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Esther : La Petite

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Une adoption qui tourne (très) mal, et le foyer fragilisé s’enflamme en plein hiver, telle une cabane de gosses perchée dans son arbre tarkovskien… Pourtant produit par le redoutable Joel Silver et l’inattendu Leonardo DiCaprio, Esther mérite le détour ( mortel , bien sûr). Jaume Collet-Serra, déjà auteur du sympathique La Maison de l’horreur – qui accomplissait ce miracle laïc : rendre attachante Paris Hilton, appréciable également, mais en brune, dans le méconnu Bottoms Up –, filme avec élégance, humilité, foi et sérieux (ce qui n’exclut pas des touches d’humour qui sonnent vrai , comme ce coup de tête par inadvertance durant… une levrette), loin de tout second degré post -moderne et dans une durée (deux heures) assez inhabituelle pour le genre , abonné plus qu’à son tour aux quatre-vingt-dix minutes réglementaires, son conte de fées pour adultes (et grands enfants), dans un cadre domestique et un paysage de saison qui rappellent furieusement ceux de Chromosome 3 ,...

Les Larmes amères de Petra von Kant : Le Cinéma de Douglas Sirk

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Philip K. Dick baptisa l’un de ses romans Coulez mes larmes, dit le policier  : usons de son poétique oxymoron en clé (des songes) pour ouvrir quelques serrures d’un château de conte de fées, hélas propice à d’infernaux et poignants sévices : bienvenue à Douglas Sirkland  !    Le hasard (?) cinéphile fit bien les choses, puisque nous découvrîmes naguère, simultanément, les films de Douglas Sirk et ceux de Rainer Werner Fassbinder. Le lecteur – la lectrice – plus ou moins fidèle de ce blog doit connaître désormais notre intérêt, voire notre attirance formatrice, dans le cas du premier, pour deux genres cinématographiques généralement affublés de l’épithète « mauvais », car considérés, d’un point de vue critique, comme (très) mineurs, quand ils ne véhiculeraient pas un discours misogyne ou réactionnaire : nous voulons parler de l’horreur et de la pornographie. On laissera pour l’heure ces univers, encore injustement méprisés, pour s...

La Femme flambée : Mémoire(s) de Christine Pascal

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Une actrice, une réalisatrice et une femme à ressusciter : au cinéma, Eurydice nous attend toujours, son beau regard vertigineux droit dans le nôtre… Avant de passer derrière la caméra, alors que les femmes, dans un milieu majoritairement masculin, se trouvent plutôt devant, en obscurs et lumineux objets du désir, en idoles (presque) toujours sur le point de subir les derniers outrages (puritains) de l’attraction/répulsion scopique (cf. Hitchcock ou  Le Voyeur  de Michael Powell sur un scénario de Leo Marks, en passant par l’évolution du  glamour  hollywoodien jusqu’au  gonzo  du « divertissement pour adultes »), la  jeune et innocente  Christine Pascal, native de Lyon et sans liens particuliers avec les « professionnels de la profession », suivit des études de lettres et les cours du  Conservatoire à rayonnement régional de Lyon , naguère fréquenté par Françoise Arnoul. Comédienne de formation, amoureuse des mots, en...