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La Tête d’un homme

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  Un métrage, une image : L’Homme au crâne rasé (1966) Tourné pour la TV, distribué en salles, voici un ouvrage séminal, de la filmo de Delvaux, de celle du pays aussi, rayon fiction. Qui commence sur un mec ensommeillé, un diminutif féminin murmuré, prière peu patibulaire, d’un professeur point profanateur, souvent en sueur, lesté d’une sensibilité trop lourde à supporter. L’odyssée au tiers temps en POV se termine à l’asile, il convient de s’occuper de son jardin, dirait l’autre voltairien, d’accepter une altérité d’identité, en clin d’œil bien rimbaldien. Le cinéaste mélomane adapte donc un romancier cinéphile, signe le texte d’une chansonnette à la Weill & Brecht, la maison de fous projette itou L’Opéra de quat’sous (Pabst, 1931), en sus d’actualités d’actualité, adieu à la culpabilité, au féminicide intempestif, fictif, bienvenue à une forme de salut, d’humilité à cultiver, au propre, au figuré, à fabriquer un familial et immaculé tabouret, dessein divin, soi-même...

Alors on danse

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  Un métrage, une image : Carmen (1983) Sur le papier, à cigarette, ça fonctionnait, enfin peut-être ; sur un écran, ça sent l’antan, l’essai raté, le « pas marqué ». Co-écrite et chorégraphique, cette vaine version de l’increvable création de Mérimée puis Bizet nous refait fissa le coup relou des (en)vies et de l’art en miroir, du psychodrame avec dame, de l’autarcie assortie d’essorés soucis. Commencé in media res , on danse ensemble, on s’observe de conserve, terminé en toute inconscience, indifférence, Carmen selon Saura carbure à la relecture, sinon à l’imposture, sa mise en scène de mise en scène, sa mise en abyme du fameux féminicide, relèvent presque du piètre post -moderne, du recyclage d’un autre âge. Disons-le d’emblée, en termes modérés : Carlos recase ses castagnettes et nous casse les coucougnettes. Une comédie musicale classique, assurerait un structuraliste, respecte un déroulement en trois temps – présélections, répétitions, représent...

Sept ans de réflexion

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  Un métrage, une image : Fanfan la Tulipe (1952) Véhicule de vedette(s), bibelot obsolète ? Que nenni, mes amis, car Christian-Jaque compose chaque plan, ne perd de temps, semble boosté via la vitalité sans faille du célèbre interprète principal. Ici, au sein de cette association sudiste, ça ne sent le studio, en dépit de la post -synchro, de l’absence évidente de son classé direct. Même si Gina Lollobrigida parle notre langue sans posséder sa propre voix, la caméra mobile capture et immortalise sa douce sensualité, à l’instar de celle des ombres et du soleil d’été, d’une nature dépourvue d’imposture, de décors qui ne dénotent la mort. Photographié avec doigté par le fidèle et souvent inspiré DP Christian Matras, alors collaborateur d’Audry ( Olivia , 1951) & Ophuls ( Le Plaisir , 1952), incarné par un casting choral impeccable, mentions spéciales à l’aristocrate Geneviève Page, au toujours vert Noël Roquevert,  Fanfan la Tulipe ne cesse de séduire, de faire s...

Les Âmes mortes

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    « Romantisme et pornographie », Rousseau et neurasthénie, « chagrin et destin »… Au lecteur amateur des opus précédents, Sérotonine semble fissa familier, suscite aussitôt une sensation de déjà-lu. Un écrivain (ré)écrirait en définitive un seul et unique livre ? Peut-être, possible, pourtant il ne s’agit ici, en aucun cas, crois-moi, d’une quelconque compilation à la con. Sérotonine ainsi ne se réduit à – classement chronologique – la somme tissée en patchwork de Extension du domaine de la lutte , Les Particules élémentaires , Plateforme , La Possibilité d’une île , La Carte et le Territoire , Soumission , dépasse l’addition, excède la contextualisation. Amusant, émouvant, jamais déprimant, toujours stimulant, ce roman carbure donc à l’hormone, à l’homme, in extremis au cortisol excessif. Affligé d’un affligeant et improbable prénom composé, classé un peu beaucoup « pédé », Florent-Claude se souvient de sa vie, au complice «...

Toine

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  De la vaseline et un oignon : San-Antonio ? Oh non… Cela pourrait s’apparenter disons à une profanation, si l’on considérait la littérature comme sacrée. Cela pourrait passer aussi pour une assez sinistre plaisanterie, un exercice de révisionnisme risible, vide et stupide. A priori sensible aux critiques possibles, Fournier trois fois se justifie, prétexte de son patronyme homonyme, nous rejoue l’air déjà rassis du qui aime bien, châtie de même, amen , envisage l’ouvrage à l’image d’une recommandation à « lire ou relire » le renommé modèle, idem . Mais il s’agit, en vérité subjective, la mienne, la sienne, que double celle du diariste, de davantage, d’un drôle d’hommage, d’une recréation, voire récréation, au-delà d’une destruction. Composé de quatre parties de taille inégale, conclu selon un inventaire presque à la Prévert, Le Petit Meaulnes expose à petites doses, sous la forme d’un calendrier écrémé, étendu sur quarante-quatre années, avant et après de...

Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera

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  Car le « roman de gare » relève de la « littérature d’évasion » et d’émotion… Docteur Dard et Mister San-Antonio ? Oui et non, puisque Poison d’Avril ou la Vie sexuelle de Lili Pute propose aussi, vingt-sept ans après Le Tueur triste , un dilemme moral, met au programme un homme et des femmes. Cette fois-ci, on suit Antoine & Marie-Marie en Espagne puis en Malaisie, escale à Hong Kong incluse, départ de Pékin compris. En 1996, Alain Peyrefitte affirmera que La Chine s’est éveillée , mais dès 1985, elle séduit, elle dézingue, façon Félix Faure, donc grande + petite mort. Carrément contemporain du bouquin jamais malsain, L’Année du dragon (Cimino, 1985) dut essuyer, on le sait, on s’en souvient, les critiques de quelques autoproclamés représentants de la « communauté asiatique », alors que le petit polar de Dard ne froissa personne, passa comme une lettre à la poste. Poseur, imposteur, l’auteur à succès, dissimulé derrière le nom de son c...

Les Invisibles

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  Un métrage, une image : I See You (2019) Un film de cinéaste, pas souvent, pas assez, pléonasme ? Un film de scénariste, pourrait-on formuler, en l’occurrence celui de l’acteur Devon Graye, coup d’essai, coup point raté. Le prologue, avec son ado à vélo, sa ruralité pasteurisée, petites chutes d’eau, long pont à étoilés drapeaux, en drone survolée, laisse déjà deviner un certain malaise, gaffe à la forêt, au vol improvisé. Soudain surgit le visage vieilli de Helen Hunt, psychiatre patraque, mère adultère, « briseuse de famille qui dois payer pour ton crime », lui crache en rage, au petit-déjeuner, son grand garçonnet, les fraises et les pancakes provoquent ensuite chez le mari flic une colère similaire, par la fenêtre fermée passe aussitôt le cellulaire. Du thriller pédophile, on passe peut-être au suspense fantastique, suppute le spectateur sans peur, de se tromper, d’être (dé)trompé, puisque une présence se ressent à l’intérieur de cette maison tout ...