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The Godsend : The Children

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Bienvenue à Bonnie, gamine tout sauf bonne, aux desseins malsains... Production Cannon méconnue, méconnaissable, The Godsend (1980) s’avère en vérité un produit britannique, dont les qualités équilibrent les limites. Adapté du roman homonyme de Bernard Taylor paru en 1976, donc contemporain de La Malédiction (Richard Donner), l’argument s’inscrit au sein du courant pédophobe de la décennie, le délocalise à la campagne, le replace à mi-parcours au cœur de la capitale. Une famille y défaille, subit des infanticides en série, fausse couche incluse, causés par une gosse adoptée, angelot diabolique désigné par le titre ironique. La coda de boucle bouclée retrace en plein parc le cercle infernal, voit revenir « The Stranger » à nouveau enceinte, en compagnie de ses prochaines proies. Son identification, ses motivations, nul ne les saura, les devinera. La parturiente semble n’aspirer qu’à la faillite des foyers, à l’usure des progénitures, sorte de Médée mutique, sinon se...

Slaughterhouse Rulez : L’Internat

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Cahiers (du ciné) incendiés, réalisateur anonyme au milieu… Malcolm McDowell connaît-il cette comédie britannique horrifique, le montrant à l’époque de If…. (Lindsay Anderson, 1968), citant de surcroît Caligula, personnage qu’il interpréta pour Tinto Brass, selon le film homonyme de 1979 ? Malgré un dénommé Wallace en commun, « comme dans Braveheart  », précise l’intéressé, en dépit d’une explosion d’épilogue, substituée à la fameuse fusillade finale, les ressemblances s’arrêtent ici, ne sauraient dépasser le stade du clin d’œil cinéphile. Exit , la rage de jadis ; bye-bye , la remise en cause à main armée de l’éducation à l’anglaise balèze. De la public school à la boarding school , à cinquante ans d’écart, les choses changent, l’établissement devient payant, rural, son terrain souterrain sert à faire de la fracturation, creusement de saison, forage d’outrage, corrigent les écologistes, pas seulement du récit. Débuté en mode ethnographique, le métrage trop sage s’...

Neverknock : La Somme de toutes les peurs

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L’huis ou l’ennui ? Toquer ou toqués ? Ne pas (se) frapper le film point frappant. I’m a back door man The men don’t know But the little girls understand Jim Morrison J’écrivis jadis, à propos de Kaw (Sheldon Wilson, 2007) : « idéal pendant un gris après-midi dominical » ; je pourrais réutiliser ceci au sujet de Neverknock (Sheldon Wilson, 2017), téléfilm Syfy inoffensif, presque insipide, qui toutefois se suit sans déplaisir, séduit par son soin, saluons la cinématographie de Scott McClellan, remarquons l’oscillation du steadicam , même non mentionné au générique. L’ouvrage se déroule durant Halloween, inclut une incantation à la Candyman (Bernard Rose, 1992), repose sur une porte ouverte sur une épouvante personnalisée, idée individuelle, collective, bien sûr empruntée au Ça de Stephen King. Chaque personnage possède par conséquent sa propre phobie, les aiguilles, le sang, les chiens, les asticots, le feu, en sus des serpents du prologue. ...

Gloomy Sunday : Je hais les dimanches

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L’Histoire et l’histoire, la solitude des esseulés, le salut des stoïciens… On connaît la chanson : en 1933, date maudite pour l’Allemagne, le pianiste Rezső Seress publie une composition appelée à lui allouer une pérenne postérité. La mélodie mélancolique en do mineur se voit équipée de paroles d’abord politiques, apocalyptiques, ensuite suicidaires, merci au poète séparé László Jávor. S’opère ainsi un passage significatif, d’une angoisse existentielle, contextuelle, d’exilé hexagonal, s’adressant au divin, à une lamentation sentimentale d’amant prometteur, je te rejoindrai vite, mon pauvre cœur. Précisons aussitôt que la réputation de pousse-à-la-mort s’avère usurpée, relève de la rumeur en vérité infondée, de l’argument commercial macabre. Il existait mille et une raisons de se suicider, en Hongrie ou à Paris, durant cette décennie, non ? Unisexe, la chanson du soupçon, tube tabou, enchanta des chanteurs, des chanteuses, se traduisit en français, en anglais, en ja...

Arctic : Les Survivants

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Du comportementalisme vers l’existentialisme, de l’enfer vers le frère… Isolation is not good for me Fools Garden En Islande, un Brésilien et un Danois se rencontrent, ensuite se retrouvent à Cannes : Arctic (2018) ou une certaine idée du ciné cosmopolite, presque économique. Escorté du co-scénariste et monteur Ryan Morrison, Joe Penna ne prit pas froid, fit un (premier) film qui fait froid (dans le dos). Durant une heure et demie, Mads Mikkelsen se démène au milieu de la neige, prisonnier résistant, résilient, d’un no man’s land aux allures de piège pétrifié. Tombé du ciel tel Icare, il ressemble aussi à Robinson Crusoé, même si, cette fois-ci, Vendredi change de sexe, se transforme en passagère des airs, en mère muette, en épouse rescapée, blessée, d’un autre crash aérien, à sauver, à transporter. Le survivant, par conséquent, ne se contente pas de démontrer un stoïcisme surhumain, il montre en sus une tendance à l’altruisme, il évolue parmi le vide, sur le chemi...

The Wind : The Wind

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Disons un no woman’s land soigné, cependant languissant...   Une actrice, une réalisatrice, une scénariste, une monteuse : à défaut d’être féministe, voici bel et bien un western (au) féminin. Moins emmerdant mais autant indie que La Dernière Piste (Kelly Reichardt, 2010), The Wind d’Emma Tammi (2018) ne saurait hélas rivaliser avec The Wind de Victor Sjöström (1928), idem écrit par une femme, à savoir Frances Marion, notamment rédactrice pour Mary Pickford, relisez-moi ou pas à propos de Pollyanna (Paul Powell, 1920), alors adaptatrice de la romancière Dorothy Scarborough. En dépit des bourrasques mesurées présentes sur la bande-son, ce portrait en POV par procuration d’une pionnière paranoïaque manque de souffle, de folie, de sens de l’espace, de la surprise. Si le Roman Polanski de Répulsion (1965) empruntait ses mains murales au Jean Cocteau de La Belle et la Bête (1946), le métrage trop sage du jour ensoleillé paraît s’inspirer de REC (Jaume Balagueró...

The Prodigy : La Main à couper

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Mourir, revenir, cercle cyclique, tract de no kid .   J’suis dans un État proche de l’Ohio J’ai le moral à zéro Isabelle Adjani On sait, depuis Le Tour d’écrou de Henry James (1898) et par conséquent Les Innocents de Jack Clayton & Truman Capote (1961), qu’il vaut mieux se méfier des gamins mielleux prénommés Miles. What’s wrong with Miles? se demandent l’accroche de l’affiche et surtout ses parents apparemment sans profession, toutefois propriétaires d’une confortable maison. D’abord sceptiques, ils découvrent vite la réponse impensable, insupportable : l’âme d’un tueur en série réside à l’intérieur du gosse cru précoce, sinon surdoué, tant pis pour son asocialité. Comme dans Audrey Rose (Robert Wise, 1977), clin d’œil indien compris, il s’agit donc d’une histoire de réincarnation et non de possession, range-moi fissa ce crucifix, mon ami(e), même si Tripp Vinson produisit jadis l’estimable Exorcisme d’Emily Rose (Scott Derrickson, 2005) et le di...