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Soy Nero : Soldat bleu

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Rafi Pitts. « Un film sur la solitude et l’absurdité » résume à raison l’intéressé, qui paya du prix de l’exil la réalisation puis la diffusion du stylisé, en colère, The Hunter . Bien moins formaliste, tout autant lesté d’obscurité, cette fois-ci au risque du stéréotype, voire du vide,  Soy Nero signe son retour, six ans après, c’est-à-dire en 2016. En 1721, le Montesquieu planqué à Amsterdam des Lettres persanes se demandait comment l’on pouvait être français ; ici, Rafi Pitts, Iranien francophone formé à Londres, épaulé par le co-scénariste roumain Razvan Radulescu, financé par l'Allemagne, la France, le Mexique, semble s’interroger sur l’identité américaine, en réalité suit le périple d’un juvénile Latino de Los Angeles enrôlé de son plein gré, par nécessité, sous les drapeaux US, toile d’étoiles que l’on replie au début du film en automates d’enterrement, remerciements compassés de la démo...

Dr. Jekyll and Mr. Hyde : Caché

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L’identité comme maladie, la drogue répit, le film expérience réflexive.     Instant troublant, insolite, au bord du risible, annonciateur de The Thing (John Carpenter, 1982) : durant son sommeil très troublé, le docteur meurtrier matérialise sa hantise sous la forme en surimpression d’une araignée démesurée, à tête humaine, la sienne, la malsaine, qui contourne le lit, monte dessus, recouvre son corps ; on pense au Cauchemar de Johann Heinrich Füssli (1781), voire à Ça de Stephen King (1986). Davantage que Robert Louis Stevenson, la transposition de Clara S. Beranger, scénariste stakhanoviste pour Cecil B. DeMille, évoque Oscar Wilde, moralité muette de tentation cédée, assumée, in fine suicidée, bague létale de Renaissance empoisonnée incluse. Elle permet de découvrir John Barrymore, frère de Lionel, grand-père de Drew, acteur-comédien au profil aquilin, surnom de profession. Saluée à l’époque, sa prestation persiste à impressionner presque cent après, va...

La Fiancée du monstre, Plan 9 from Outer Space, Night of the Ghouls : Revoir Ed Wood

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Suite à leur visionnage sur le site d'ARTE, retour sur les titres d’Ed Wood. Il suffit d’un avis – comme les trous du cul, chacun possède le sien, Harry Callahan ne nous contredira pas – pour vous pourrir la postérité, mais en 2018, qui se soucie du palmarès ironique des frères Harry & Michael Medved, à l’intitulé animalier ( The Golden Turkey Awards , 1980) ? Que le tandem critique vomisse Raquel Welch & Richard Burton, libre à lui ; qu’il élise le sympathique Robot Monster (Phil Tucker, 1953) en sommet de ridicule et Ed Wood + Plan 9 from Outer Space en parangons du pire, cinéaste/film, pourquoi pas ? Laissons ces classements à la con, pléonasme, et apprécions dépourvu d’ a priori , merci. Cette trilogie apocryphe, personnage du cop Kelton en point commun, séduit constamment, amuse à bon escient, se caractérise par son intégrité, son unité, sa diversité. Il ne s’agit pas ici de « réhabiliter » le réalisateur, de le canoniser à contre-courant, de le plac...

Have a Nice Day : Night on Earth

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Liu Jian. Au cours d’un discours philosophique ironique entre prolétaires autour d’un verre, on entend une évidence, « Les gens ont besoin d’une vie spirituelle », on énumère les trois niveaux de liberté à l’ère du consumérisme, au marché, au supermarché, en ligne. Durant une nuit sans répit, cependant engourdie dans sa propre autarcie, un magot d’un million dérobé joue les furets. Il passe par ici, il repassera par là, il finit trempé par la pluie, alors que son propriétaire gangster , auparavant renversé, se relève avec difficulté. Fin ouverte et boucle bouclée selon ce métrage d’animation déprogrammé à Annecy, adoubé par Jia Zhangke. Réussite drolatique, Have a Nice Day cartographie une partie de pays, chorégraphie un massacre ankylosé. Il aligne les personnages multiples et dessine leur destin funeste. Composé de plans fixes, doté d’un travail évocateur sur le son, l’ opus se po...

Légendes d’automne : The Chow Must Go On

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Nécrologie jolie ? CV à saluer. La discrétion médiatique du récent décès de Raymond Chow ne surprend ni ne choque : art amnésique, y compris lorsqu’il pratique le piètre recyclage post -moderne, le cinéma ne se souvient pas, oublie vite, chaque mercredi fait table rase en espérant faire salle pleine. Passons sur cette situation, méprisons les épiciers, congédions aussi la nostalgie – se remémorer Raymond revient à revisiter une trentaine d’années de cinéma chinois et ceci ne sent la poussière, point le sapin. Chow, on le sait, s’émancipa des frères Shaw, exécutif homophone, créa la Golden Harvest en compagnie de Leonard Ho, second transfuge spécialisé dans la publicité. Auparavant, le natif de Canton reçut une éducation catholique, suivit des études de journalisme, étudia les arts martiaux, trouva sa voie à la radio, via le Voice of America de HK. Artisan d’une suprématie asiatique, celle de la Shaw Brothers, enfin victorieuse de sa rivale la Cathay, Chow finit par s’ins...

…où naissent les statues. : Onze jours, Onze nuits

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Un conte d’automne à contretemps et contre-courant.    Malgré la photo froissée d’une « nymphe » dénudée, on se gardera d’évoquer l’adultère selon Joe D’Amato (1987), le sous-titre de cet article plutôt en référence à une hécatombe historique, de défilé funèbre. Film en images fixes, à l’exception de flots de circulation autoroutière comme issus de l’acmé-coda du Verdict de Kafka (1913), d’une chute de feuilles entrevue, …où naissent les statues. (2011) fait bien sûr penser à La Jetée (Chris Maker, 1962), au Temps scellé (1986) d’un Tarkovski, voire à Blow-Up (1966) d’Antonioni, parc existentialiste compris, femme enceinte substituée au cadavre anonyme, certes. Mais il existe de manière autonome, il exerce tout seul sa séduction de saison, double acception. « J’étais simplement un vieil homme seul, sur la fin, qui se demande encore ce qui vaut la peine d’être vécu » : ainsi le protagoniste résume en voix off l’argument du métrage, trilo...

The Blob : The Thing

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le tire de Irvin S. Yeaworth, Jr. Communisme ? Œcuménisme. L’Invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956) ? La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955). En 1958, « Steven McQueen » devient Steve Andrews et semble atteint de démence, comme l’indique « le film dans le film » Dementia , aka Daughter of Horror (John Parker, 1955). Lui aussi, en Pennsylvanie, va vivre une nuit éprouvante, va tenter de convaincre la petite ville d’un Danger planétaire , retitrage de ressortie so seventies , affiche fallacieuse à la Frank Frazetta en sus, en vérité très stellaire, in extremis refoulé en Arctique, pas encore touché par le réchauffement climatique, déjà exploré par The Thing from Another World (Christian Nyby, 1951). D’une chose à l’autre : en 1982, John Carpenter localise son eschatologie en Antarctique, à l’exact opposé géographique, amusante manière de se déma...