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La Stratégie de l’araignée

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  Un métrage, une image : Le Salon de musique (1958) À l’instar du Guépard (Visconti, 1963), encore un conte crépusculaire et solaire d’aristocratie supplantée par la bourgeoisie, de société du spectacle et des spectacles mis(e) en scène par elle-même, Le Salon de musique sa renommée mondiale mérite. Dès le générique explicite, le premier plan de mort-vivant, ce mélodrame – au sens étymologique du terme, donc drame musical – drolatique s’affirme un film fantomatique, sinon orphique. Roi déchu, roi nu, Roy se faisait figurer autrefois, tel le quatorzième Louis d’ici, son soleil à lui un lustre auguste. Parmi un palais hanté à la Poe, viré le ver conquérant, voici le triste Tufan, le vieil éléphant, un manoir à miroir, à désespoir, une araignée noire arpente le tableau trop beau, de l’ancêtre immaculé, présenté en anglais, langue de colon, langue d’éducation. Des chauves-souris à la Béla Lugosi occupent le couloir, des toiles arachnéennes recouvrent le cristal, le maît...

Les vécés étaient fermés de l’intérieur

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  Un métrage, une image : Dans la peau du lion (1927) Finch le souffre-douleur les rend tous fous, encaisse en série leur courroux, à défaut des factures de l’infantile factory , auxquelles il manque un reçu, affirme le recouvreur à l’œil noirci de boxeur. Comptable depuis vingt ans, il ne saurait être question de l’augmenter pourtant, n’en déplaise au fiston du patron, de sa fille à la fenêtre le prétendant, lui-même sommé de se mettre à travailler, in fine fissa recruté. À moins des tours et détours du destin, à savoir l’arrivée d’un client important et renommé, un spectacle d’hypnose tout sauf morose, animé par un vrai-faux sosie de Béla Lugosi, qui transforme aussitôt notre anti-héros en modèle de mâle lesté de testostérone, au slogan désarmant : « Je suis un lion ! », jeu de mots sur le cénacle et l’animal, puisque la séance se déroule devant le public ravi des membres du célèbre Lions Clubs, créé là-bas depuis une dizaine d’années déjà. Illico ...

Diamonds

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  Rihanna & Sia ? De New York à Detroit… Pour Patrick Peillon Vous ne connaissez pas Shara Nova, ancienne Worden, un divorce, un gosse ? Moi-même dans l’ignorance de son existence jusqu’à samedi, merci l’ami, elle me séduisit aussitôt, j’écoutai ses cinq albums illico . En résumé, en subjectivité, tout ne me va, tout ne se vaut, puisque les deux derniers opus pâtissent autant d’une utilisation massive, pas assez incisive, de l’électronique, du synthétique, que d’un appauvrissement des lyrics , a fortiori lorsque l’artiste se soucie de politique, de fictionnaliser un fameux fait divers, Trayvon Martin l’affaire ( You Wanna See My Teeth ), de repasser une couche d’antiracisme basique à titre explicite ( White Noise ). Cependant on lui sait gré d’agréablement revisiter, voire corriger, un poème de Mallarmé ( Apparition ), de réadouber le blason d’adoration, érotisme de jadis, Marot and Co. , relooké en féminisme soft de catalogue à aimer ( This Is My Hand ), de dél...

T’as pécho ?

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Un métrage, une image : Ce plaisir qu’on dit charnel (1971) À la suite d’un générique explicite, acoustique, à deux types, à double problématique, aimé, être aimé, en sus, bien sûr, baiser, être baisé, à l’arrière, la mélancolie d’après-guerre d’un fameux air de Glenn Miller, plus tard on percevra Amapola , longtemps avant Leone & Morricone ( Il était une fois en Amérique , 1984), ça parle de personnages, de rôles sociaux, donc annonce une similaire discussion de El buen patrón (León de Aranoa, 2022), aussi placée sous le signe de l’incertitude d’identité, de surcroît quantique. Vers la fin, le coma d’â côté de l’amante émouvante, emmerdante, suicidaire, à défaut de cuisinière, Art Garfunkel en toubib à bout, au bout du fil, prophétise en situation Enquête sur une passion (Roeg, 1979). Quant à l’engueulade responsable, précédente, moins insupportable que poignante, de « prick » et de « gift », elle pourrait passer pour du Pialat, surtout celui de Nous ...

