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Le Labyrinthe de Pan : Le monde ne suffit pas

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Guillermo del Toro. Devenu le fonds de commerce paresseux du fantastique hispanique, le franquisme (sa représentation, plutôt) rencontre ici une fantasmagorie hautement référentielle. Ofelia (voilà, voilà) meurt dès le départ et le film, assez long, lisible en version féminine du déjà raté L'Échine du Diable (on ne dira rien de l’anémique Cronos ni de l’infernal Hellboy ), retrace de manière scolaire, privée de toute vraie surprise, sa découverte du pays dédoublé des horreurs. La superficialité décorative caractéristique du réalisateur relit son éducation catholique (motif central du sacrifice d’Abraham), se borne à la caricature (républicains héroïques, capitaine œdipien) et résout la tension entre les univers, l’ambiguïté de leur césure, par une question de perception, une réalité de subjectivité : à l’orpheline combative le royaume solaire, au père indigne les ténèbres du vide (l’ultime plan floral et ...

La Part des ténèbres : Les Oiseaux

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On conservait l’agréable souvenir d’un film imparfait vu en salle et VF au siècle dernier : son visionnage en DVD (donc en VO) pourvu d’un master haute définition affine et revitalise l’avis – ça ne change pas, un homme, un homme, ça vieillit , bramait l’immortel Johnny, notre King aux origines belges…  Bird of Prey Flying high Am I going to die Jim Morrison,  An American Prayer Le générique de début indique The Dark Half  et cette « sombre moitié », traduction littérale, presque toujours préférable, se voit devenir dans la langue de Descartes et Racine (la raison, la passion) La Part des ténèbres , équivalence littéraire, pratique et poétique, à mi-chemin du fantastique et de la foi. Plutôt que le Dark Knight(riders), la transmutation lexicale nous évoque My Dark Places de James Ellroy, muté ici en Ma part d’ombre (ce livre-enquête captivant et poignant représente un magnifique requiem maternel). Le nom de Timothy Hutton apparaît, avec lequel Geor...

A Sound of Thunder : L’Ombre et la Proie

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Où un accélérateur de particules sert de portail temporel, une chercheuse se transforme en poisson-chat et une tasse de thé devient, par la grâce de sous-titres approximatifs, un café offert… Non seulement l’adaptation (par les scénaristes de l’ensablé Sahara ), avec son marxisme de maternelle et son écologie hollywoodienne, trahit l’esprit de Bradbury, sa nouvelle prophétique (1952) sur les conséquences cosmiques d’un papillon écrasé durant un safari préhistorique au futur associant, finalement et funestement, à la lueur alternative du fascisme, coup de fusil et de tonnerre, mais encore cet ersatz de film (impossible d’y croire, de s’en soucier un centième de seconde), véritable échec critique/public programmé, à la fois court et interminable, cumule des CGI de téléfilm fauché (la banqueroute du studio affilié à la Warner d’Andrew Stevens, le scanner œdipien de Furie , n’explique pas tout), une distribution calamiteuse ( Sir Ben Kingsley cachetonne teint en albinos, comme ...

New World : Election

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Comment succéder à un prédateur défunt ? En semant autour de soi les « graines de la discorde » et en récoltant au bon moment les fruits rougis de l’arrivisme…   « Toute cette violence… » se lamentait Eliot Ness au terme des Incorruptibles signé De Palma/Mamet. À la fin de New World , Ja-sung siège littéralement sur le toit du monde, dans le beau bureau de la Goldmoon, ce syndicat du crime (un salut à John Woo, of  course ) à l’image d’un trust industriel, le gangstérisme en reflet naturel, à peine extrême (Orient) du capitalisme, et inversement, évidemment. Pour en arriver là, il lui fallut bien du courage (chantait Brel à propos de ses vieux amants) et surtout moult outrages (un clin d’œil à Kitano, certo), l’exécution inaugurale d’un supposé traître, avec coups de marteau dans un entrepôt à contre-jour, comme un simple exercice pour le grand massacre final, enchaînement vertigineux d’assassinats en jeu de dominos macabre et inéluctable....

The World of Silence : Le Pays des sourds

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Quinze ans après, te voici revenu chez ton oncle envolé en Corée. Ulysse attristé, qu’y viens-tu chercher, sinon une vraie raison de vivre, ou de mourir ?  On dit (je confirme) que notre vie peut basculer d’un instant à l’autre, qu’il existe un avant et un après certains événements. Dans The World of Silence , ce moment survient au tournant de la première demi-heure, quand le protagoniste avise un gosse assis au loin dans la rue, sur le seuil d’une maison. Il sourit, décide de le prendre en photo, petit cliché pittoresque, poulbot de Séoul, mettons. La double distance de l’espace et de l’appareil le protège, peu importe que son sujet le regarde droit dans l’objectif, le remarque à peine. Mais l’optique montre qu’il se nourrit d’ordures, qu’il semble hagard. Le photographe solitaire, mélancolique, à la limite de l’autisme soft , félicité par l’édition locale du National Geographic pour l’expressivité de ses portraits cosmopolites, ne peut plus se retrancher derrière ...

La Dernière Bataille de Genghis Khan : Non ou la Vaine Gloire de commander

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À quoi bon bâtir un empire puisqu’il faut mourir ? Au soir du pouvoir, oser croire ou dire au revoir… Production sino-coréenne-nippone – essayée dans les années 60, l’Europe du cinéma n’existe pas, quant à celle des politiques, elle creva autrefois du côté de Sarajevo, elle agonise aujourd’hui en Syrie, continuez comme ça, les gars , mais ne venez pas vous plaindre ensuite du Brexit ni de la sempiternelle « montée des extrêmes » – estimée à quinze millions de dollars , soutenue en tant que Jet Li One Foundation Project , signée du sexagénaire Wang Ping (il produit aussi), La Dernière Bataille de Genghis Khan  [ sic ] dissimule (à peine), sous les atours toujours vendeurs de la « fresque historique », du « grand spectacle exotique » (calculez un peu le nombre de figurants payés au « bol de riz », évidemment, cinéphiles à la peau blanche, au cœur noir), de la « reconstitution à couper le souffle » (alors que l’ai...