Le Maître des illusions : Le Cœur des hommes
Truffaut and Co. dorment en paix : la politique des auteurs, devenue évidence, n’agite plus guère le landerneau critique, et n’importe quel tâcheron hollywoodien, simple rouage de l’usine à (mauvais) rêves, voit son nom affublé de la mention, souvent mensongère, « un film de ». Pourtant, à l’ère du cellulaire et autre selfie , peu de films révèlent autant leur réalisateur que celui-ci, portrait impudique et attachant de l’âme tourmentée, sensuelle et solitaire de Clive Barker. Lorsque parut, au milieu des années 80, le premier volume des Livres de sang , un vent nouveau sembla souffler dans la chambre obscure, à l’air vicié, de la littérature d’horreur contemporaine, morne plaine surplombée par la tour du Roi planétaire des cauchemars sur papier (ou écran, puisque l’on ne compte plus ses adaptations pour le cinéma et la TV). Stephen King lui-même – qui d’autre ? – adouba le jeune écrivain anglais par une formule lapidaire, presque un slogan : ...