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Le Dernier Témoin : Le Grand Alibi

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Wolfgang Staudte. « Film à thèse » filant droit et direct comme une flèche, Le Dernier Témoin (1960) séduit aussi en whodunit germanique, en mélodrame maternel. Tendu dès le début, il prend ses distances vis-à-vis de l’artifice et la police, pas seulement celle des « romans policiers », justement, dont se méfie le flic en train de fureter. Il s’agit bien sûr cependant d’une réalité tout autant stylisée que celle des « krimis » écrits ou filmés en série. Il s’agit en sus d’une sorte de codicille habile à Des roses pour le procureur (Staudte, 1959), autre item de procès, autre satire de la pseudo-respectabilité, d’une modernisation de saison des Bourreaux sont parmi nous (Staudte, 1946), de son industriel criminel insoupçonnable puis soupçonné, à main armée menacé. Nonobstant notre cinéaste inverse les sexes : la victime s’avère cette fois-ci une femme, un homme va la sauver, récuser la possible « réclusion à ...

Trois visages + Hidden : Femmes Femmes

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  Suite à leur visionnage sur le site d’ARTE, retour sur les titres de Jafar Panahi. Le croisement de Où est la maison de mon ami ? (Kiarostami, 1987) et du Goût de la cerise (Kiarostami, 1997) ? Le prolongement, voire le développent, de Taxi Téhéran (Panahi, 2015) ? Bien sûr et bien davantage. Si Bava, autre cinéaste méta, filma autrefois, par trois fois, au féminin l’effroi ( Les Trois Visages de la peur , 1963), Panahi (s’en) va vers la vie, se focalise sur des formes de féminité, par ricochet de masculinité. Trois visages (2018) s’ouvre sur un vrai-faux snuff movie , un suicide d’adolescente, d’actrice aspirante, servi au cellulaire, au sein du (presque sous)terrain platonicien et utérin d’une grotte ad hoc , en écho sans eau à la pareille du compatriote Mohammad Rasoulof ( Un homme intègre , 2017). Comme Herzog ( La Grotte des rêves perdus , 2010), cet espace a priori de pendaison, donc de définitive renonciation à ses aspirations, possède sa propre pui...

Hyènes : Money Monster

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de   Djibril Diop Mambéty. A film is a kind of meeting; there is giving and receiving. Now that I have made it, Hyènes belongs as much to the viewer as to me. You must have the freedom and confidence to understand and critique what you see. DDM Dans Zombie (1978), autre conte anticonsumériste du capitalisme comme cannibalisme, Romero accomplissait un caméo de réalisateur de JT très débordé ; dans Hyènes (1992), Diop Mambéty s’octroie le rôle d’un ex -magistrat, « de mes deux », vitupère l’épicier populaire puis sacrifié, manière de (se) mettre en abyme mais aussi à distance le « didactisme » de l’ensemble. Le fils d’imam pourrait prêcher, désirer condamner, il se contente d’observer, avec une clarté cadrée au cordeau, de son chœur en couleurs les quelques qualités, les dangereux défauts. Au terme de la moralité pas si manichéenne, moins douce qu’amère, Draman disparaît, s’évapore...

Les Communiants

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  Un métrage, une image : Que Dios nos perdone (2016) Les personnages principaux de cet opus espagnol discrètement drôle, citons en démonstration un ventilateur létal et une ceinture de sécurité à s’étrangler, possèdent tous quelque chose à se faire pardonner, y compris le réalisateur pour avoir livré un récompensé pudding européen plutôt psychanalytique que catholique, quoique. Avec sa culpabilité décuplée, partagée, avec sa rédemption de toute façon hors de question, Que Dios nos perdone affiche une forme faible, d’abord adepte de la caméra portée, de la courte focale, ensuite du téléfilm de luxe cadré en widescreen , visez la virtuosité trafiquée d’un mouvement d’évasion sans balcon. Le cinéaste sévit aussi à la TV co-productrice, on le devine vite. Basé sur un assassin assez risible, jamais crédible, à maman jadis abusive, la catéchèse, quel malaise, le récit en sus se soucie de pseudo-sociologie, cf. le sous-texte du contexte, association de manifestation sociale...

La Fidélité

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  Un métrage, une image : Les Bas de soie noire (1981) Un huis clos, un piano : nous (re)voici bel et bien chez Burd Tranbaree, c’est-à-dire le cinéaste de l’aussi autarcique et mélodique Clarisse (1979). En partie auto-produit via sa société Shangrila, of course baptisée d’après un fameux Capra ( Les Horizons perdus , 1937), flanqué du soutien financier d’Alpha France, la boîte adroite de l’incontournable Francis Mischkind, musiqué par le plutôt inspiré Paul Vernon, pseudonyme de naguère d’Alain Goraguer, encore éclairé par Pierre Fattori, Les Bas de soie noire ne donne pas l’occasion d’à nouveau apercevoir l’épouse « soumise » et in fine violée « à l’insu de son plein gré » Brigitte Lahaie, mais celle de découvrir la gracieuse et malicieuse Christine Schwarz, performeuse éphémère d’une autre époque ad hoc , ici bien servie selon les « suspects habituels » de ce type de productions, dont le solide tandem Allan & Aveline. Il s’...

Change pas de main : Monamour

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  Baiser, se faire baiser, « se soumettre », se faire mettre, turpitudes de solitudes… Cinéaste cinéphile, Vecchiali délivre un mélodrame maternel et « romanesque », au féminisme à main armée assumé. Il s’agit aussi d’une réflexion en action(s) et à l’accordéon, (re)voilà Azzola, en particulier pendant la coda conçue comme une bande-annonce rétrospective, à propos de la pornographie, disponible désormais sur un site spécialisé, quelle (cruelle) logique ironique. Dommage pour Dietrich & Sternberg ( Shanghai Express , 1932), on songe davantage au doux-amer Fassbinder et in extremis à Melville, puisque aube idem livide, à reflet refusé. Au sein (malsain) de ce récit à multiples péripéties, à base de chantage à tous les (bas) étages, sans omettre un zeste d’inceste à « Domino » marteau et un clin d’œil à Manon Lescaut , Howard Vernon s’y colle, où défilent une « détective juive » intuitive et intrusive, un gradé d’Algérie en cercueil et fauteuil,...

Olivier, Olivier

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  Un métrage, une image : Maldone (1928) Entre la « romani » et le « roulier », le canal et le courant passent. Mais une mort dans la famille, amitiés à James Agee, redistribue la donne et renverse les rôles. Doté d’un patronyme explicite, Olivier Maldone se voit vite ainsi asservi aux « servitudes de la richesse », piégé par la « prison du bonheur ». L’héréditaire propriétaire terrien pour rien recroise sa belle Bohémienne transformée de facto en danseuse de casino, « étoile » éteinte, presto éclipsée, dépassons le passé, mon ami ne m’en voulez. Puisque le divisé destin se lit parmi les lignes de la main, Maldone au programme de la parole se conforme, massacre le miroir, se sépare des apparences, élit l’errance. Il ouvre itou le flacon d’un papillon, symbolisme de bestiole, son oncle à la Nabokov s’en désole, sa frêle Flora il affole, par écrit demande le pardon de sa démission. La coda à dada s’ouvre sur l’avenir, ...