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Sac de nœuds

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Un métrage, une image : Lucky Strike  (2020) Fumer nuirait à la santé, mais à vouloir acheter sa marque préférée, porte-bonheur puéril, on se fait courser, renverser, mais à devoir enfumer son petit monde immonde, on observe, désespéré, sa maison en train de « partir en fumée », en effet. Magnanime, consolante, la maman incontinente, redoutable, remémore au voleur amateur, menteur, papounet paupérisé de fifille financée, exilée à l’université, que durant la « guerre de Corée », toute la ville brûlait… Premier opus impersonnel, superficiel, signé du cinéaste-scénariste Kim Yong-hoon, Lucky Strike se moque des célèbres cigarettes, de ses silhouettes suspectes, du « coup de pot » d’argot de VO. Il entrecroise les parcours sans amour, il remonte la chronologie, démonte la combine machiavélique, il découvre dès le début, à qui sait suivre les faits divers de la TV, le faisceau trafiqué des suivantes, simultanées destinées. Au whodunit occidenta...

Dune : Les Épices de la passion

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lynch. « The spice must flow », le flux du film aussi, c’est-à-dire celui du récit de la si sereine Virginia Madsen, descendante impériale remplaçant au firmament l’immortelle maman de L’Homme éléphant (1980). « The dream unfolds », affirme (saint) Paul, spectateur autant qu’acteur de sa « légende », « messie » de « prophétie », « dormeur » mis en demeure de « se réveiller », de vivre/suivre sa destinée, « élection » disons épicée. « Travelling, whitout moving », comprendre « replier l’espace », « voyager sans se déplacer », en d’autres termes, aller au ciné, se mouvoir, s’émouvoir, de manière immobile, face à l’épiphanie d’une mécanique quantique. Mélodrame militaire, opus œdipien, métrage méta, ce Dune (1984)-là, n’en déplaise au tandem Alejandro Jodorowsky & Denis Villeneuve, séduit, déç...

Le Sel des larmes : La Naissance de l’amour

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Deux spectateurs, dont votre serviteur : ce ciné (se) survit… Estimable moralité sentimentale, aimable mélodrame familial, Le Sel des larmes (Philippe Garrel, 2020) s’assortit aussi d’une scène de danse en plan-séquence sur le vivifiant, a fortiori en intraveineuse, Fleur de ma ville de Téléphone – Jean-Louis Aubert compose une BO composée de courts morceaux au piano – valant à elle seule la découverte audiovisuelle, le voyage en salle, saluons au passage la chorégraphe Caroline Marcadé , sa troupe silhouettée. Si l’élégant « noir et blanc », dû au doué DP Renato Berta, déréalise, délocalise, en direction du conte d’éducation, professionnelle, sexuelle, existentielle, effet renforcé par les « fondus » foncés, le récit en voix off , jamais intrusif, plutôt rétrospectif, le réalisateur verse vers le réalisme, voire la trivialité. Dans Le Sel des larmes , titre programmatique, poétique, les femmes pleurent, comme les hommes, en outre elles se douchent, uri...

Fortress : The Warriors

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Les « risques du métier », le « trophée » à ramener… Adapté par l’indispensable Everett De Roche du premier opus de Gabrielle Lord, à succès instantané, au passage inspiré d’un « fait divers » des seventies décalqué sur une célèbre séquence de L’Inspecteur Harry (Don Siegel, 1971), co-produit par HBO, distribué en réduction en salles australiennes, voici un vrai téléfilm valant mieux que de nombreux faux « films ». Réalisateur de second unit sur Razorback (Russell Mulcahy, 1984), documentariste gouvernemental, Arch Nicholson, décédé à la cinquantaine, dommage, délivre un ouvrage attentif, inventif, in extremis très ironique. Sorte de « sortie scolaire » hardcore , Fortress (1985), aka L’École de tous les dangers , amitiés au compatriote Peter Weir ( L’Année de tous les dangers , 1982), relève du ravissement, du survival , de la revanche vacharde. Cette fable affable, à la moralité immorale, aux kidnappeurs masqués, id...

Vers un destin insolite, sur les flots bleus de l'été : The Lobster

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Lina Wertmüller. Bercé par la bien belle bossa du maestro Piero ( Piccioni ), le spectateur auditeur découvre donc une comédie mélancolique, un item touristique, un opus politique. Une année après Film d’amour et d’anarchie (Lina Wertmüller, 1973), au sujet duquel j’écrivis aussi, la réalisatrice reprend le même couple impeccable mais à présent prend la mer amère. Mariangela Melato & Giancarlo Giannini possèdent tous deux des yeux verts, des silhouettes sveltes, pourtant « la Lina » ne les « casta » pour cela, quoique. Ces castaways annoncent ceux de Castaway (1986), justement, certes délestés des inserts infects de Nic Roeg. Pas de pourriture des corps pour perturber la parenthèse utopique, supposée « enchantée », époque oblige, plutôt l’improbable rencontre entre des avatars « à la dérive » d’Adam & Ève, de Robinson & Vendredi. Comme si La Mégère appriv...

Le Dernier Jour de la colère : Légitime violence

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  « Mondo cane » au carré, de « chiens » à châtier, de « chien » à « caresser »… « Fils de pute » au sens propre de la sale insulte, Giuliano Gemma ramasse la merde des membres méprisants de la « meilleure société » de sa cité texane très vile, trop tranquille. Sisyphe des immondices, le « bâtard » balaie, encaisse, économise, se rêve en « gâchette » experte. Ami avec le « ravi » du village, borgne lui-même malmené, José Calvo on reverra dans Texas (Tonino Valerii, 1969), Tristana (Luis Buñuel, 1970), il doit sa dextérité à un ex -shérif désormais désarmé, recalé à l’écurie, revoilà Walter Rilla, papa de Wolf, of course . Soudain surgit le sieur Talby, c’est-à-dire le vénéneux Lee Van Cleef, créancier légaliste aux « leçons » cyniques, ensuite « ange exterminateur » à la Jim Thompson puis petit capitaliste in fine défié en duel par son fils « putatif...

Pour 100 briques t’as plus rien !

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Un métrage, une image : Mille milliards de dollars (1982) Réponse positive à I… comme Icare (Henri Verneuil, 1979), Mille milliards de dollars (Verneuil, 1982) suit le sillon, a fortiori le filon, de la décennie précédente, aux opus supposés politiques, des deux côtés de l’Atlantique. Toujours didactique, jamais emmerdant, ce portrait du capitalisme au cynisme structuré, déjà « mondialisé », témoigne itou de son temps, du début des « années Mitterrand ». De manière ironique, puisque blacklisté par la presse, Patrick Dewaere y interprète un « grand reporter » fissa transformé en tueur. D’abord instrumentalisé, disons « à l’insu de son plein gré », causeur de scandale, de suicide, notre journaliste aux origines régionales, indeed « malade de la ville », en train de se séparer de sa sienne belle Hélène, incarnée par la secourable Caroline Cellier, en sus papa au marin musée, attention à « l’attentat » d’ascenseur, ...