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La Dernière Fois que j’ai vu Macao : Lisbonne Story

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de João Pedro Rodrigues et Jo ã o Rui Guerra da Mata. Davantage qu’au compatriote, contemporain, intéressant et peu convaincant Tabou de Miguel Gomes, on pense à Wenders en découvrant le nouvel essai, terme littéraire, du réalisateur de O Fantasma , déjà une fable surfaite de fantasmes et de fantômes, d’où l’intitulé au sens dédoublé, de chiens, de ville et de relations homosexuelles. Comme chez l’Allemand cosmopolite, le voyage extérieur et intérieur à base d’une similaire invitation-disparition en chanson(s) constitue au final une réflexion méta tramée au documentaire urbain, assortie ici d’une dimension mythologique, sinon eschatologique. L’ombre temporelle et mémorielle de La Jetée ou India Song tamise aussi le commentaire en voix off , dédale documenté filmé en numérique dont le narrateur ne sacrifie même pas à la visibilité reflétée de La Dame du lac de Robert Montgomery au miroir, en ...

Pensione paura : La Maison du lac

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Elle attend depuis si longtemps, elle espère à proximité d’un cimetière… Parmi la verroterie numérique figurent d’évidents diamants : en train d’écumer une liste thématique, on tomba sur Pensione paura . Moins riche que Il profumo della signora in nero , plus linéaire, le second vrai-faux giallo de Francesco Barilli captive pourtant, dès l’ouverture solaire et funèbre, sur une jeune fille (en fleur) en barque se piquant de correspondance épistolaire paternelle. Moderne Charon, Rosa la rose va vite se faner en cet été de la fin de la guerre, confrontée au fascisme historique et psychologique. Orpheline comme la persona de Mimsy Farmer, sa pileuse nudité bientôt exposée sur le papier glacé de Playboy , Leonora Fani joue une adolescente résistante, finalement démente, du haut de ses charmants vingt-trois ans. Dans son odyssée identitaire en huis clos, nantie d’un imperméable et d’un couteau (accessoires certifiés de l’imagerie « jaune »), éclairée-apeurée en bleu ...

Deranged : Mother!

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Ez à l’aise, tant pis pour Mary ou Sally… Quatorze ans après Psychose , huit mois avant Massacre à la tronçonneuse , Ed Gein la Guigne, célèbre taxidermiste et décorateur d’intérieur œdipien un brin malsain, connaît à nouveau les honneurs du cinéma dit d’horreur. Il voit donc de son vivant sa vie transposée à l’écran ; précisons : reconstituée en mode docu-fiction avec les libertés de saison (hivernale) et d’occasion (commerciale), autant que délocalisée au paradis fiscal du Canada. Production indépendante désargentée, sous l’égide du distributeur AIP, signée par des collaborateurs de Bob Clark au Black Christmas du même millésime, le méconnu, un temps perdu, Deranged évacue l’expressionnisme économique de Hitch et le lyrisme hystérique de Hooper, ne se soucie guère de dimension sociale mais conserve l’humour noirissime de son fameux aîné, de son scandaleux contemporain. On sourit constamment, à ce portrait de psychopathe sympathique, « type honnête » so...

Train de vie : Notes sur les embarquements permanents

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Billet tapé à défaut d’être composté…  Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. Emmanuel Macron Le cinéma n’existe pas, pas encore. Le cinéma n’existe déjà plus, projection de progéria. Ce qu’il reste du cinéma ? Des films d’hier et d’aujourd’hui, tonneau (tombeau) des Danaïdes du mercredi. Le terrorisme en temps réel, les ouragans outre-mer, la Corée du Nord remakant Docteur Folamour  : absolument rien ne saurait abolir l’inanité sonore et guère mallarméenne des sorties inexorables ni le dédale de la Toile planétaire aux faux airs de somnifères. Demeurent en outre des gares, des trains, des trajets, reliquats de révolution dite industrielle, de dix-neuvième siècle obsolète, de transhumance de classes en masse, concurrencés par la route individualiste, voire le covoiturage à la page, bientôt gageons la téléportation façon Monsieur Spock et désormais l’ubiquité du cellulaire. Le cinéma, surtout méta, aim...

Rumba : La Belle et le Clochard

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Peut-on sourire à un drame ? Peut-on s’émouvoir à une comédie ? Bien évidemment, et Rumba répond deux fois oui. Franchement, les feel good movies , on s’en contrefout, mais celui-ci ne se soumet pas à la loi du marché anesthésiant, rassurant, écœurant de cynisme. Si vous croyez encore que le cinéma sert à consoler, à dépayser, à s’illusionner, passez votre chemin mesquin. Si, au contraire, vous exigez d’un film qu’il vous amuse et vous remue sans vous mentir, sans embellir votre fragilité, votre mortalité, sans omettre vos capacités de résistance, d’élégance, alors filez vite découvrir par vos propres moyens ce grand petit chant d’amour dansé, chorégraphié, filmé au cordeau, à fleur de peau. Vous penserez peut-être à Pierre Étaix, peintre tragi-comique du couple. Vous songerez qui sait à Jacques Tati, portraitiste de plage fantaisiste. Am...

Dancer in the Dark : Les Humeurs de Brieuc Le Meur

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BLM par JPM ou le contraire, mon cher… Novelist , photographer and producer , comme l’indique le profil professionnel en ligne ? Disons davantage et surtout poète, artiste polyvalent et polymorphe, à l’instar de la perversité du même nom attribuée aux enfants par ce plaisantin obsédé de Sigmund. Brieuc Le Meur se (dé)multiplie mais ne s’éparpille pas, il varie les supports afin de dérouter/semer la mort – créer revient-il à autre chose ? –, il se partage avec ses collaborateurs, ses suiveurs, sa danseuse, car animé par un sens du partage évident, l’une des bases essentielles de l’expression, ou alors elle s’apparente à un pur onanisme régressif, autarcique, dit de niche, à la niche. Il aime jouer avec les mots (moi idem ), les sons, les images, il ne trace pas de frontière arbitraire, éphémère, entre les genres – qui n’existent de toute façon pas, a fortiori au cinéma – et les temporalités, celle figée de la photographie, celle en mouvement du ciné, celle apparem...

Hard Candy

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Un métrage, une image : Chromosome 3 (1979) Personnage mémorable, inoubliable, captivant, poignant, elle donne corps à la poétique de Cronenberg, quasiment malgré lui, en dépit de son règlement de comptes personnel, fantasmé, elle inverse les valeurs (du cinéma, de la morale, du biopic générique) et oblige le spectateur à repenser les concepts de maternité, de parentalité, de beauté (ou de laideur), de maladie (mentale). Nola n’en fait qu’à sa tête (un salut à la Darling de Spike Lee), finit par la perdre, étouffée par les mains serrées de son ex effaré, ulcéré (le menteur énamouré « coupe le cordon » d’avec les avortons, rend muette la bouche ensanglantée, jadis embrassée, de la vestale immaculée, qui le défie de la tuer, brouillon de la silencieuse supplication de Seth Brundle dans La Mouche , montée en parallèle avec les cris de Candy), débouté par avance par la loi sexuée, sentimentale (ses preuves de polaroïds raviraient désormais les photographes pédophiles)...