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Twentynine Palms

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  Un métrage, une image : Embrasse-moi, idiot (1964) Sommet d’immoralité ? Avalanche de vulgarité ? Début de chute ? Beaucoup de conneries, hier, aujourd’hui, circulent au sujet de Kiss Me, Stupid , échec économique, critique, seconde adaptation, cf. Une femme pour une nuit (Camerini, 1952), du succès scénique, à titre explicite, L’ora della fantasia d’Anna Bonacci. Ça s’efface face au visionnage du métrage, parmi les meilleurs de l‘auteur, qui lui-même ne l’aimait pas, le qualifiait de bourgeois, à l’image du Żuławski de justement L’important c’est d’aimer (1975). Modèle modernisé, action délocalisée, actualisée, musiques de Gershwin & Previn à la place d’opéra, demeure un féminisme festif, d’amitié masculine, de complicité féminine. Le désert, on le sait, pourrait rendre cinglé, caravane ou non, renvoyons vers Craven ( La colline a des yeux , 1977) & Dumont ( Twentynine Palms , 2003, toponyme de tournage partagé), sinon se prêter à la partouze e...

Avec les compliments de Charlie

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  Un métrage, une image : Tendre et saignant (2022) Entre deux phrases de Barthes, deux chansons de Lama & Sablon, version Trenet, SVP, le fiston de Danièle Thompson raconte un conte de Noël, (dés)accorde un cours d’économie, carbure à la collision, à la communication, à la capitalisation, sinon à la complice capitulation. L’un des ultimes films de Jean-François Stévenin, père éphémère, comme aphone, endetté, décédé, il s’agit aussi, surtout, d’un hommage à sa compagne Géraldine Pailhas, à son vieilli, vaillant, émouvant visage, d’actrice assez subtile, appréciée autrefois chez Pialat ( Le Garçu , 1995), Harel ( Les Randonneurs , 1997), Garcia ( L’Adversaire , 2002), Ozon ( 5x2 , 2004, Jeune et Jolie , 2013), Campillo ( Les Revenants , 2004), Saada ( Espion(s) , 2008), oui-da. Cheveux courts, phalange étrange, Charly Fleury perd papa, emploi, trouve l’amour, retrouve le vrai goût de la vie, des naturels produits de l’artisanale, familiale, fuie boucherie, autant qu...

La Défense Lincoln

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  Humanité de l’automate, prophylaxie du patraque, solitude de la traque… Grand petit roman précis, à base de simulacres, schizophrénie, écrit à la suite de l’historique, uchronique, Le Maître du Haut Château , We Can Build You dut attendre dix ans, avant d’être en volume publié, après passage tripatouillé, parmi Amazing Stories , fameux magazine classé spécialisé. À l’instar de Pris, instable star , étoile aussi noire que ses cheveux, son regard, le texte multiplie les titres, le fondateur The First in Our Family transformé en A. Lincoln, Simulacrum , le définitif doté de l’intitulé français Le Bal des schizos , salut à celui des maudits (Dmytryk, 1958), dont la traduction revient donc à un tandem amène, cinéphilique, Anne & Georges Dutter itou auteurs de moult sous-titres, par exemple pour les opus de Fassbinder & Ferreri, Pollack & Polanski. Si bien sûr il anticipe Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? , dans une moindre mesure Ubik , on songe dav...

Le Coup du parapluie

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  Un métrage, une image : La police a les mains liées (1975) Cinq ans plus tôt, Britt Ekland descendait prendre le dernier métro, Eurydice d’une dystopie dont la surface affichait d’intouchables cadavres intacts ( I cannibali , Cavani, 1970). Cinq ans plus tard, Milan ressemble encore au royaume des morts, donc des vivants en sursis, qui le savent ou l’ignorent, tel cet assassin descendu/hissé sur un escalator , anticipant ainsi celui de L’Impasse (De Palma, 1993), ses pieds inanimés toujours agités, via le mouvement indifférent, face au commissaire vénère, debout, de lui venu à bout. Si la justice se doit d’être aveugle, voire aveuglée, le ciné devrait dessiller, donner à regarder doté de douloureuse clarté, quitte à scruter l’obscurité. Opus d’objets, presque à la Perec, énumérons un réveil, une valise, un briquet, une clé, un chamberlain malsain, une ardoise magique, de subterfuge phonique, La polizia ha le mani legate comporte un policier + un suspect tous deux lun...

