Articles

Bunker Palace Hôtel

Image
  Un métrage, une image : Gehenna: Where Death Lives (2018) Pourvu d’un sous-titre choc et chic, ce premier film d’un admirateur d’Osamu Tezuka, spécialiste des effets spéciaux et character designer adoubé, car Hiroshi Katagiri bossa pour Stan Winston, Steven Spielberg, Guillermo del Toro ou Sam Raimi aussi, carbure à une malédiction de colonisation, à la culpabilité décuplée, accessoirement aux couloirs de mouroir. Une petite équipe en quête de touristique, d’exotique, se retrouve vite à l’intérieur d’un bunker, d’un tunnel tout sauf of love , Bruce Springsteen en déprime, idiotisme itou classé X, lexical, anal. Pas de sexe ici, tant mieux, tant pis, juste le passé jamais (tré/dé)passé, qui ressuscite et resurgit, puisque sous le paradis et la plage s’agitent la guerre et la rage. Muni d’un caméscope ad hoc , notre team antihéroïque se fait affoler fissa, souviens-toi, selon un paradoxe temporel cohérent et cruel. Commencé comme Les Yeux sans visage (George Fra...

Incubus

Image
  Un métrage, une image : The Black Room (2017) Voici une réponse ludique et lubrique au plus sérieux L’Emprise (Furie, 1982), une réflexion en action(s) sur le puritanisme US, son hypocrisie jolie, puisque premier producteur mondial de « film de fesse », jadis obsédé par un président adepte du « sexe oral », mensonger mélodrame. Un fils à papa et sa libraire sympa emménagent fissa au sein aussitôt malsain d’une belle baraque acquise pour une bouchée de pain, car décédée propriétaire, défigurée héritière, toutes les deux à cause d’une chaudière à la Lucifer, clin d’œil possible au brûlant Shining de King. L’Adversaire réside à la cave, pièce sombre du titre explicite, « continent noir de la sexualité (féminine) » pontifie Freud, il vide les occupants peu récalcitrants, vite consentants, de leur « énergie sexuelle », afin d’alimenter sa créature future, capable de plaire aux femmes comme aux hommes, accouchement dément de nouveau-né...

Maurice

Image
  Un métrage, une image : Gueule d’ange (1955) À Jacqueline Gueule d’ange commence comme se termine Panique (1946), fête foraine défaite, mais Marcel Blistène, ses Amants de demain (1959) salué par mes soins, à la différence de Julien Duvivier, ne s’inspire de Simenon afin de cartographier un pays, une patrie, en proie à l’antisémitisme et à la furie, acerbe façon de régler ses comptes avec ceux qui l’accusaient d’être allé ailleurs se planquer pendant l’Occupation des Teutons. Basé sur une chanson de Charles Dumont, revoilà Piaf, sa moralité soignée, appliquée, c’est-à-dire, traduisent les sarcastiques et les critiques, surtout des Cahiers , sclérosée, asphyxiée, à l’image du moment d’antan, « transit » des frileuses fifties , dans la vie, sur un écran, relit Laclos davantage que Madame Bovary , l’experte « provinciale » en faux tableaux à deux balles valide et emballe. Puisqu’il n’existe « plus de place aujourd’hui pour les héros »,...

Au-dessous du volcan

Image
  Un métrage, une image : La Mélodie du malheur (2001) Mélodrame, donc drame en musique, comédie, pas uniquement musicale ni sentimentale, vrai-faux remake du coréen The Quiet Family (Kim, 1998), The Happiness of the Katakuris aussitôt séduit, en raison de sa « déraison », ainsi désignent l’énergie, la générosité, l’inventivité ceux qui s’en voient privés, voire n’en possèdent pas assez. Cinéaste stakhanoviste, signataire des réussis Audition (1999), Visitor Q (2001), La Maison des sévices (2006, mémorable segment de la série Les Maîtres de l’horreur ), du raté Ichi the Killer (2001), l’aimable Miike investit cette fois-ci une auberge, pas celle de Hostel (Roth, 2005), presque, dans lequel il accomplissait un amical caméo muet. Andrews & Wise ( La Mélodie du bonheur , 1965) peuvent respirer/reposer en paix, pas une once de cynisme ici, ni de pénible pose post -moderne, plutôt une réflexion en action(s) à propos de la famille, tropisme nippon, cf. le...

La Nuit des grands chiens malades

Image
    « Roman noir » à « lac Noir » ? Romance de seconde chance… Écrivain stakhanoviste, Dominique Arly alimenta donc deux collections du Fleuve noir, Angoisse + Spécial Police à savoir, aussi se divertit via plusieurs polissonneries aux titres explicites, Elles disent toutes oui , L’Auberge rose , Bonne à tout faire je cite, itou sévit, instituteur un jour, instit pour la vie, dans un domaine désormais dénommé « littérature jeunesse », peste. Conseillé par un certain Frédéric Dard, le voilà dare-dare à rédiger de multiples polars, dont encore Les Raisins de la mort , whodunit viticole carrément contemporain du film homonyme de Jean Rollin, sorti en 1978, avec lequel il n’entretient néanmoins aucun lien, sinon celui d’une œnologie de terroir propice « à vous dégoûter du pinard », en effet, comme le résume un docte gendarme descendu de sa chouette « Estafette ». Si la première partie du bref bouquin presque malin, jam...

Nikita

Image
  Un métrage, une image : Un espion ordinaire (2021) Mister Krushchev said we will bury you I don’t subscribe to this point of view Sting, Russians Face au soin de la reconstitution, tradition d’Albion, sur petit ou grand écran, n’importe quel essai hexagonal paraît provincial, même si les plus sarcastiques, miraud Truffaut, ne manquent d’assimiler le cinéma anglais à un musée, à un magasin d’antiquités. Biopic assez sympathique et en définitive anecdotique, Un espion ordinaire , c’est-à-dire, en VO de vocable français, The Courier , participe de ce chic idiosyncrasique, en sus se soucie de ressusciter une période (tré)passée, celle de l’équilibre de la terreur atomique, sur fond de relations refroidies entre l’URSS et les États-Unis, du côté de Cuba, ça ne rigola pas, because missiles so sixties . Personne, ni à l’Est, ni à l’Ouest, toutefois ne confondra ce (télé)film trop tranquille avec le lucide L’Aveu (Costa-Gavras, 1970), le ludique Panic sur Florida Beach ...

Le Chat à neuf queues

Image
  Notes ad hoc sur la BO du Dernier Tango … On peut penser du modéré mal de l’homonyme et masculin mélodrame commis par le défunt et fourbe Bernardo Bertolucci, souvent réduit dans le souvenir collectif, mauvais signe, à une trop célèbre scène de beurrée sodomie, bon appétit, ma chérie, ma Maria (Schneider) démunie, toutefois la musique du film s’avère une vivante réussite. Certes il ne s’agit pas ici de déposséder le sieur Gato Barbieri de son sens de la composition ni de l’exécution, ah, c/ses petits cris à la Keith Jarrett, mais d’affirmer que l’ album majeur doit aussi beaucoup au labeur d’arrangeur et de directeur de l’éphémère car cardiaque, voire stakhanoviste, Oliver Nelson. Ce soundtrack immersif captive l’écoute parce qu’il capture l’acoustique, délocalise et ressuscite un style puissant et subtil, à l’instar du compatriote et contemporain Astor Piazzolla. Ces deux hommes-là, d’ailleurs et de là-bas, ne révolutionnent rien et pourtant transcendent chaque instant, e...