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The Premonition : La Main sur le berceau

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Enfermer tel Foucault sur des rives placides, ou alors s’identifier aux déclassés. Ce mélodrame maternel sur fond de « précognition » mérite son exhumation. Inédit en salles hexagonales, pourtant présenté au Festival d’Avoriaz un an avant Carrie au bal du diable , il possède quelques harmoniques, au moins thématiques, avec le juste-futur récompensé. Ni virtuose ni bouleversant, le métrage charme autrement, par sa modestie, sa sincérité, sa singularité. Disponible en ligne dans une VO de VHS sous-titrée en grec, cosmopolitisme sympathique à l’ère du numérique, il conserve son climat particulier, jamais arty , souvent weird . Démuni, visiblement privé de moyens, sombré dans l’amnésie du marché, dans l’oubli de la cinéphilie, de surcroît supposée spécialisée – les genres n’existent pas, n’existe que le cinéma –, il s’apprécie à sa mesure débarrassée d’impostures, de boursouflures. Tout commence comme dans Le facteur sonne toujours deux fois  : substituée à John Ga...

Edge of Sanity : Susana la perverse

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  « Connais-toi toi-même » conseillait Socrate – et quid du diable à domicile ? Je l’ai dit, je le dis, et je le répète : les femmes, je suis contre... tout contre. […] Je ne peux m’en passer car la femme est une drogue des plus violentes et des plus coûteuses. Guitry Docteur Jekyll un jour a compris Que c’est ce Monsieur Hyde qu’on aimait en lui Mister Hyde, ce salaud A fait la peau, la peau du Docteur Jekyll Gainsbourg Voyeurisme infantile de « scène primitive » et introductive durant une orageuse nuit au creux d’une écurie, avec pendaison par les pieds, fessée rousseauiste administrée par l’étalon au milieu des étalons, défiguration de gourgandine moqueuse d’humiliation : nul de s’étonnera que l’honorable médecin se réveille en sursaut sous le choc de ce souvenir-cauchemar-fantasme. Épargnons au lecteur l’énumération des adaptations du court roman de Stevenson pour situer celle-ci, sortie en 1989, juste avant les ré...

Darkside : Les Contes de la nuit noire : Cuisine et Dépendances

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Face obscure, narrations pour mistons ? Plat loupé à l’éventé fumet.     N’importe quel professionnel (de la profession) l’assurera : un film doit énormément à sa direction de la photographie et même un ratage surnage au naufrage grâce à l’éclairage. Soignée, variée, réchauffante et glacée, celle de Robert Draper, surtout actif à la TV, notamment dans une crypte presque identique, constitue à la fois la meilleure raison et la plus dérisoire de découvrir hier soir, en retard, au hasard, ce métrage désespérément sage, dont on se demande (ou pas) encore comment et pourquoi Michael Cimino le prima à Avoriaz. Au moins Deux yeux maléfiques , son concurrent direct avec Romero en partage, possédait-il en matière de matou chelou celui du segment very réussi (et réflexif) signé Dario Argento, avec Harvey Keitel en Weegee poesque. Le scénario falot de Michael McDowell, collaborateur de Burton & Selick, ici associé à George A., adapte Doyle & King à base ...

At the Mercy of the Darkness: Ayano’s Bizarre Delusions : La Main du cauchemar

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Source enivrante et désarmante des femmes, des larmes, des images miroitées. Le manga en chair et en os, littéralement, à fleur de peau d’Ayano en solo, s’ouvre sur une mousseuse masturbation à la Pulsions . Madame Mizoguchi, insomniaque onaniste, se lève la nuit pour se faire du bien dans sa salle de bains. De l’autre côté de la porte vitrée entrouverte, à l’opacité pudique (ou priapique), un spectre emprunté à Ring se manifeste soudain, amputé de sa mimine sinistre, au sens propre et figuré (pas vraiment Paul Newman, votre serviteur s’avoue lui-même gaucher). Voilà donc un métrage de main(s), membre plaisant et inquiétant, source d’agrément et d’humiliation. Mariée à son ancien professeur déclassé, qui la traite en bouche à bite (permettez-moi cette crudité de sushi ou souci), en bonniche à la niche, qui mate sous son nez (ou une autre partie de son anatomie) de la branlette mal éclairée en ligne (uniquement du « deuxième sexe », remarquez-le), la téléprospectrice...

Amityville: The Awakening : Le Jour où le cochon est tombé dans le puits

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Le lit médical et la mort cérébrale, la légende et le vide, la cave et le cave. Un film méta ? Un mélodrame maternel ? Un récit de possession ? Un imbuvable navet commis par un ami du dispensable Alexandre Aja – à défaut de donner dans l’auteurisme hystérique d’un Pascal Laugier (l’amateuriste et supposé antisarkozyste Martyrs ), voilà ce que l’on vous autorise à (dé)faire aux USA, en matière d’horreur remakée, eh ouais. La seule source d’épouvante de ce métrage merdique, à la sortie sans cesse repoussée puis autorisée en gratuité, comme on se débarrasse de quelque chose de dégueulasse, réside dans Jennifer Jason Leigh, mère désespérée convertie à la démonologie (et veuve de cancéreux, mes aïeux) momifiée à l’image d’un film totalement inanimé, écrit par un illettré (cinématographique) et joué par un casting de MJC. Mais que fallait-il attendre de Jason Blum, l’épicier, pardon, le producteur très enrichi des Paranormal Activity  (au lieu du Scope de cercu...

Le Dernier Vice-Roi des Indes : Diplomatie

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  Un microcosme cosmopolite, une poudrière de frontières, une mémoire intime. « L’Inde est un navire en feu » résume poétiquement Pug le conseiller au candide Dickie : pour à peine quatre euros, dominicale séance sous-titrée de printemps, en tout cas au cinéma, voici votre serviteur anglophile illico transporté au creux d’un palais sucré-épicé en 1947. Quand la réalisatrice de Joue-la comme Beckham et Coup de foudre à Bollywood , pas vus, pas pressé de les voir, je l’avoue, se préoccupe de partition et de Pakistan, cela donne un peu Devdas sur La Route des Indes . Certes, le classicisme frise l’académisme et le complot s’apparente à une imposture. Churchill cartographe prophétique et cynique, épris du pétrole, protégeant l’Empire britannique de la Russie soviétique (et des USA en embuscade) ? Laissons les historiens (r)établir la véracité d’un récit de toute façon suspect, en effet toujours « écrit par les vainqueurs », précise un aphorism...

Hollywoodland

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Une oeuvre, un plan : Maps to the Stars   (2014) « Tous les agents trahissent » entendait-on jadis dans le mélancolique Festin nu  : Maps to the Stars le démontre misérablement. En partie produit par Saïd Ben Saïd, déjà financier des naufrages de Inju : La Bête dans l'ombre (Schroeder, 2008), Carnage (Polanski, 2011), Passion (De Palma, 2012), écrit par Bruce Wagner, vil avatar de Billy Wilder, scénariste discutable ( Les Griffes du cauchemar , Wild Palms ) et romancier raté ( Toujours L.A. , pavé pollué par le name-dropping ), tourné en compagnie d’une équipe solide (la sœur Denise aux costumes élégants, Carol Spier aux décors chicos, Ronald Sanders au montage millimétré, Peter Suschitzky à la direction de la photographie veloutée, un bémol pour Howard Shore, coupable d’une partition totalement anecdotique, aux accents atmosphériques, pathétiques et exotiques peu inspirés), le dernier film à ce jour (et tout court ?) du réalisateur canadien brièv...