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Au pays de l’exorcisme : Les Bodin’s en Thaïlande

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  Pas de choc en toc à Bangkok, le train thaï ne déraille…   On le devinait avant l’arrivée du docte Lévi-Strauss : la « sauvagerie », relative, réversible, s’avère un point de vue, souvent malvenu. Au début, Bradley débarque, photographie, filme, se fait cirer, en contre-plongée, ses bottes de blond cow - boy , sirote sa bière, plus tard amère, souhait ensoleillé ; à la fin, le témoin capturé, captivé, flanqué d’un fils, orphelin de sa femme, ne retourne vers la « civilisation », que cristallise un hélico presque à la Coppo(la). Au lieu, seul, malheureux, de céder au désespoir, il redonne à voir le meilleur de sa mémoire, aussitôt ressuscite Maria, avec le vent, éternellement, déclarait-elle, elle l’accompagnera. Le village vandalisé, incendié, devenu « foyer » au carré, il convient de le « reconstruire », l’ultime image cadre donc cette réconciliation. Si la vie se poursuit, en dépit du deuil, de l’insecte sinistre, au...

Le Chat qui vient de l’espace

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  Un métrage, une image : Buzz l’Éclair (2022) Depuis Planète interdite (Wilcox, 1958) et L’Empire contre-attaque (Kershner, 1980), on sait que le psychodrame peut de surcroît se déployer dans l’espace, hyper ou pas, que l’ennemi intime soudain s’y matérialise, que la transmission s’assimile à une malédiction. Buzz carbure au « cristal » autant qu’à la culpabilité, Izzy aussi. Le premier éprouve une obsession de (dé)mission, ramener sur Terre les rescapés rangers  ; la seconde, en sus « spaciophobe », ne se sent digne du pedigree de sa grand-mère statufiée, sinon ressuscitée, merci à l’hologramme sentimental. Toutefois le temps file, défile, vouloir revenir en arrière s’avère délétère, le messianisme vaut moins que le pragmatisme, la vie se vit, évolue, ici, la solidarité se substitue à l’individualité. Lorsque, coincé sous un cône coloré, le bien nommé Buzz Lightyear affirme en sourdine son héroïsme, son immobilisme, dépressif, figuratif, la j...

The Purge

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  Un métrage, une image : Mafia parano (2000) Pourquoi l’assez sympa Bullock Sandra produisit ceci ? Sans doute parce qu’il s’agit d’une comédie noire, d’une histoire d’espoir, de reconnaissance et de renaissance, que les femmes, certaines, en tout cas, s’avèrent souvent tournées vers la vie, que les hommes, pas la plupart, macèrent au milieu de la mélancolie, immobilisés par la pensée de la mort, d’accord. Mayough se fait donc du mouron, il « chie de peur » dans son pantalon, au figuré, presque au propre, il monologue aux chiottes, il voudrait que l’on lui rende les dix-huit dernières années passés, dépassées, trépassées, au service de la DEA, voilà. Légendaire, amer, flanqué de flatulences, il somatise à l’instar du nazi des Bienveillantes , il ne rêve que d’une arabique seconde chance, avec « vue sur l’océan ». Hélas, fi de plage, le voici plongé parmi un double et dupliqué guêpier de mecs très tourmentés. Le flic infiltré, sans uniforme, sans a...

Les Gens de la pluie

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  Un métrage, une image : The Crucifixion (2017) Dix ans après le surfait Frontière(s) , Gens fait du tourisme en Roumanie, « pays des vampires et des loups-garous », où « tout peut arriver », en effet, a fortiori (re)trouver la foi, pourquoi pas. Opus prosélyte inspiré d’un fait arrivé, à défaut d’avéré, le confidentiel The Crucifixion possède un premier plan d’ incipit vidéo ludique, on le sait l’une des passions du cinéaste. L’exorcisme confine à l’exercice de style, au catalogue d’effets, spécieux plutôt que spéciaux, Ada Lupu n’en peut plus, nous non plus. Presque de l’autre côté du globe, à New York, un dialogue entre oncle et nièce se base sur les news  : voici le curé et ses acolytes arrêtés, inculpés, dans l’attente de leur laïc et médiatique procès. Bill, magnanime, remémore à Nicole l’abc de l’objectivité, la journaliste juvénile s’en fiche assez, se casse et s’envole fissa, lestée d’un maternel trauma . Sur place, le village semble ...

Lost Highway

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  Un métrage, une image : Les Putes de l’autoroute (1991) Tu devines vite qu’avec un tel titre, voici une virée de trivialité. Le prologue caracole, club coloré, chansonnette suspecte, déjà méta, refrain résumé, explicite et emblématique : « J’suis la hardeuse à tout l’monde/Au bout du sexe, je suis immonde  ». À la suite de cette vraie-fausse bande-annonce, censée exciter le spectateur, tant pis pour l’auditeur, prestation reprise plus tard, ne perdre à aucun prix, Marc Dorcel musique et produit, une image du métrage, diluer la durée, recycle cynique, comme un écho d’archéo aux boucles   classées X de jadis, le film commence au moyen d’une mise en abyme au carré, d’une mise en scène de l’obscène encore sonore, double décor. Au creux de l’habitacle, au fil de la nuit, de la cibi, une troupe de types se divertit, presque s’astique, en écoutant la gymnastique d'un confrère camionneur enculeur, caméo miso de Michel Ricaud. Boire ou baiser, il faut préférer...

Forza Bastia

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  Un métrage, une image : Cela s’appelle l’aurore (1955) Le prologue impressionne, accumule les cruautés, animale et enfantine, l’eau sale au sol salit un accessoire, ô désespoir, avant le gant du perspicace policier, le foulard fichu de l’épouse esseulée. Au propre et au figuré incommodée par le monde immonde du « pays pas très gai », en effet, Angela ne songe qu’à se casser sur le « continent », s’y cultiver au côté de son méprisant et méprisable papounet, le « clochard », quel cafard, de son Valerio trop dévoué, qui s’occuperait d’appréciables patients puisque payant, cabinet inclus recta par beau-papa. Madame « s’ennuie », ne rêve à la Bovary, marre des « romans », même pas de montagnard amant. Quand Clara, épiphanie d’Italie, veuve génoise et généreuse, apparaît au chevet de la gamine maltraitée par un grand-père pervers, malaise u paese, emprisonné au poulailler, les volatiles reviendront durant la traversée alitée de la v...

L’Homme parfait : Mustang

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  Possibilité de (se) tromper, impossibilité d’être (dé)trompé…   Variation de saison et ad hoc des Femmes de Stepford (Forbes, 1975) ? Davantage version locale du peut-être plus sentimental I’m Your Man (Schrader, 2022), synchronicité à la Carl des sorties, eh oui. Sous sa forme amorphe de téléfilm inoffensif, rien d’étrange, mon ange, car Orange (télé)commande, L’Homme parfait (2022) met en images trop sages la masculinité très tourmentée de notre médiocre modernité. Une avocate patraque, un acteur chômeur, un robot (h)UMAN(o) : voici le vaudeville revisité, le trio vieillot réinventé. Mais l’amant manie l’amie, Pierre-François fornique avec Frédérique, pourtant remplace le placard une cabine de batterie colorée où filer, affaibli, se recharger. Durringer et ses scénaristes ne se soucient de sociologie, de misogynie, des épouses dépourvues de blues , d’androïdes sexuels et sexués designés par un séide de Disney, afin d’assister puis assouvir le désir du peti...