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Inju : La Bête dans l'ombre : Mémoires d’une geisha

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Suite à sa diffusion par France 4, retour sur le titre de Barbet Schroeder. Voilà une comédie noire et réflexive sur les apparences et l’arrogance, l’identité puis la naïveté. On sourit et on s’ennuie, on suppute mais n’exulte point ( L’Empire des sens  ? Osons jolie carrosserie à court d’essence, justement tancée à Venise). Schroeder, en mode mineur, retravaille et transpose, à Paris avant l’Asie, More (dessillement dépressif), Maîtresse (SM inversé) et JF partagerait appartement (guerre de territoires intimes). Malgré la direction artistique irréprochable de Milena Canonero (création de costumes sur Orange mécanique , Out of Africa , Marie-Antoinette ), en dépit de la vive lumière de Luciano Tovoli ( Suspiria , Amnesia ), nonobstant les notes évocatrices de Jorge Arriagada ( Le Miraculé , It’s All True , surtout Ruiz), le film ne respire que durant le prologue horrifique et mélodramatique en abyme. L’invisible écrivain, dissimulé derrière le dossier surélevé de son f...

L’Insoumis : Annotations sur Alain Delon

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Dans la douceur grise de l’hiver automnal, sa flamme sombre et solaire de Samouraï … En ces temps de commémorations intéressées (instrumentaliser le passé afin de faire écran au présent), d’hommages hyperboliques (chaque « artiste » devient « immense » à sa mort lucrative, le Swan de Phantom of the Paradise s’en gaussait déjà) et de nostalgies nécrophiles (nous vomissons certes cette pathétique époque du pathos, qui nous le rend bien, du reste, mais pas au point de chérir un illusoire « âge d’or », au cinéma ou en dehors), rassurons le lecteur : on ne dressera point ici une inutile statue à l’un des meilleurs acteurs de sa génération ( le meilleur ?), toujours vivant, à peine, cependant (son absence remarquée d’un piètre portrait télévisuel « autorisé », diffusé récemment, pompeusement intitulé Alain Delon, cet inconnu , suffisait à le rendre caduc, malgré la narration empathique d’Audrey Fleurot, avec laquelle il formerait s...

Réunion sanglante : Le Plus Beau Métier du monde

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Pas de cours et nulle issue de secours, rien qu’un Zéro de conduite sans récréation et en évident trompe-l’œil… Agatha Christie s’invite à Festen … Hier, l’enseignante brimait ses élèves ; aujourd’hui, ils reviennent la voir avant qu’elle ne trépasse… Le prologue génétique va vite mais s’apparente itou à un  «  roman familial  »  (« Le mari s’est battu contre la dioxine » affirmera bientôt, doctement, un médecin), avec écoulement de sang durant des jeux d’enfants au bord de l’eau, dû à une grossesse problématique, progéniture finalement difforme, époux pendu en tons sépia … Puis un éclair laisse entrevoir la mise en scène du massacre, chacun à sa place dans le bain de sang collectif, les vivants, les morts et le spectateur dans l’attente d’une explication… Au-dehors, un flic sur le point de partir à la retraite dégote une oreille à la Blue Velvet , autre fable sur les apparences sociales et l’enfance volée (au propre, au figuré)… Mi-ja, la f...

Cello : Ma meilleure ennemie

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Oubliez le célèbre cliché de Man Ray, ne pensez pas à la regrettée Laura Antonelli dans Ma femme est un violon  : ici, le sexe s’abolit dans une danse macabre et mentale… Alors que la Corée du Nord joue les Docteur Folamour (mais de quel droit les USA lui donneraient une leçon de morale nucléaire ?), la voisine du Sud renforce sa suprématie cinématographique avec un titre sorti voici une dizaine d’années. Placé sous le double signe d’une silhouette de violoncelliste accompagnée d’une platine auprès d’un lit et d’une femme ensanglantée sur une table d’opération, l’ opus – mot littéralement idoine – épouse le rythme lent et implacable d’un métronome filmé au ralenti, conduit avec une discrète maestria vers un crescendo tissé de gore , de révélation et d’ironie. Un malaise et une menace s’immiscent dans la vie de tous les jours d’un professeur de musique n’enseignant plus. Beaux traits, belle maison, belle voiture (allemande) : tout pourrait aller bien pour Mi-j...