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Sept ans de malheur : Le miroir se brisa

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Moustache en stéréo, papa par procuration de Charlot, trésor transnational bancal… Dans le miroir de Max Linder, auteur/producteur/réalisateur lui-même divisé, en acteur renommé, en personnage homonyme, pas de vrai fantôme, seulement un faux reflet, une réplique infidèle, une apparence d’évidence, entre ressemblance et désobéissance, celle d’un domestique mimétique, remarquable Harry Mann. Morceau de bravoure vite deviné, érigé sur du verre brisé, sur une symétrie jolie, la célèbre scène du rasage, salut au sanglant Scorsese ( The Big Shave , 1967), s’étire et cependant ne rase jamais, se conclut sur un coup d’éclat, nouvelle glace remplacée fissa, cette fois-ci fracassée par le friqué dessillé himself , en haut-de-forme, au matin plus très en forme, après sa soirée alcoolisée, d’adieu au célibat, les gars. Le futur marié peut tanguer, confondre placard et fenêtre, la caméra ne flanche pas, accumule les figures géométriques millimétrées, par exemple, tout premier plan, cercle...

Les Petits Maîtres du grand hôtel : Garçon !

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            La lucidité ? La placidité. Le hiatus  ? Le consensus . L’addition ? L’omission. Les premiers plans symétriques, géométriques, de cuisine, de salon, d’escalier, rappellent bien sûr Shining (Stanley Kubrick) mais, même si l’on y chante, on déchante assez vite, tant pis, devant cet Overlook délocalisé du côté de Grenoble, mis en musique(s) par un émule de Jacques Demy. Les Petits Maîtres du grand hôtel (Jacques Deschamps, 2019) ressemble trop à un documentaire comportementaliste, plutôt que chorégraphique, pour chaîne de TV co-productrice, suivez mon regard vers France Télévisions. En province, après deux projections en salle encore estivales, seul votre serviteur servit de spectateur. Cependant, l’idée de ponctuer le quotidien peu serein des lycéens spécialisés par des clips en regard caméra, donc de transcender un film choral en film de chorale, ne manque point de pertinence, ni de goût, histoire de...

Le vampire a soif : Derrière la porte verte

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Vernon Sewell. Ce farceur de Freud se délectait du supposé « continent noir » de la sexualité féminine, amen , aussi Le vampire a soif (Vernon Sullivan, pardon, Sewell, 1968) commence justement en Afrique coloniale, remarquez le contraste immédiat, explicite, entre l’homme blanc, en mince costume homonyme, et ses costauds rameurs torse nu, à la peau sombre. Un remake , muni d’insectes, de Tintin au Congo , so  ? Plutôt l’impeccable Peter Cushing au pays des papillons, puisque un certain Mallinger, entomologiste malin, malsain, en sus Autrichien, nom d’un chien, ne trouve rien de mieux à créer qu’un compagnon, de sang assoiffé, ranimé à l’électricité, ah ouais, pour sa fifille, elle-même hybride, bigre. On le voit, Le vampire a soif , titre français trivial, contre l’hyperbole allitératif de l’original : The Blood Beast Terror , s’amuse avec la mauvaise conscience insulaire, sonde sans g...

Les Pirates du diable : Et par ici la sortie

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Comment comprendre l’ésotérique Brexit  ? En recourant au cinématographique…   Métrage Hammer méconnu, Les Pirates du diable (Don Sharp, 1964) s’apprécie avec modestie, en fable affable, en pertinent petit traité de politique, presque passé inaperçu, hélas. Façonné par des familiers de la firme, dont Jimmy Sangster au scénario, Michael Reed à la direction de la photo, Rosemary Burrows aux costumes, Bernard Robinson aux décors ou James Needs au montage, l’ opus plaisant repose sur un argument guère morose, à base de mensonge, d’occupation, de collaboration, de résistance. « Toute ressemblance » avec la situation et les souffrances de la France des années 40 ne relève pas de la coïncidence, plutôt de la correspondance, comme si notre meilleur ennemi, de « perfide Albion », se posait, à distance, les mêmes questions. Face à Christopher Lee, ici délesté de ses canines et de sa cape de comte des Carpates, toujours aussi aristocratique, désormais hisp...

Douce nuit, sanglante nuit : Bad Santa

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Un film de saligauds ? Un film d’empoisonné cadeau… Douce nuit, sanglante nuit  (Charles E. Sellier Jr., 1984) commence comme Shining (Stanley Kubrick, 1980), s’achève tel La Nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955). Douce nuit, sanglante nuit  se souvient aussi de Dead Zone (David Cronenberg, 1983) et de Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974). Douce nuit, sanglante nuit  en sus s’inscrit au sein du sillage dépressif de Black Christmas (Bob Clark, 1974), son prédécesseur peu ancien, autant peu serein, au titre explicite. Douce nuit, sanglante nuit  succomba à la concurrence acérée, sociologique, onirique, des Griffes de la nuit (Wes Craven, 1984). Douce nuit, sanglante nuit   scandalisa la critique délatrice, le public lobbyiste, les froussards de Tri-Star, succursale de Coca-Cola, eux-mêmes relookeurs cyniques, remplis de fric, d’un certain Santa Claus. Déjà connu de votre serviteur sans peur, en tout cas au/du cinéma, via un vrai...

Jack le tueur de géants : Ray

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« Cherchez la femme », chercher la flamme, chérir l’infâme… Filmé de façon fonctionnelle, impersonnelle, cette fois-ci délesté des sortilèges de Ray Harryhausen, Jack le tueur de géants (Nathan Juran, 1962) séduit cependant sans peine, puisqu’il parvient, en même temps, à respecter son programme, à surprendre le spectateur. Il s’agit, bel et bien, au propre, au figuré, d’un bel album étasunien/européen, d’un livre d’images animées, cf. le prologue explicite, d’un récit de fantasy se souvenant aussi de King Kong (Merian C. Coooper & Ernest B. Schoedsack, 1933), ravissement d’héroïne + choc de colosses inclus. Il s’agit, de surcroît, d’un conte chrétien, remarquez l’épée renversée, croix-bouclier pour contrer la bestialité, considérez que Jack se transforme in fine en émule de saint Michel, en plein ciel, majuscule optionnelle, terrassant en mer, contradiction d’occasion, son dragon appelé… Pendragon, par ailleurs patron d’un castle constellé de créatures à l...

Que l’amour : Music of My Life

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« On vit tous en province quand on vit trop longtemps » ? On y (dé)chante aussi. Que l’amour montre en même temps un mystère et une mémoire, celui d’une épiphanie, celle de l’Algérie. « Abdel chante Brel » affirme l’affiche, obligeamment apposée à Alger, alors, par conséquent, on l’entend, on assiste au(x) spectacle(s), auparavant à l’installation, aux répétitions, le principal intéressé entouré de ses potes ou partenaires intéressants, à côté travaillant, comme lui-même, loueur de voitures presque naval, estival, parisien adoptif délocalisé au Pays basque. Ce documentaire dynamique et sincère, jamais angélique ni austère, épouse une courbe bien (re)connue, d’une ascension suivie d’une chute, utilisée à plusieurs reprises par le ciné US fictif, a fortiori psychologique, mis en musique, à dimension (mél)dramatique, remember l’exemplaire The Rose (Mark Rydell, 1979), vrai-faux biopic d’une certaine Janis Joplin. Ce qui devait constituer une sorte de cour...