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Chair pour Frankenstein : Les Enfants du silence

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La porte d’entrée dantesque d’un diptyque à vous « filer la trique », à vous en faire « mal aux zygomatiques » ? Pas vraiment, heureusement, horriblement et merveilleusement…  Nul cinéaste ne l’ignore : chaque film s’avère une expérience in vivo , l’élaboration d’un corps à partir d’éléments épars, la mise au monde par procuration d’une créature revenue d’entre les morts. Le tournage, les postes et les collaborations, la distribution-projection et la nature funéraire du « septième art » en font le terrain de jeux naturel des héritiers plus ou moins reconnus de Mary Shelley, le terreau fertile dans lequel enraciner leurs innombrables variations du récit matriciel. Oser passer derrière une caméra revient donc à jouer au baron, au Re-Animator , à rassembler des morceaux de chair, des peaux de pellicule, des tas d’octets, à concurrencer Dieu, mort, absent ou instrumentalisé, davantage que ses petits camarades au box-office . Que cette m...

Jack le chasseur de géants : Honneur à la Warner

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Ma Warner à moi, voilà… Jusqu’à la première moitié du siècle dernier, croyez-le ou non, les films n’appartenaient pas au réalisateur. De nos jours, le plus transparent des exécutants se voit honoré des mentions « A film by » et « Directed by ». Voici le résultat (appréciable, discutable) de cinquante-cinq ans d’émancipation artistique, d’évolution technologique, de conflit juridique et d’auteurisme critique. Tout le monde, du cinéphile universitaire au bouffeur de pop-corn , du journaliste de JT à l’employé d’assurance (sur la mort) spécialisé, s’accorde à reconnaître au cinéaste la paternité-propriété intellectuelle de son œuvre, les textes de loi, selon chaque nation, l’associant principalement au producteur, au scénariste, au compositeur. L’argent des recettes, quant à lui, se répartit en tripartie, la production, la distribution et l’exploitation recevant chacune un tiers inégal. On peut certes nuancer l’identité ou la responsabilité des ayants-droit, s...

Réveil dans la terreur : Le Maître d’école

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ted Kotcheff. Rambo racontait un retour impossible, une réinsertion manquée ; Réveil dans la terreur narre un départ sans cesse retardé, différé, in fine abandonné. Les deux films portraiturent un individu en marge, à l’extérieur (un outsider , donc) et une communauté volontiers virile, à la fois ouverte et refermée sur elle-même, ses rites et ses lois. Le paysage forestier devient un désert ocre, quadrillé à trois cent soixante degrés par le plan d’ouverture en surplomb, panoramique circulaire sur deux bâtiments miroités, une paire de rail, l’immensité dédoublée, aplatie, de la terre et du ciel (on pense au prologue admirablement interminable de Il était une fois dans l’Ouest ). Pas de putain descendant du train (mouvement ascensionnel/citationnel à la grue) en allégorie des pionniers américains riches de rêves sauvages sur lesquels ériger une société (la dialectique pulsion/civilisation irrigue l’ opu...

La Nuit des maléfices : La Griffe du passé

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Piers Haggard. « Do you like what you see ? » interroge, de manière purement rhétorique, l’impure et démoniaque Angel (William) Blake, fausse blonde peu gironde (« actrice » exécrable que Linda Hayden), à la nuit tombée (comme sa chemise de nuit immaculée), au vicaire guère émoustillé (plutôt calomnié, suspecté, libéré) par sa nudité (en bon « pervers pépère » zoophile, il préfère traquer les couleuvres ou nourrir son lapin mutique et dépourvu de la montre d’Alice). Well, not really, my dear, sorry , pourrait lui répondre le cinéphile insomniaque ou en week-end , découvrant cette exhumation (en écho à celle du prologue) tout sauf nécessaire et palpitante d’un titre « culte » (satanique, ta mère) à l’insuccès (assez) mérité. Oh, que l’on se rassure, La Nuit des maléfices (évocatrice transposition hexagonale du littéral et racoleur The Blood on Satan’s Claw ) ennu...

Después de Lucía : Graine de violence

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Non ma fille tu n’iras pas danser , plutôt subir les infamies de tes féroces camarades (de classe), avant, espérons-le, de renaître à toi-même… D’une voiture accidentée, remise à neuf, impossible à conduire, à une fille jeune et jolie sciemment, méthodiquement, détruite, puis renaissante ; entre les deux, le chemin de croix laïc ( climax à Veracruz), le calvaire profane (et banal, nous dit la fameuse/fastidieuse « rubrique des faits divers ») d’une sirène masochiste, orpheline, in fine solitaire mais résiliente, endormie sur un grand lit sans drap, se nourrissant de yaourts au sein d’une maison (la sienne, ancienne ?) squattée par la fenêtre ; à son côté, un père (doublement) endeuillé, incapable de supporter les conversations sur le mariage de ses marmitons, qui pleure, brièvement, en rangeant ses nouvelles casseroles dans sa nouvelle piaule de la capitale (de Puerto Vallarta vers Mexico, du surf au meurtre), qui finira par jeter à l’eau, pieds et...