Preminger ( Anatomy of a Murder , 1959), d’une coda en écho au Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), l’ item amène, du guère remarqué ni remarquable Mauri, ressemble à une séance, sinon à une séquence, de psychanalyse appliquée, puisque la patiente, pas si démente, expose dès l’orée sa psyché pour le moins tourmentée. Le prologue ad hoc , rêve éveillé, visualisé, aux roseaux en train d’onduler, aux aiguilles à tricoter, aux clones , pas en cloque, perruqués, à semer, à (se) sermonner, en forêt de conte de fées défait, bagnole brûlée, procession sinistre de poupon en plastique, ralenti compris, légitime à lui seul la découverte en VO de cet ouvrage d’outrage, de mirage, d’avortement, de dessillement. Apparemment mariée à un armateur marseillais, à un mateur doué du don d’ubiquité, Madeleine cauchemarde, rencontre illico un étudiant en philo, voici l’homme, c’est-à-dire le P...

La Renarde

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  Un métrage, une image : El ojo del huracàn (1972) Le vaudeville au vitriol s’ouvre sur un joli générique Art nouveau, graphisme Vertigo (Hitchcock, 1958), musique du maestro Piero ( Piccioni ), voix valeureuse de Shawn Robinson . Co-écrit avec Rafael Azcona, collaborateur de Ferreri & Saura, co-éclairé par Alejandro Ulloa ( Photo interdite d’une bourgeoise , Ercoli, 1970), décoré par le méconnu mais bienvenu Giorgio Marzelli, co-produit par l’Espagne et l’Italie, par la propre société du principal intéressé, tourné sur la côte azurée, adriatique, chic, porté par deux couples, argentin, européen, Analía Gadé & Rosanna Y(Gi)anni, Tony Kendall & Jean Sorel, ce métrage d’un autre âge, dû au papounet de la récemment suicidée Verónica, un peu vite réduite à Kika (Almodóvar, 1994), la vie duplique l’art, dare-dare, rappelle et renouvelle Les Amants passionnés (Lean, 1949). Ruth, artiste héritière, assume l’adultère, se sent aussi suicidaire, décide, in...

Une femme mariée

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  Un métrage, une image : Les Amants passionnés (1949) Au terme d’un retour en arrière doux-amer, moitié de l’ item , encore une rencontre brève, à l’hôtel, Splendide, please , au soleil, ensuite sur le lac, éclaboussures incluses, enfin, via un téléphérique en italique, au milieu de sommets un brin kantiens, au sublime tourmenté en sourdine, à la réalité avérée tissée au factice d’une post -synchro de studio, tandis que la coda, en mode Anna Karénina, non démunie d’ironie, sinon de méthodologie, cf. l’affiche « Keep Smiling », liesse de Guinness, épilogue superbe, suicidaire, salvateur, souterrain, serein, bouleverse, accorde une seconde chance, de renaissance, au couple en déroute, réconcilié, malheureux, amoureux, mouchoir mouillé, réchauffé au feu du foyer. Auparavant, Mary remonte le Temps, même sans machine, Wells l’imagine, mariée à un homme invisible, elle s’appartient, s’endort au souvenir de Steven, femme friquée, frustrée, tiraillée entre un biologiste...

High Noon

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  Un métrage, une image : Les Colts au soleil (1973) Histoire de mémoire ? Exercice de style, or encore, sillage rural de L’or se barre   (Collinson, 1969), ( The ) Italian Job itou, car co-production entre le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie. Opus européen, adapté du spécialiste Louis L’Amour par le scénariste Scot Finch ( Shalako , Dmytryk & Bardot, L’Amour & Boyd bis , 1970), éclairé par John Cabrera ( Virus cannibale , Mattei, 1980), musiqué par l’incontournable Luis Bacalov, The Man Called Noon s’avère un divertissement inconsistant, point déplaisant, un conte de rééducation, de rédemption, dont l’argument d’arroseur arrosé guère renversant, sans être certes déshonorant, ne paraît pas non plus passionner le cinéaste anglais, prématurément décédé. Bien sûr, le casting cosmopolite, hétéroclite, sympathique, ressemble un brin à la créature de Frankenstein, semble aussi soumis à l’expéditif destin : Stephen Boyd décède à quarante-cinq ans d’une crise...

Fahrenheit 451

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  Un métrage, une image : The Bookshop (2017) La bande-annonce dynamique, sinon nostalgique, donne à envisager une comédie dramatique, scandaleuse en sourdine, moins choc que chic, alors que voici, en définitive, une tragédie feutrée, servie, surprise, par sa forme téléfilmée, son rythme cacochyme, où deux éclats, de voix, à distance, en correspondance, colère amère, émissaire, cimetière, ressemblent à des séismes, baisent en tandem la rance bienséance, incarnent une aristocratique reconnaissance, tant pis pour l’impuissance. Ni reconstitution à la con, ni apologue de Nabokov, ni éloge de la lecture, ni visite de villégiature, l’ item s’affirme en film funèbre, à la grisaille de funérailles, en requiem maritime et rural, en « rêve réalisé, arraché », parti, de façon littérale, en fumée. Point de pompiers pyromanes, malgré Ray Bradbury & Julie Christie, pas de Fahrenheit 451 (Truffaut, 1966) en filigrane, toutefois un autodafé final, enfantin, revanche de...

Change pas de main

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  Un métrage, une image : Irina Palm (2007) Et si l’émancipation passait par le poignet ? Le conte de Noël gérontophile l’affirme. Maggie veut sauver Olly, certes, doit donc vite devenir une experte de la branlette, anonyme et rapide. Pourtant, son « sacrifice », pas un brin tarkovskien, quoique, quelle queue, devant la cabine à l’exotique et explicite pseudonyme, afin de financer les frais nécessaires aux soins du gamin, « malade orphelin » à traitement australien, gratuit, Dieu merci, l’avion, l’hôtel, non, en définitive lui coûte peu, ne lui coûte qu’une amitié minée, la traîtresse appréciait la fessée, il paraît, confidence ou confession en forme d’ultime remords, du « trouillard et pas fiable » feu Trevor, mari guère mimi de Maggie, qu’une grande engueulade filiale, in fine dépassée, douleur « surmontée », pécheresse pardonnée, par la belle-fille autrefois indocile, désormais à domicile, en larmes, remerciée. Bien sûr, so...