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Je suis timide mais je me soigne : Deux instants dans la vie de Lea Massari

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  Réminiscence de l’évidence d’Anna Maria…    À l’italianophile Jacqueline Il existe un mystère Massari, pas celui d’une star , assez dérisoire, disons d’une actrice accessible et cependant à distance. En 1970, en France, en marge du Festival de Cannes, conférence spécialisée, aux questions à la con, guère à foison, flanquée d’un Claude Sautet quasi en colère, d’une silencieuse, quand même éloquente, Romy Schneider, remarquez ce regard, lourd de ressenti, d’histoire, elle s’assied, elle sourit, elle rit, un bout de papier elle plie puis, tournée vers le cinéaste, elle compatit, quel ridicule désastre… En 1977, en Suisse, valeureuse invitée de Christian Defaye, interlocuteur toujours respectueux, souvent pertinent, ni attaché de presse complaisant, ni psychanalyste pontifiant, elle boit, elle fume, elle s’adosse à son siège, elle porte une paire de lunettes, elle parle d’elle et d’autrui, de son métier, de sa vie, comme rarement une autre, avant ou après, débarrassée ...

Les Possédés

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  Un métrage, une image : Gunblast Vodka (2001) Filmée à l’esbroufe, fondée sur du snuff , filmique malbouffe, rien de neuf, cette comédie policière, en définitive pas si putassière, disposait, « sur le papier », d’un certain potentiel, même structurée « à la truelle », déployée en parallèle, presque un plan, un instant, dans chaque camp. Buddy movie délocalisé du côté de Cracovie, davantage de Wrocław, Gunblast Vodka voudrait bien, mine de rien, associer la satire au thriller , faire sourire la spectatrice et le spectateur, aussi leur faire peur, en sus se moquer de l’antisémitisme, surtout polonais, se soucier d’une muse dédoublée, décédée, kidnappée. Connaissant, reconnaissant, ses classiques, il vole au Voyeur (Powell, 1960) sa caméra-couteau,   à Leroi & Ninn leurs filles tout sauf faciles, victimes en cuir. Le cocktail du méconnu Jean-Louis Daniel ne s’avère cependant substantiel, boit vite la tasse, hélas, décline son identité trafi...

Pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routières + Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien : Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus

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  Lelouch en coach à la rescousse ? Hommes, femmes, « mode d’emploi » pas sympa… On espérait un peu sourire, placé un peu à l’écart du pire, de la déplaisante, déprimante, dialectique/problématique d’actualité désolée, les prédateurs et les proies, DSK & PPDA, Richard Berry et compagnie. Cependant ce diptyque inique, succès de librairie, d’abord paru en Australie, vite lu, aussi vite écrit, ne mérite que le mépris, car il accumule les clichés, jusqu’à la couleur des couvertures, car il véhicule du conservatisme, voire du conformisme, surtout « conjugal ». Commis par un couple d’entourloupe, au look ripoliné, de publicité pour le minable « ami Ricoré », sinon une sectaire communauté, ce mélange à gerber de sociologie, de sexologie, de psychologie, c’est-à-dire d’un ramassis de « sciences humaines » malsaines, jamais scientifiques, souvent risibles, désormais daté d’une vingtaine d’années, dialogue dorénavant à distance avec les sa...

Les Traqués de l’an 2000 : Les Révoltés de l’an 2000

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  Les prédateurs et les proies puis toi et moi… Souvent on sourit, à ces exactions en série, à ce sadisme en effet « excessif », situé in situ , d’Australie issu, mais je jubilai déjà, rictus tendu, à Salò selon Paso, alors… Ici, les amis, les ennemis, du camp de concentration-rééducation, le directeur se dénomme Thatcher, « haut les cœurs », l’un de ses comparses, de littérale « lutte des classes », s’appelle Tito, en écho de Yougo. Ceci ne vous suffit, afin de deviner la   dimension satirique ? Rajoutons donc de foire un freak , loup-garou relou, aux antipodes délocalisé, sur le cannibalisme des orteils porté, des matons émasculés, « fouette, cocher », un rouquin malsain, victime rapide de catch qui tache, une peut-être prostituée, peut-être à tort dénoncée, des buggies bizarroïdes, évidemment rouge sang et, last but not least , d’explicites répliques, comme celle du colosse chauve, néanmoins moustachu, constatant, pas encore...

Gutland : Le Retour de Martin Guerre

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Govinda Van Maele. Dans La Mort aux trousses (Hitchcock, 1959), autre item à maïs, à menace mécanique, le very vide Roger O. Thornhill, appréciez le gros zéro, la pique à Selznick, se démenait avec un malentendu, en définitive pas si malvenu, se dispensait d’une psychanalyse, se surpassait en espion sentimental. Dans Gutland (2018), un braqueur christique, de casino à Cologne, va vite « se mettre au vert », sans trop d’effort s’insère, au sein de la provinciale et rurale communauté, de l’orchestre assermenté, jusqu’à liquider, à main armée, son pénible passé, à savoir ses deux acolytes, dépourvus de tactique, frénétiques du fric, chasseurs fissa chassés, balancés parmi la fosse à purin, parce qu’ils le valaient bien. Auparavant, moment déterminant, Jens avise son visage à l’endroit supra , cadavre souillé aux yeux pas fermés, subit un bestial somnifère, s’éveille en moins chevelu, rasé de près, lév...

L’Adorable Voisine : Deux yeux maléfiques

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  L’épouse et le pussy … Quine, quoi, revisite Vertigo (Hitchcock, 1958), il le retravaille illico  : même couple, même décor, fable de fascination féminine, une fois encore. Dans Sueurs froides , la déjà féline Kim quittait un hôtel, on se demande comment ; dans L’Adorable Voisine (1958), le fantastique s’affirme, car elle incarne une sorcière sentimentale, aussi éprise d’humanité, par conséquent de mortalité, que les anges en errance de Wim Wenders ( Les Ailes du désir , 1987). À Noël, à domicile, sa magie blanche s’exprime. Plus de dédoublement machiavélique, ni de nudité d’une noyée suggérée, juste l’érotisme discret d’une robe noire, du soir, ouverte en V, sur le dos d’albâtre de Mademoiselle Novak. Magnifiée par un objectif énamouré, peu objectif, celui de son compagnon d’alors, l’actrice captivante appelle son propre chat, nous considère en regard caméra. Le mariage de Jimmy Stewart, grisonnant, sirotant, papotant, s’étranglant, elle s’en fout, elle caresse so...

Dancing at the Blue Iguana

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  Un métrage, une image : Exotica (1994) Exotica (Egoyan) ou la matrice d’une trilogie apocryphe, collection de contes cruels, intrigues a fortiori d’infanticides, développée avec De beaux lendemains (1997), achevée via Le Voyage de Felicia (1999), où le passé ne passe pas, en présage des trames traumatisées de La Vérité nue (2005) et Remember (2014). Le film, on le sait, fit à sa sortie son petit effet, en effet plébiscité. Plus de vingt-cinq ans après, sa sereine virtuosité en dévoile idem l’artificialité, voire la vacuité. Il semble que le cinéaste voulait adopter le point de vue d’une absente décédée, de la fifille enfuie du flic du fisc, mais la mise à nue assumée, moins au propre qu’au figuré, allez ailleurs vous astiquer, manque un peu d’âme, demeure à distance, sinon presque lestée de suffisance, comme si le maître des marionnettes suspectes, démiurge mateur, observait derrière sa glace sans tain l’entrecroisement des tristes destins, à l’instar du douanier,...