La Lune dans le caniveau

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  Un métrage, une image : Irma la Douce (1963) Mais ça c’est une autre histoire Gérard Blanc Irma la Douce se termine comme Conan le Barbare (Milius, 1982), encore un conte d’éducation, d’émancipation, de narration en voix off , le rauque Mako remplace le doux Jourdan, de puissance sexuelle, de valeurs renversées, certes plus épique et lyrique : par une affirmation de l’infini de la fiction, coda de regard caméra amusé, assumé, en rime à celui de Shirley, descendue du billard où danser, au son de Dis-Donc . Exit la (jolie) musique de Marguerite ( Monnot ), précieuse compositrice pour Piaf, hors et au ciné ( Les Amants de demain , Blistène, 1959), puisque Previn revient, repart pourvu d’un Oscar. Diamond & Wilder ne remettent le couvert de La Garçonnière (1960), ralentissent la rapidité, disent adieu à l’actualité de Un, deux, trois (1961), adressent des clins d’œil à Kubrick ( Lolita , 1962) & Lean ( Le Pont de la rivière Kwaï , 1957 + Lawrence d...

Tiresia

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  Un métrage, une image : Les Cannibales (1970) De Cavani, qui ne connaît (que) Portier de nuit (1974) ? Quatre avant ce scandale sentimental, elle se soucie de Sophocle, surtout de l’époque. Anouilh dérouille ? Ekland s’y colle, Boccardo illico , Clémenti à la mer, Milián se mouille. Britt bientôt tabassée, torture de chaise à roulettes, de mecs, mazette, ressemble un brin à Axelle Red, Pierrot, en perfecto, glossolalies aussi, à un employé de poissonnerie, Tomas, méconnaissable, ne boit la tasse, résiste in extremis , tandis que Delia baiserait bien à l’improviste, à proximité de cavaliers aristos, occupés au polo . Conspué par la critique d’hier et d’aujourd’hui, I cannibali s’avère vite une comédie noire plus ou moins (in)volontaire, dont la Milan d’antan, grise et humide, (ba)lourde et (terrain) vague, évoque la Grèce d’Angelopoulos ou davantage de Costa-Gavras, car les colonels contrôlent, les généraux gèrent, l’armée maintient l’ordre et la loi, recrute de surcroît...

Identification d’une femme : Monica survivra

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  Cassavetes & Rowlands, Eastwood & Locke, Roeg & Russell ? Antonioni & Vitti… Qui donc se souviendra, aujourd’hui, de Monica Vitti, sinon les fanatiques des films de Michelangelo Antonioni, les admirateurs d’un cinéma d’autrefois, façonné en Italie, d’un autre monde, aux vies évanouies ? La Monica, ça va de soi, durant ces vingt-cinq dernières années, dut tout en oublier, car atteinte, misère, d’un Alzheimer, en écho à « notre » Annie Girardot, presque compatriote, en tout cas de co-productions d’Europe. Ironie sinistre, peut-être rédemptrice, des actrices démunies de mémoire, incapables de se reconnaître au fantomatique miroir, quelle fragilité cruelle que celle de caractéristiques crues fondatrices. Avant de voir se dissoudre son identité, son pedigree , sa mémorable renommée, qu’elle situait dare-dare au-dessus d’un Oscar, Vitti traversa quatre décennies, se fit plusieurs fois féliciter, parce qu’elle le valait bien, par les « profess...