Le Labyrinthe de Pan : Le monde ne suffit pas
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Guillermo del Toro. Devenu le fonds de commerce paresseux du fantastique hispanique, le franquisme (sa représentation, plutôt) rencontre ici une fantasmagorie hautement référentielle. Ofelia (voilà, voilà) meurt dès le départ et le film, assez long, lisible en version féminine du déjà raté L'Échine du Diable (on ne dira rien de l’anémique Cronos ni de l’infernal Hellboy ), retrace de manière scolaire, privée de toute vraie surprise, sa découverte du pays dédoublé des horreurs. La superficialité décorative caractéristique du réalisateur relit son éducation catholique (motif central du sacrifice d’Abraham), se borne à la caricature (républicains héroïques, capitaine œdipien) et résout la tension entre les univers, l’ambiguïté de leur césure, par une question de perception, une réalité de subjectivité : à l’orpheline combative le royaume solaire, au père indigne les ténèbres du vide (l’ultime plan floral et ...