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Breaking News : Heroic Trio

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Flash spécial : le fin mot reviendrait in fine au ciné…   En 2004, le cinéma de HK s’invita à Cannes, bien qu’en dehors de la compétition à la con. Sans doute le plan-séquence virtuose d’une fusillade over the top – on peut se souvenir de l’ autocar criblé de balles dans L’Épreuve de force – expliqua-t-il en partie cette présence, alors que Johnnie To s’en étonna lui-même, son métrage s’avérant a priori moins personnel que d’autres titres. En redécouvrant hier en double DVD – seul un module sur Milkyway Image mérite l’attention, et encore –, je pensais à l’immeuble pris d’assaut de Time and Tide , au huis clos d’hosto de Three , aux cellulaires de Connected , à la cuisine du Festin Chinois et, dans une moindre mesure, au romantisme de The Killer . Moins lyrique que John Woo, même si ses braqueurs savent similairement se servir de leurs deux mains armées, moins hyperactif que Tsui Hark, en tout cas à l’écran, moins mélodramatique (un compliment) que Benny ...

Madame B : Histoire d’une Nord-Coréenne : Une femme de ménage

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Jero Yun. Cela commence par un pardon demandé, cela finit par une chanson de karaoké. Une mère s’excuse, s’accuse, une épouse regrette en chansonnette. La même femme, mémorable, impénétrable, relie les deux instants, l’écran noir aux mots désincarnés, le visage en gros plan au micro hygiénique. La voix off et in de Madame B se raconte, nous raconte une histoire d’aujourd’hui, pas seulement en Asie, nous donne à ressentir, à réfléchir, ce que signifie partir, peut-être revenir. Sa trajectoire s’inscrit en rouge sur une carte noire et blanche, parcours du combattant depuis la Corée du Nord vers la Corée du Sud en passant par le Laos et la Thaïlande, accessoirement parcours d’une combattante prête à tout pour rejoindre ses fils puis rapatrier son second mari. Elle-même vendue par des passeurs à un Chinois agriculteur, elle vend des filles aux bars à musique, elle trafique de la méthamphétamine ...

Bagarres au King Créole : Quand j’étais chanteur

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Play it again, Mike… King Creole commence et finit par deux réconciliations, collective et individuelle. Kitty White chante avec Elvis et Danny chante pour son père. Ce double/beau duo de couleurs de peaux, de générations, ne pouvait peut-être se dérouler qu’à La Nouvelle-Orléans. Si, dans Obsession , Brian De Palma fit de la ville métisse et musicienne un incestueux écrin proustien, Michael Curtiz la cartographie en annexe de Casablanca . Depuis l’ouverture matinale, calme, solaire, solitaire, jusqu’à la coda nocturne, urbaine, animée, en huis clos, le métrage assemble avec aisance le réel et le studio, la perspective et la frontalité, le désir et la chasteté, la biographie et l’autofiction. Récit de réussite mélancolique, film noir aux faux airs de comédie musicale, mélodrame familial et social, King Creole s’avère en outre un hommage à nos mères aimées, regrettées, transposées, blessées, maternelles, sacrificielles. Ronnie pourrait même devenir une amante à la Paul Schra...

Nathalie Granger : The Washing Machine

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Ruggero Deodato ? Marguerite Duras !... Isabelle porte la cape de Brigitte Lahaie relookée par Jean Rollin dans Fascination (1979) et Nathalie pousse le landau de Mia Farrow dans Rosemary’s Baby (1968). « Tout d’harmonise » affirme Stephen King dans 22/11/63 , uchronie sur JKF, et Nathalie Granger s’avère en effet, à sa manière austère, un film fantastique, un film de fantômes, un film de Marguerite Duras, donc. Avant de pénétrer pour l’éternité, infernale, tropicale, coloniale, la villa de India Song (1975), nous voilà dans une sorte de gentilhommière à proximité de Paris, de Dreux, d’une forêt où se planquent deux tueurs mineurs, rebelles sans raison, enfants sanglants, informe la radio en direct. En vérité, le « temps réel », au cinéma et au-delà, n’existe pas, s’accompagne toujours d’impureté : le présent s’enlace au passé, au futur, comme les gènes autour d’une hélice d’ADN. Le prologue, à l’école, remontrances de la directrice à propos ...

Les Eaux troubles : Time and Tide

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Pêcheur ou pécheur ? La différence tient à un accent, à un coup de vent… En 1949, on vouvoyait son père, on mariait son fils contre une pêcherie, on se rongeait de remords dans un coin préservé de Bretagne. En 1949, Les Eaux troubles cartographie du côté du Mont-Saint-Michel une France irriguée de culpabilité, une famille sur le point de se décomposer (définitivement). L’introduction muette, en écho d’ autocar au Facteur sonne toujours deux fois , demeure une leçon de réalisation, retour au village parmi les flaques et les fenêtres jusqu’au cimetière, avec bouquet déposé sur la tombe du frère regretté, trop aimé. Ginette Leclerc, remarquable et remarquée naguère, avant-guerre (pendant), dans La Femme du boulanger ou Le Corbeau de Clouzot, rentre chez elle, cherche à percer un secret endeuillé. Son paternel causa-t-il réellement la mort de Jean, comme tout le monde, c’est-à-dire toute la petite communauté marine, le suppose, le reproche, l’insinue ? Augusta, flanq...

On murmure dans la ville : Loin de la foule déchaînée

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Consultation de communistes ? Parabole de la parole… En vérité, on murmura peu, on ne parla presque pas de ce métrage méconnu, via lequel Mankiewicz se moque de l’épidémie maccarthyste et de son meilleur ennemi Cecil B. DeMille. L’oubli d’aujourd’hui peut sembler injuste, il s’avère assez logique, tant le film paraît anecdotique, sinon inoffensif, surtout comparé à L’Aventure de Madame Muir , Ève , L’Affaire Cicéron , Jules César , La Comtesse aux pieds nus , Soudain l’été dernier , Cléopâtre , Le Limier ( Blanches Colombes et Vilains Messieurs n’intriguera que les curieux, tant pis et tant mieux). Quant à son humanisme assumé dans le sillage d’Auschwitz et Hiroshima – JLM adapte une pièce de Curt Goetz, scénariste de La Femme aux deux visages , co-réalisateur/acteur de Docteur Praetorius , première transposition à succès sortie un an plus tôt à Berlin –, il relève d’un idéalisme souligné dès les cartons d’introduction, tartines drolatiques donnant le ton et jetant le ...

Le Deuxième Souffle : Un flic

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jean-Pierre Melville. Pas le meilleur du réalisateur, pour plusieurs raisons – cela débute pourtant magistralement, malgré un premier carton façon Ponce Pilate (« l’Auteur de ce film » rassure « la Morale » et ne remet point en cause la méthodologie policière à travers son imaginaire, amen ), un second qui se voudrait philosophique (dérision d’une vie suicidée par dépit), moins lapidaire que le vrai-faux extrait du bushido en exergue du Samouraï  : une évasion d’introduction à la Bresson ( Un condamné à mort s’est échappé , sorti une décennie plus tôt, poursuivi par Le Trou de Becker, déjà co-écrit par Giovanni), géométrie anguleuse et anxieuse, puis une course à travers une forêt, en bordure de voie ferrée, présage inversé de l’ incipit du Cercle rouge (il faut désormais monter à bord du train, non plus s’en extraire, même menotté). Durant sept minutes, pas de mots, pas de musique, u...