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Un carnet de bal : Lydia

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  Première fois, dernière foi… Un carnet de bal (1937) dialogue donc à distance avec Pépé le Moko ( idem ), La Charrette fantôme (1939), Marianne de ma jeunesse (1955), sans omettre son vrai-faux remake , Lydia (1941) made in USA . L’un des meilleurs de l’auteur, ce métrage d’un autre âge accomplit davantage, au cours d’un écho onirique à celui de Zéro de conduite (Jean Vigo, 1933). Un carnet de bal carbure ainsi à la nostalgie, à la mélancolie, au romantisme sentimental, au désenchantement de maintenant, au fantastique à la française, au féminin, à la fois mental et trivial. Contrairement à Ettore Scola ( Le Bal , 1983), Julien Duvivier ne se soucie de sociologie, de chronique historique, il opte pour plusieurs épisodes reliés par le regret, une tonalité souriante et attristée. Veuve en vadrouille, Eurydice endeuillée, Christine croit pouvoir ressusciter le passé, a fortiori magnifié, fantasmé, fissa elle comprendra que cela ne se peut pas, à part au cinéma, ou si l...

Joy : Que ma joie demeure

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  Objet joli ? Collection de recollection… Irréductible à sa risible traduction, l’infidèle et factice Joy (1983) de Serge Bergon, ce petit livre assez sympathique mérite mes lignes magnanimes. « Confession » consciente d’elle-même, dimension méta de « triche » démunie de malice, « souvenirs » du meilleur et du pire, « rangés », rédigés, « histoire banale » et néanmoins « éternelle », presque complexe, peu à la truelle, Joy fonctionne à l’effet de vrai-faux reflet, de Laurey à « Lorey ». À l’orée de l’âge adulte, déjà lourde d’ardeurs, de douleurs, de solitude, de tumulte, l’héroïne déprime, avant qu’un bienvenu billet d’avion ne vienne la sauver de la dépression. Nouvelle vie en Nouvelle-Zélande, Bruce, in extremis , la demande ? Peut-être, on le lui souhaite, à cette fille d’affiches et de magazines, à demi orpheline, amoureuse de Marc, anal-ysée par Alain, jouant avec Joëlle. Aussi grave et ...

La Mécanique des femmes : La Machine molle

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  Mécanique misogyne ? Mosaïque magnanime… Site cinéphile, aussi voici : « – Je l’ai branlé dans le couloir de la sortie du cinéma, le foutre est tombé sur la moquette rouge. Lorsque les spectateurs sont sortis, je les ai regardés marcher là-dessus sans le savoir. Ça, ça me fait bander. » De librairie succès, idem adapté au ciné ( La Mécanique des femmes , Jérôme de Missolz, 2000), ce petit livre assez libre évoque une enquête subjective sur la sexualité féminine. Classé en « récit » par son éditeur, gare à Gallimard, le recueil sans écueil entrecroise ainsi souvenirs, dialogues et monologues, natures mortes, lignes « écrites » mises en abyme, tel (déjà) un montage (de l’)intime. Calaferte accumule les hommages et les témoignages, davantage que les dommages et les outrages, même s’il n’esquive la violence des avortements, saupoudre l’ensemble de sa fresque leste d’un zeste d’inceste, d’un soupçon de pédophilie féminine ou masculine, p...

Le Lien : Bergman Island

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Ingmar Bergman. Leçon de réalisation, de rédaction, d’interprétation, d’utilisation du son, des cloches écoutez la ponctuation à répétition, pas de misérable morale, pas de conduite convenable à deux balles, Le Lien (1971) commence en silence, presque à la Persona (1966), se place sous le signe des alliances dédoublées, dénouées, au propre, au figuré. Début de deuil absolu à la Camus, donc, car mort maternelle liminaire, dommage pour l’affrontement partagé, en reflet, de Sonate d’automne (1978), puisque pleurs à l’écart, dans le noir, auquel succède un marivaudage de jardinage, vaudeville visualisé, à développer, à dévoyer. On y voit le suave von Sydow (re)jouer aux échecs, comme au cœur du Septième Sceau (1957), on y aperçoit déjà le spectre de la Shoah, à l’affiche fissa de L’Œuf du serpent (1977), reptile mural ou mental, Vergerus en sus. Chronique impressionniste ponctuée de Scènes de la vie conjugale ...

Sonny Boy : Le Secret de la pyramide

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  Au miroir, se voir, se décevoir, reflet d’humanité tourmenteuse et tourmentée… L’orphelin affolant et affolé de Sonny Boy (Robert Martin Carroll, 1989) transforme fissa L’Enfant sauvage (François Truffaut, 1970) en gosse policé ; quant au clan de cannibales de La colline a des yeux (Wes Craven, 1977), comparé à sa famille à fond dysfonctionnelle, il fait figure de modèle de normalité. De la même manière, ce grand petit film libre, à la fois western moderne, conte d’éducation déplorable et impitoyable tout sauf (à la) con, comédie noire et mélodrame identitaire, éclaire d’une crue lumière le mépris, l’ineptie, de notre médiocre modernité, de son ciné vacciné, aux téléfilms friqués, à peine dissimulés, au mainstream muselé. Davantage différent que déviant, souvent surprenant et in extremis émouvant, Sonny Boy date donc de la fin des années quatre-vingt, il attendit deux ans avant d’être distribué, voire sacrifié, il ne connut aucun succès, qu’une carrière écourtée,...

Un disque, une ligne

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  Discothèque idéale ? Musique non muséale… Sinner Get Ready (Lingua Ignota, 2021) Religiosité, rédemption, excès, émotion : disque lyrique d’une (d)âme aimable, pas damnée. Piste préférée : The Solitary Brethren of Ephrata Hi (Texas, 2021) Collecte obsolète de chansonnettes suspectes, même si la stylée Spiteri défie les décennies. Piste préférée : Unbelievable Cœur (Clara Luciani, 2021) Disco sentimental assez bien goupillé, loin de l’ancien pourtant récent féminisme dégoupillé. Piste préférée : J’sais pas plaire Karma (Hélène Ségara, 2021) Mélancolie estimable, sincérité indiscutable, retour rassurant, paroles pataudes, cependant. Piste préférée : Quand vient la nuit Poster Girl (Zara Larsson, 2021) Pop suédoise sucrée, surérotisée, alors restons-en sans regret à la Calendar Girl de London. Piste préférée : Need Someone Liberté, Égalité, Féminité (Juliette Gréco, 2021) Opus posthume pour se faire de la thu...