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Respiro

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  Un métrage, une image : La Dernière Femme sur Terre (1960) Combat de coqs, au figuré, au propre + apocalypto à Porto Rico = un grand petit film de Corman, à la fois prophétique et eschatologique. Davantage désargenté, moins renommé que Le Monde, la Chair et le Diable (MacDougall, 1959), point préoccupé par de son prédécesseur estimable l’étasunienne « interracialité », le film cartographie ainsi un insupportable paradis, où par exemple croiser au creux du caniveau le cadavre édifiant d’une enfant. Deux avant le lucide et sidérant, ( indeed ) en(tre) noir(s) et blanc(s), The Intruder (1962), prochain portrait vitriolé d’une Amérique nordiste, en proie de choix du racisme sudiste, le cinéaste, ici assisté de Robert Towne, débutant prometteur, surtout scénariste et rarement acteur, étudie un pays aux prises avec une métaphorique et politique asphyxie. L’écueil du tourisme (sexuel) évacué, celui du vaudeville, y compris dépressif, définitif, aussi, la tension...

L’Insoumise

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  Un métrage, une image : Sur quel pied danser (2016) Par un tandem de diplômés de la friquée Fémis commise, voici une pseudo-comédie musicale, sentimentale, sociale, du commencement au terme calamiteuse, alors qu’elle pouvait, pourquoi pas, sur le papier ou l’escarpin, en tout cas, s’avérer assez audacieuse. À part apercevoir la trop rare Caroline Silhol, de manière subliminale et silencieuse, certes, que voit-on dans cet ouvrage de naufrage, aussi vide qu’une usine déserte, aussi creux qu’un camionneur, amoureux et malheureux ? On avise vite un certain ciné français, passé par ARTE, par la Fondation Gan récompensé, redoutable duo de double formatage, d’auteuristes et autorisés enfantillages. On constate que la mise à disposition, comprendre la promotion, d’une cinégénique région, ne saurait suffire à l’éclosion d’une seule seconde de cinéma, pas même dénommé régional, sinon régionaliste. Que tout ceci, solaire et sudiste, se réduit à du pasteurisé tourisme, à un arr...

Cargo

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  Un métrage, une image : Poids mort (2016) Téléfilmée, anémiée, inter-minable, la co-production entre la Finlande et l’Allemagne paraissait présager le pareillement raté Ceux qui travaillent (2018) d’Antoine Russbach, gros mélo franco-belgo-suisse, oh hisse. Avant le cadre déclassé, dessillé, déprimé, voici le spectateur sommé de s’intéresser à un capitaine pris(e de tête) dans une tempête capitaliste et syndicaliste. Sa sombre solitude reposant sur du rien, il l’affiche face à son solidaire équipage de Philippins, bosseurs et sereins. Secondé par une dame, signe des temps, quota   te voilà, le marin malheureux, taiseux, insomniaque, patraque, appelle un proche, papote peut-être de son sien gosse, constate que la pression, avec ou sans autorisation, surtout de cargaison, s’avère vite moche. L’accidenté emballé, disons dissimulé, au sein d’un body bag à la Carpenter, mon cher, que lui reste-t-il à faire ? Répondons à notre rhétorique question : il lui fau...

Sexes faibles !

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  Un métrage, une image : Fin du monde (2018) Deux actrices, une compositrice, une costumière, une décoratrice, une directrice de la photographie, deux monteuses, une productrice, une réalisatrice, une scénariste : les féministes s’en félicitent, s’affligent les cinéphiles de tous les sexes face à ces foutaises, financées par du fric de service ou davantage de sévice public. La cinéaste suédoise et boursière berlinoise remercie Romero et estime avoir livré un « film d’horreur d’auteur », quel malheur, quelle arrogance, et pourquoi pas « autrice », puisque à présent s’exerce aussi du lexique la sexuée police ? En Germanie molto nazie, ils aimaient déjà l’ordre, le bruit des bottes, quitte, ensuite, à verser vers l’amnésique ou le mea maxima culpa de cinéma, la chère Romy Schneider ne dira le contraire. La baudruche hideuse adaptée d’une BD carbure donc à la culpabilité réchauffée, à la lâcheté partagée. Pas de mur de capitale mais son homolog...

Les Aventures de Rabbi Jacob : Yiddish Connection

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  Papillotes à la flotte ? Persévérance de la tolérance… À la mémoire de Claude Giraud (1936-2020) Comédie politique moins didactique que Le Dictateur (Chaplin, 1940), moins théâtrale que To Be or Not to Be (Lubitsch, 1942), Les Aventures de Rabbi Jacob  (Oury, 1973) cartographie une France en fuite et enfuie. Danièle Thompson l’affirme en effet impossible à refaire aujourd’hui, en raison de (dé)raisons de saison. Entre chabbat et chewing-gum , le cinéaste lui-même sémite, ici aussi en famille, flanqué de sa scénariste de fifille, déploie une course-poursuite very seventies , doublée d’une œcuménique moralité, à base d’hassidisme, d’antisémitisme, de racisme et de terrorisme. Ouvrage à la genèse presque piège, opus alors d’actualité, à la sortie compliquée, au rassurant succès, Les Aventures de Rabbi Jacob comporte une célèbre scène de danse, démonstration par l’image et le son que si l’habit ne fait pas le moine, il ne défait le vrai-faux rabbin, le transforme...

Les Demoiselles de Rochefort : Le Parfum d’Yvonne

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  Des chants d’antan, maintenus maintenant… Contraste et concordance : malgré du métrage la grisante immanence, Yvonne & Maxence n’apprécient le présent ni n’en font l’expérience. La cafetière, pas encore en colère, à cause des contemporaines mesures de fermeture pseudo-sanitaires, molto totalitaires, du passé prisonnière s’avère ; l’artiste au service militaire se projeter préfère, peintre épris d’une introuvable et pourtant à proximité tendre et chère. À nouveau portuaire, alors solaire, sise place Colbert, en dialogue à distance et en réponse à succès à Lola (1961), La Baie des Anges (1963), Les Parapluies de Cherbourg (1964), la mélancolie de Demy irradie, déploie en duo à deux voix le géométrique et le mélodramatique, au sens certes étymologique. On sait, via un aveu de l’intéressé, ou le souvenir de l’ami Paul Vecchiali, que le marin amoureux d’une image idéale devait d’abord terminer sous les roues du camion des forains pas un brin durassien, quoique, mai...

Trapèze

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  Un métrage, une image : La Louve solitaire (1968) L’éphémère et transfrontière Danièle Gaubert décéda d’un cancer , quarantaine écourtée, carrière quittée, mais La Louve solitaire donne à (re)découvrir et sait conserver son aura , sa beauté. Face à cette fanatique de fric, aristocratique, acrobatique, le jour employée d’agence immobilière, la nuit impeccable monte-en-l’air, on (re)pense bien sûr à la Musidora des Vampires (1915) de Louis Feuillade, à la Brigitte Auber de La Main au collet (1952) d’Alfred Hitchcock, à la Monica Vitti du Modesty Blaise (1966) de Joseph Losey ou au contemporain criminel, cagoulé idem , de Danger : Diabolik ! (1968) dû à Mario Bava. Toutefois, le film presque orphelin d’Édouard Logereau, (dé)formé à l’IDHEC, documentariste en court(s) puis téléaste transparent, possède sa propre personnalité de piège parisien pluvieux, de fuite sudiste en été, de douce-amère moralité, à la double coda désenchantée. Figure du féminisme soft , Françoise pa...