Articles

Hold-up : Virus cannibale

Image
  Dialectique épidémique ? Désorientation d’oraison… À Patricia Au siècle dernier, souviens-toi, barbare Barbara, docile Deborah, durant la distribution du « visionnaire » Vidéodrome (1983), David Cronenberg déclarait ne pas croire au complot, estimait une méconnaissance généralisée des causes, des effets. Une quarantaine d’années après, la « Toile » succède au « câble », les (grands) enfants de Max Renn (re)font des siennes. Immergés parmi le « film-réalité » de Bill Burroughs, sis au sein de la « société du spectacle » du sieur Debord, comment conserver sa lucidité, comment ne pas perdre le nord ? Opus à propos d’un virus , ouvrage « censuré » au viral succès, Hold-up (2020) constitue un cas d’école, devrait être visualisé, envisagé, par tout journaliste, tout sociologue. Déjà responsable, voire coupable, du dispensable Thanatos : L’ultime passage (2019), le fadasse Barnérias effectue sans classe un ...

La Nuit fantastique : Irène

Image
  Conte d’accords, surimpressions de saison… Si je pouvais me réveiller à ses côtés Si je savais où la trouver Donnez-moi l’espoir Prêtez-moi un soir Une nuit juste pour elle et moi Et demain matin elle s’en ira Il était une fois, J’ai encore rêvé d’elle Un Peter Ibbetson (Hathaway, 1935) sous l’Occupation ? Une réplique réaliste aux médiévaux Visiteurs du soir (Carné, 1942) ? Une fable affable, sur le courage cru onirique ? Un peu (de) tout cela à la fois, oui-da. Par Jeanson, non crédité, dialogué, tourné en plein froid, ça se voit, on se réchauffe en musique, cf. le flamboyant générique, amputé d’un quart d’heure, honte au distributeur, adoubé par Bazin, La Nuit fantastique (L’Herbier, 1942) son exhumation numérique mérite. Après L’Homme du large (1920), El Dorado (1921), L’Inhumaine (1924), beau trio en mode muet, moi-(re)lisez, SVP, le cinéaste s’illustre à nouveau, avec un étudiant parisien, pas praguois, en philo, l’histoire à dormir de...

Moi y’en a vouloir des sous : Habemus papam

Image
  Pochade poujadiste ? Lucidité de cinéaste… Après les centurions concons, à gros « « bobo » un brin « facho », de la sécuritaire compagnie républicaine, un plan-séquence en tandem de marche urbaine, durant lequel l’adroit Préboist son monologue bientôt motorisé déploie, flic frappeur toutefois autrefois tenté par le métier d’infirmier : Yanne savait se servir d’une caméra, pas seulement en vrai-faux alter ego de Pialat ( Nous ne vieillirons pas ensemble , 1972), servir sa troupe – au lieu de la soupe – de ciné sans la couverture à lui tirer. La suite et l’ensemble de l’estimable et recommandable Moi y’en a vouloir des sous (1973) le démontrent aisément. À découvrir aujourd’hui sa deuxième réalisation, produite en compagnie de l’incontournable Rassam, on ne peut qu’en constater à la fois le caractère daté, l’actualité, le soin porté à chaque plan, à chaque instant, l’absence d’amateurisme et de cynisme. Yanne filme des syndicalistes, des gauc...

Avoir 20 ans dans les Aurès : Chronique des années de braise

Image
  « Guerre sans nom » ? Cohésion de décision… (Im)parfait contemporain du Franc-tireur de Causse & Taverne, voici un second western révisionniste, le célèbre Avoir 20 ans dans les Aurès  (1972) de Vautier. Léotard rempile, en lieutenant impressionnant, tandis qu’Arcady, sosie d’Aja, nul ne s’en étonnera, Brizzard, Canselier, Elias, Moreau, Ribes sans Palace , Scoff sans Collaro, constituent le récalcitrant commando . Ils réclament la « quille », ils expérimentent l’exil, bien loin de leur Bretagne, en plein « putsch des généraux », à l’ombre et à la radio du Général, de Gaulle, qui d’autre ? Égalitariste dès le générique, le réalisateur associe au sien les noms de ses assistants, de sa scripte. Co-monté par l’un des acteurs principaux, à savoir Hamid Djellouli, ensuite au casting du R.A.S. (1973) de Boisset, aussi un récit « d’insoumis », fissa transformés en élite polémique, le film de fiction affirme sa « vérac...

La Belle Marinière : Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques

Image
  Poussière d’hier ? Ocarina sympa… Personne et surtout pas moi ne prendra Lachman pour Vigo ni La Belle Marinière (1932) pour L’Atalante (1934). Pourtant cet opus incomplet, de quatre bobines délesté, donc disons dépourvu d’une quarantaine de minutes, mérite un court article, car il s’agit d’un sauvetage symbolique. Produit par Paramount, cru perdu, retrouvé chez UCLA, restauré grâce au financement participatif, au beau boulot en duo des spécialistes Lobster & Diapason, voici un succès en salles ensuite fissa disparu, dont la noyade diégétique, la rescapée parisienne, la séparation masculine in extremis , ainsi vogue la félicitée péniche, se disent adieu les amis amoureux, renvoient vers le destin de l’ item , par extension illustrent la mécanique amnésique du cinéma, pas que celui d’autrefois. Sur le miroir de l’écran d’antan, les fantômes se reflètent au carré, célébrés, enterrés, ressuscités, se foutent foutrement, au-delà de leur exhumation, de la question de leu...

Le Franc-tireur : Courage fuyons

Image
  Conflit qui indiffère, silence de l’amer… Western révisionniste seventies , pourtant pas à la sauce US : il ne s’agit plus de réhabiliter les « Amérindiens », de fustiger leur « génocide », plutôt de démystifier les maquisards, de (pour)suivre un suicide. Au cœur du Vercors, Bashung fera le mort, sautera à l’élastique, menteur nocturne de sa Fantaisie militaire à lui. Vingt-six ans auparavant, Léotard incarne de manière mutique un « fils de collabo » cynique, un petit opportuniste venu se planquer chez sa grand-mère, au grand air, y attendre en supposée toute sécurité la fin attendue de la seconde guerre, guère dernière. Mauvais timing , comme dirait le Roeg à l’horloge détraquée de Enquête sur une passion (1980), car les Allemands mitraillant décident d’investir et donc de réduire la forteresse naturelle, sa communauté républicaine. Deux femmes vont faire les frais des funèbres fusillades, l’ancêtre précitée, partie des œufs chercher, la ...

La Métamorphose des cloportes : Adieu blaireau

Image
  Langouste et rouste, strip-tease et complices… À Jacqueline Cinéma que cela, de surcroît estampillé de papa ? Durant un seul instant, de raccord dans le mouvement, les types assis, la dame debout, voilà tout. Donc un divertissement de dialoguiste : Audiard adapte Dumas, pardon, Boudard, pourtant son anti-héros ne possède le panache de Monte-Cristo. Au contraire, il rêve de construction immobilière, très sentimental il s’avère. Point si malin, le Malin agit par amitié, par les supposées « vingt-cinq briques » appâté ; presto alpagué par les condés, il purge sa peine, ressasse la sienne, se venge en virtuose, du jockey à gerber, du fakir infréquentable, du forain rouquin. Émancipé, démodé, pisté par la police, détrousseur de receleur, Alphonse finit fissa en cellule, où les multiples matons, par la caméra cadrés en plongée d’aplomb, ressemblent, oui-da, à des cancrelats scélérats. Kafka ou pas, la casseur arbore un cafard de film noir, il croyait bai...