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La Résidence : La Mauvaise Éducation

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Le trop rare Narciso Ibáñez Serrador signa en 1969 – « année érotique »… – un diamant noir du cinéma ibérique, fable éducative ironique autant que drame de l’amour maternel et allégorie politique du règne franquiste. Avant Suspiria et Saint Ange , mais dans le sillage de Jeunes filles en uniformes et Prison sans barreaux , tous deux réalisés durant les troubles années 30 ou Dortoir des grandes de Decoin, La Résidence s’inscrit dans l’imagerie du « film de pensionnat pour jeunes filles », presque un sous-genre en soi, avec les déclinaisons masculines de Los olvidados (l’influence de Buñuel se ressentira de diverses manières), voire Les Choristes  ! Le film, basé sur deux principes spatiaux, la clôture et la verticalité, annonce aussi une autre perle du cinéma espagnol, Les Autres , l’affection véritablement étouffante des mères portraiturées, la brune Lilli Palmer ou la blonde Nicole Kidman, conduisant à l’asphyxie de leur progéniture, dépourvu c...

Le Feu follet : Les Musiques de Michel Magne

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En 1984, Michel Magne se suicide dans une chambre d’hôtel à Cergy. Trente ans plus tard, nous revenons avec plaisir sur quelques thèmes emblématiques de ce grand compositeur, qui disait de lui-même, assumant la contradiction : « Je suis un romantique et je suis un farfelu ». On ne reviendra pas ici sur le parcours professionnel et sentimental de Magne, bien retracé dans le portrait très complet signé Jean-Yves Guilleux (avec pour intervenant « spécialisé » le précieux Stéphane Lerouge), consultable en annexe. Affirmons simplement que l’homme, et donc le musicien, cumulait les contraires, les forces opposées, et que sa disparition prématurée, à l’âge de cinquante-quatre ans, doit sans doute autant, sinon plus, à son enfance, à son caractère, à son regard sur l’existence, présents dans chacune de ses notes (et de ses mots, puisqu’il rédigea son autobiographie, L’amour de vivre ), qu’aux déboires financiers qui assombrirent la fin de sa vie, avec la débâ...

Délivrance : Les Fins de Suspiria, Le Syndrome de Stendhal et Mother of Tears

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Dario Argento, réalisateur baroque, maniériste et opératique ? Bien sûr, mais pas seulement : cinéaste familial, féminin et ludique, aussi, qui sut souvent offrir une issue de secours à ses muses plus ou moins martyrisées, à l’instar de ces trois codas en miroir.      Au détour de  Mother of Tears , le dernier volet d’une trilogie consacrée aux Mères infernales, inspirée par Thomas de Quincey, Asia Argento, reflétée dans un miroir, sourit et caresse une photographie en noir et blanc de Daria Nicolodi, ex -compagne de Dario Argento, co-scénariste de Suspiria , actrice elle-même (notamment dans Shock , le dernier Mario Bava, co-réalisé par son fils Lamberto), souriant à l’objectif (avec le réalisateur derrière ?), tenant dans ses bras sa fille, Asia bébé, née deux ans avant le premier panneau du triptyque. Dans ce plan à la fois très composé, pictural, réflexif, réaliste, anecdotique, crucial et d’une grande simplicité, délesté de tous les...

La Poursuite impitoyable : Le Début de The Thing de John Carpenter

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Tout le monde se souvient du plan-séquence qui ouvrait La Nuit des masques , plaçant le spectateur sous le déguisement inconfortable d’un enfant meurtrier. Avec The Thing , Carpenter fit aussi bien, mais différemment, pour une étrange chasse dans les neiges de vingt-six plans en trois minutes et trente secondes, annonciatrice de la fin du monde et de l’espèce humaine… En l’absence du logo de la Universal, après les noms et les fonctions du générique de début, que Carpenter voulait placer autre part, ainsi qu’il l’affirme à Kurt Russell dans leur commentaire audio, le film débute par les étoiles innombrables de la voie lactée sans limites, celle où John Merrick contemplait deux ans plus tôt le cher visage de sa mère consolatrice dans Elephant Man , autre fable sur l’humanité, la monstruosité fluctuantes et réversibles, celle, plus habituelle, qui servait de matrice au cinéma de science-fiction américain des années 50, affolé par tous les Rouges , d’ici ou d’ailleurs, par exem...