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My Bernard Herrmann : Anatomie d’une discographie

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Du « citoyen » Kane au chauffeur de taxi, repères de leur noire et lumineuse galaxie. La vie et l’œuvre de Bernard Herrmann s’avèrent désormais largement documentées. On renvoie donc le lecteur (anglophone) vers les travaux de Steven C. Smith ( A Heart at Fire’s Center: The Life and Music of Bernard Herrmann , biographie essentielle, en effet « de référence », à la fois technique et intimiste), de Christopher Palmer ( The Composer in Hollywood , essai « polyphonique » et chronologique, où l’auteur replace le compositeur dans le contexte hollywoodien des années 30 à 50, parmi Max Steiner, Erich Wolfgang Korngold, Alfred Newman, Franz Waxman, Dimitri Tiomkin, Roy Webb, Miklós Rózsa, Alex North, Elmer Bernstein et Leonard Rosenman) ou le documentaire de Joshua Waletzky ( Music For The Movies: Bernard Herrmann , cinquante-huit minutes assez éclairantes, avec notamment la participation de l’émérite Royal S. Brown), sans omettre les quelques page...

Le Voyage en Arménie : Ararat

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La goûteuse cerise de l’ami Abbas ? Non, délectons-nous aujourd’hui d’un khorovadz ! En pensant à Arsinée Khanjian On apprécie depuis longtemps le cinéma de Robert Guédiguian, pas seulement parce qu’il portraiture en partie une ville que nous aimons, connaissons, où nous naquîmes, où nous vécûmes, comme aucun avant ni après lui : il existe mille Marseille, sur et hors de l’écran, et le sien paraît peut-être le plus juste, le plus immanent, le plus métonymique, tandis que celui d’un Pagnol s’étend à la Provence, que celui d’un René Allio s’entiche de Brecht ( La Vieille Dame indigne , déjà sis à L’Estaque), que Bill Friedkin se servit de la ville violente en décor spectral du prologue de French Connection , à l’instar de l’Irak du Nord hanté de l’ouverture de L’Exorciste . Verneuil (autre célèbre « Arménien de France ») y inscrivit ses souvenirs, Melville ses résistants, Bourvil en Corse d’occasion et Ventura à bout de souffle, Deray ses truands (ou...

Une hirondelle ne fait pas le printemps

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Sociologie du cinéma ? Subjectivisme financier de saison. Le Printemps du cinéma vient donc d’atteindre cette année sa majorité ; lancée en 2000, dans le sillage de la Fête du cinéma (elle-même organisée près de cent ans après la naissance du « septième art » version Lumière), par la puissante FNCF (synergie de syndicats émergée à la Libération, une vingtaine environ, « catégoriels » ou non, à Paris et en région, en charge de quasiment la totalité du parc français des salles), l’opération, étalée sur trois jours, du dimanche au mardi, vise à développer la fréquentation par un abaissement du prix du billet, disons de moitié (au lieu de huit, quatre euros). En dix-huit éditions, le visa (« choses vues » et entendues, indeed ) du « voyage immobile » (tous les cinéphiles personnifient le capitaine Nemo, même sans sous-marin) connut une inflation modérée, puisqu’il débuta au coût de trois euros et une poignée de ( dollars ) centime...

Noli me tangere

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Un peu de peep-show , please  ? Merci, non, sans (contre)façon. J’veux du cuir pas du peep show du vécu J ’ veux des gros seins des gros culs J’veux du cuir Sade et Shade et Suzy Q Alain Souchon En « matant » hier soir en ligne, allant d’aller au plumard (pas de « rêves humides » en perspective), l’anodin et si placide documentaire (ceci expliquant cela, voilà) de Matthias Schmidt, intitulé a contrario La Tumultueuse Histoire des peep-shows (ZDF, 2013), avec son chapelet de témoins sereins, amusés, désabusés, nostalgiques, tout sauf caractérisés par une quelconque « perversité », tant mieux ou tant pis, on se dit que oui, un tel spectacle ne pouvait que naître, s’épanouir puis péricliter aux États-Unis (essaimage à l’étranger, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, idiomatisme à la Michael Powell compris, Tom qui espionne les bad girls de Soho avant d’immortaliser sur pellicule leur peur scopique). Avec sa vitre de sépar...

Your Name. : La Nuit de la comète

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Tout nous relie ensemble et l’immensité des sphères aussi ? Presque, tant mieux ou tant pis. Makoto Shinkai trouve son film imparfait, on ne le contredira pas. Mais l’on se doit de célébrer ses beautés par une poignée de feuillets en ligne, dans le sillage d’une œuvre très audiovisuelle qui n’oublie jamais, personnel plaisir premier assumé ou formation universitaire littéraire commune entre lui et nous oblige, la part de l’écrit, sur un carnet, une paume (celle de Rilke énamouré de ce mot en français, celle du Nolan de Memento ), un cellulaire (textos allegro). Cela commence comme Peter Ibbetson (le rêve en duo), Dans la peau d’une blonde (Blake Edwards transgenre), cela se poursuit comme une relecture du mythe de l’âme sœur par Platon, de l’aventure d’outre-tombe d’Orphée à la recherche de son Eurydice enterrée, une variation sur les « paradoxes temporels » si chers à la SF, pas seulement celle de Tarkovski ( Solaris , d’après Stanislas Lem, et sa planète-océ...

Compartiment tueurs : Ceux qui m’aiment prendront le train

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Costa-Gavras. Deux ans avant l’épuisant et pareillement « choral » Un homme de trop,  Costa entrecroise cette fois (« seconde classe » ou « seconde main ») Le Crime de l’Orient-Express et La Corde , avec un soupçon, of course , de L’Inconnu du Nord-Express (motif retrouvé du crime sans mobile) : sous la petite et superficielle patine pop , tout ceci s’avère beaucoup poussiéreux et profondément creux, malgré (à cause de ?) une belle « brochette » d’actrices et d’acteurs non dénuée de valeur, de saveur, hélas réduits à faire leur piccolo numéro en solo, privés d’interaction véritable, chapelet de wagonnets renommés et non TGV méta, voire génocidaire (mentions spéciales à Pascale Roberts, superbe incendiaire trop tôt « refroidie », à Piccoli, piètre « pervers » constamment liquéfié, précocement liquidé ; notez itou les caméos de Nadin...

Quatre nuits avec Anna : La La Land

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jerzy Skolimowski. Voici un film tout sauf financé par l’OTSI de Varsovie. Dans un village à la Béla Tarr, un vieux garçon à la Bruno Dumont vit une Brève histoire d’amour à la Kieślowski. Enfant naturel, adulte esseulé, abusé (littéralement), ancien témoin accusé à tort d’agression sexuelle, occupé à cramer des macchabées puis licencié puisque l’on ferme l’incinérateur (un salut à Juraj Herz), crise oblige, le pauvre Léon enterre sa grabataire de grand-mère, contemple, en larmes, un feu de joie et de chagrin qui dévore les maigres biens de la défunte (boîte à musique comprise), achète une bague diamantée très chère avec ses indemnités d’homme à tout faire d’hôpital, qu’il dépose sur le lit de sa chère voisine, espionnée tous les soirs (« Je vois une femme », dit-il à la tombe fleurie de l’aïeule), infirmière trentenaire et accessoirement victime entrevue, guère secourue, de naguère. Le spectacle noct...