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Amérique. Les années noires : Les Misérables

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  William Burroughs ? Floyd Burroughs… Sous l’égide directive du directeur Roy Stryker, une dizaine de photographes fameux – dont les incontournables Walker Evans & Dorothea Lange – affiliés à la FSA (Farm Security Administration) documente et immortalise in situ , en instantané(s), de 1935 à 1942, une Amérique (nordiste) sudiste, raciste, à la misère douce-amère. La Section Historique se soucie ainsi de sociologie, de témoigner d’une rurale réalité ; en décembre 1941, elle se voit vite rattachée au Service d’Information des Armées, changement d’ère, entrée en guerre. Il en demeure donc de riches archives, estimées à 70 000 tirages et 70 000 négatifs, sans compter les 100 000 censurés, l’ensemble cédé à la Bibliothèque du Congrès. En coda de son introduction, Charles Hagen émet l’idée de « documents en partie mensongers », se demande où disparurent le « désespoir », la « colère » (ses raisins steinbeckiens puis fordiens)...

Don Giovanni

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  Un métrage, une image : Benjamin ou les Mémoires d’un puceau (1968) À la clémentine Jacqueline Laclos au creux et au cœur de Watteau, OK , illico , mais Benjamin ou les Mémoires   d’un  puceau se souvient aussi, pardi, de Belle de jour (Buñuel, 1967), mon masochiste amour, jusqu’à réutiliser, voire refourguer, de facto son trio, reformuler une fameuse et fantasmée humiliation, bye-bye à la boue, bienvenue à une verte flagellation, annonce en sus Raphaël ou le Débauché , sorti trois ans après, encore La Lectrice (1988) bien sûr complice, érotique et pudique. Au côté de l’incontournable Nina Companeez, co-scénariste, dialogueuse et monteuse, l’habile Deville délivre donc un divertissement intelligent, à contre-courant du temps, qui n’oublie, évidemment, d’adresser un clin d’œil au carré au Don Juan ou le Festin de pierre du presque contemporain Molière, même s’il en minore, sinon omet, la dimension satirique, allez. Il s’agit, en résumé, d’une étu...

Y tu mamá también

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  Un métrage, une image : Le Cœur à l’envers (1980) À Jacqueline de Castille Co-écrit, ou plutôt commis, par des complices de Claude Chabrol & Roman Polanski, à savoir la scénariste Odile Barski et le dialoguiste Gérard Brach, Le Cœur à l’envers s’inscrit ainsi dans le sillage d’un autre âge, celui de l’inceste au ciné, en version seventies SVP. Il ne saurait cependant, pas un seul instant, rivaliser avec les déjà très surestimés Le Souffle au cœur (Malle, 1971) et La luna (Bertolucci, 1979), diptyque historique et pudique, a fortiori lorsque comparé aux spécialisés opus pornographiques, imagerie américaine numérisée de notre modernité masturbée, même déminée, pasteurisée, selon ses épuisantes et épuisées stepmommies en série, l’explicite étasunien toujours en définitive puritain, hein ? Construite en boucle bouclée désenchantée, l’histoire de restauration, familiale, picturale, aux deux tiers se déroule à Paris puis durant le dernier se trame en Espagne, charme to...

Attention les yeux !

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  Un métrage, une image : La Vitrine du plaisir (1978) L’ opus apologétique, dépourvu de la plus petite perspective critique, reprend le plan du parcours initiatique, réutilise la structure é(n)culée du récit (trop) joli, voi(r)e en voix off : du gonzo journalistique au gonzo pornographique, il suffit ainsi d’un pas, pour Pascale en tout cas. Ni portrait spécialisé, façon Exhibition (Davy, 1975), ni mélo en trio, à l’image de L’important c’est d’aimer (Żuławski, 1975 aussi), La Vitrine du plaisir , aka Tout pour jouir ! , se donne donc des airs de vrai-faux documentaire, participe du périple publicitaire, met en abyme Gérard Kikoïne, lequel dirige son équipe en fellinien marionnettiste, en écho au Federico concon de Satyricon (1969, année érotique, Gainsbourg ne se goure), fais-ci, fais-ça, comme ceci, comme cela, couci-couça, le silence du son direct, on l’éjecte. La scribouilleuse un brin boudeuse, bien de son temps d’antan, résidente de capitale hivernale, va déjà à v...

Jennifer 8

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  Un métrage, une image : Hors d’atteinte (1998) L’éclectique et anecdotique Steven Soderbergh se refit ainsi une santé critique, grâce à ce sentimental polar transposé d’Elmore Leonard. Disons-le d’emblée : son Miami entre amis à lui lasse assez vite, ne possède pas une seule seconde la maestria d’opéra d’un De Palma ( Scarface , 1983). Quant à l’étreinte enneigée, alternée, amusée, à Detroit délocalisée, de Sisco & Foley, singeant une scène célèbre du Ne vous retournez pas (1973) de Nic Roeg, autre monteur promu réalisateur, elle montre idem ses limites, a fortiori fantasmatiques. Comme le ridicule ne tue pas, pas même au cinéma, notre palmé cannois ne renoncera à remaker de manière médiocre un certain Tarkovski ( Solaris , 2002), à commettre l’interminable et pseudo-didactique Traffic (2000), à côtoyer, via un risible Équilibre , l’envoûtement manuel de Wong Kar-wai et l’ennui poli selon Antonioni ( Eros , 2004). Si l’on risque, qui sait, de visionner un jo...

La Marche nuptiale

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  Un métrage, une image : Docteur Jekyll et M. Hyde (1931) Longtemps avant Bob Clark ( Black Christmas , 1974) ou John Carpenter ( La Nuit des masques , 1978), Rouben Mamoulian commence cette remarquable et remarquée (rare Oscar concédé à un film horrifique, la brillante performance de Fredric March l’explique) relecture de Stevenson (scénario de Percy Heath & Samuel Hoffenstein, auteur du Magicien d’Oz , de Laura , d’un diptyque pour le délocalisé Duvivier) via un virtuose et troublant travelling avant, en POV bien épaulé par Karl Struss   ( Le Dictateur , Les Feux de la rampe , La Mouche noire ) à la direction de la photographie & William Shea (plusieurs Lubitsch) au montage, tandis que Wally Westmore ( Les Dix Commandements + six titres pour Hitchcock, dont Sueurs froides ) s’occupera de maquiller l’acteur en homme des cavernes victorien, de Miriam Hopkins amant puis assassin, excitante et innocente putain (merci à l’époque bénie du Pré-Code Hays), sa...

Corrina, Corrina

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  Un métrage, une image : La Proie de l’autostop (1977) Voici donc une comédie noirissime, aux allures impures de vrai-faux western excessif et existentialiste, qui se charge à charge d’une certaine et médiocre image de la masculinité, transalpine ou point. S’il revisite la violence sexuelle des Chiens de paille (Peckinpah, 1971), cette fois-ci assortie du second couple pas si en (dé)route, surtout sarcastique, de Guet-apens (Peckinpah, 1972), Festa Campanile, par ailleurs auteur de l’amusant Ma femme est un violon (1971), pensée attristée pour Laura Antonelli, quel gâchis, de l’émouvant La Fille de Trieste (1982), grâce à Jacqueline Waechter découvert, en sus scénariste pour Risi ( Pauvres millionnaires , 1959), Bolognini ( Le Mauvais Chemin , 1961) ou Visconti ( Rocco et ses frères , 1960 + Le Guépard , 1963), filme sèchement un enfer moderne, dont l’aridité désertique et définitive reflète de fait l’âme perdue de personnages plus pires les uns que les autres, excep...