Fantôme avec chauffeur

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  Un métrage, une image : Le Manoir hanté (1920) Des spectres, des nègres ? Spook désigne les deux, tant pis, tant mieux, mais en dépit de son titre à double sens, Haunted Spooks ne vise l’ambivalence, c’est-à-dire divertir avec le pire. Le racisme, personne ici ne s’en soucie, moins encore d’en commettre l’apologie. Certes, la crédulité instantanée, les jambes qui tremblent, les domestiques qui déguerpissent, le gosse aussitôt albinos, à face blanche, farine en prime, renversement du fameux noircissement, blackface balèze, du cinéma de ces années-là, on renvoie vers Le Chanteur de jazz (Crosland, 1927), dommage, tout ceci risque d’irriter certaines modernes sensibilités, ne plaira, n’en doutons pas, ni à Spike Lee ni à Jordan Peele. Pourtant, rien de révoltant, plutôt la prise en compte du présent d’antan, surtout sudiste, a fortiori le long du Mississippi, pays de possessions, sens duel, de plantations, de récente servitude, d’inconsciente négritude. S’il util...

La Lame nue : Présumé coupable

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  Alibi , librairie, hasard, rasoir… Le patronyme de l’impeccable Cooper, vite vaincu à cause du cancer , apparaît en premier, pourtant l’obscur opus appartient bel et bien à la douce-amère Deborah Kerr. Pour savoir vraiment ce que signifie frémissant, il convient de découvrir la fascinante performance de l’actrice assez sublime du Narcisse noir (Powell & Pressburger, 1947), Quo vadis (LeRoy, 1951) ou des Innocents (Clayton, 1961). Si l’on ne peut pas ne pas penser au compatriote Hitchcock, puisque poison du soupçon, falaise funeste, faux coupable, flash-back patraque, chantage attesté, salle à bain malsain, escalier cascadé, la vérité, qui fait ici défaut, qui « sonne toujours faux », affirme la mensongère némésis, à la maladresse ironique, magot cramé, marches manquées, réside ailleurs, à l’intérieur des intérieurs d’un mélodrame domestique, autarcique, de classe sociale, de casse maritale, encore écrit et traduit par Joseph Stefano, le scénariste et adaptateu...

Anne, ma sœur Anne

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  Cinéma, si Mina… À la mémoire d’Olivia Newton-John De 1959 à 1977, on savoura souvent Mina au cinéma, surtout suivant les génériques, en musique de source dite ou non diégétique. Ensuite, diverses décennies davantage qu’avéré oubli, elle revint à l’instar d’un refrain, chez Almodóvar ( Matador , 1986 + Douleur et Gloire , 2019, sympho Donaggio) & Scorsese ( Les Affranchis , 1990, placée sous le signe céleste de Gino Paoli), Turturro ( Passione , 2010) & Watts ( Spider-Man: Far from Home , 2019), tant mieux ou hélas. Auparavant, elle traversa L’avventura + L’Eclipse (Antonioni, 1960, 1962), fit un (quarante-cinq) tour et des détours au fil des filmographies de Fulci, Paolela, Petri ( La Dixième Victime , 1965), Risi, Bertolucci, Festa Campanile, Bolognini. On connaît pire pedigree , pourtant tout ceci, auquel rajouter quelques caméos, rôles classés premiers, de la publicité dirigée par Zurlini, un fameux voyage (de Mastorna, voire Manara) avorté de Fellini, ne retiendr...