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L’Aile ou la Cuisse : À couteaux tirés

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Haut-le-cœur ? Resto(s) du cœur… Film de fatigue et de filiation, film prophétique et réflexif, L’Aile ou la Cuisse (Claude Zidi, 1976) s’avère en plus un art poétique et un divertissement politique. Si l’argument (et le déguisement) reprend (en partie) Le Grand Restaurant (Jacques Besnard, 1966), témoigne de son temps (indépendant, inquiétant), une décennie suffit (à modifier la donne) : Louis de Funès , récemment hospitalisé pour de sérieux soucis de santé, veut (et doit, dit le docteur) se réinventer, se modérer, quitte à revenir au muet révéré (le Mel Brooks audacieux de Silent Movie , 1976, acquiesce). Au creux du contexte de crise(s) des seventies , de la filmographie du fragilisé « Fufu », L’Aile ou la Cuisse se situe ainsi entre l’antiracisme des Aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury, 1973) et l’écologie de La Zizanie (Zidi, 1978), sorte de réponse hexagonale au spatial (et US) Silent Running (Douglas Trumbull, 1972), tandis que Le Grand Bazar ...

Gros dégueulasse : Le Complexe du kangourou

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Existence et flatulence, gagnant pourtant perdant… Produit par Alain Siritzky, propriétaire de l’interminable franchise Emmanuelle , réalisé par Bruno Zincone, monteur pour Raymond Depardon ( 1974, une partie de campagne , 1974) & Jean-Pierre Mocky ( Noir comme le souvenir , 1995) mais aussi, surtout, pour les polissons Jean-Marie Pallardy & Pierre Unia, ou le supérieur Francis Leroi ( Emmanuelle au 7ème ciel , 1993, après Emmanuelle 6 , 1988, fissa finalisé par un certain Jean Rollin, puisque Zincone cinéaste aussitôt remercié), Gros dégueulasse (Zincone, 1985) s’avère une satire terminée en mélodrame. Le courageux Maurice Risch, autrefois flanqué de Louis de Funès ( Le Grand Restaurant , Jacques Besnard, 1966, Le Gendarme et les Gendarmettes , Jean Girault, 1982) ou depuis passé par Maurice Pialat ( Nous ne vieillirons pas ensemble , 1972), François Truffaut ( Le Dernier Métro , 1980), Bertrand Blier ( Beau-père , 1981) et ensuite Pascal Thomas (trilogie des anné...

Les Pas perdus : Les Infidèles

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Cadeau de Noël ? Miroir d’un soir… Aux filles confinées, pour leur fidélité. Premier (et avant-dernier) opus d’un directeur de la photographie (par exemple Traitement de choc , Alain Jessua, 1973) peu prolifique, Les Pas perdus (Jacques Robin, 1964) émeut en mineur, avatar avéré de Brève rencontre (David Lean, 1945) déplacé à Paris. L’argument remémore évidemment Été violent (Valerio Zurlini, 1959), avec déjà Jean-Louis Trintignant, et Les Chemins de la haute ville (Jack Clayton, idem ), autres récits d’infidélité, de maturité, de parenthèse (dés)enchantée. Éclairé par Claude Lecomte, collaborateur de Michel Deville & Jean-Loup Hubert, monté par Nadine Trintignant, musiqué par le jazzman Jacques Loussier , ce métrage précis, impersonnel, transpose un ouvrage de René Fallet, l’auteur de Un idiot à Paris (Serge Korber, 1967) ou La Soupe aux choux (Jean Girault, 1981), ici dialoguiste déguisé en mutique bistrotier, accessoirement en parolier. Tandis que Jean C...

Self Control : Brannigan

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D’une Laura à l’autre, du titre précédent au suivant… 1 « Auteur », ce n’est plus valable aujourd’hui. Jean-Luc Godard Court mais caractéristique, Self Control (William Friedkin, 1984) débute une trilogie poursuivie par Nightcrawlers (1985) puis Police Fédérale Los Angeles ( idem ). Le réalisateur revient à la TV, troque Hitchcock contre Rod (Serling), le cinéaste mélomane, amateur et (futur) metteur en scène d’opéra, accompagne Laura Branigan avant de choper Wang Chung, caméo inclus. Si son Self Control adresse des clins d’œil – et des bras de paroi – à La Belle et la Bête (Jean Cocteau, 1946), à Répulsion (Roman Polanski, 1965), autres mémorables cauchemars sis sous le signe d’une féminité très tourmentée ; s’il reprend en partie l’esthétique onirique, classée X, du tandem Delia & Sayadian ( Nightdreams , 1981 + Café Flesh , 1982 et les affiches en reflet de Fog , John Carpenter, 1980, Pulsions , Brian De Palma, pareil, Massacre dans le...

Jeff : Les diamants sont éternels

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Des abeilles, une « sauterelle », un zoo , un tombeau… Non Jef t’es pas tout seul Mais tu sais qu’tu me fais honte À sangloter comme ça Bêtement devant tout le monde Parce qu'une trois quarts putain T'a claqué dans les mains Brel, Jef À la fois film fondateur, le premier co-financé par la récente société Adel Productions, et opus suicidaire, surtout au box-office hexagonal, Jeff (Jean Herman, 1969) retravaille Le Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967) et prophétise Un flic (Jean-Pierre Melville, 1972), c’est-à-dire s’inscrit au sein d’un tracé dépressif, peuplé de spectres en sursis. Il dessine davantage, il étoffe l’Orphée de RATP, in fine défait par son Eurydice de pianiste, il affine le fantastique venté de la Vendée, il affirme le marasme de la masculine amitié. Dès l’affiche explicite, reformulation graphique de la fin fatidique, Alain Delon donne le ton : Jeff ou la chronique d’une mort annoncée, celle de sa star ciblée. Posé sur l...

Les Grandes Manœuvres : Le Pari

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Cage volage, gants élégants, psyché du passé, clairon d’abandon… For Franck Ferreira, confiné ou pas You can play brand new to all the other chicks out here But I know what you are what you are baby […] Maybe if we both lived in a different world It would be all good and maybe I could be your girl But I can’t ’cause we don’t Britney Spears, Womanizer Avec Les Grandes Manœuvres (1955), une « comédie dramatique », affirme le générique synthétique, René Clair, alors quinquagénaire, paraît relire Marivaux & Laclos plutôt que Molière. Au jeu in extremis sincère et sérieux de l’amour et du hasard, Marie-Louise arrive donc trop tard, tandis qu’Armand devient par conséquent un perdant, pourtant paradant, sa liaison dangereuse, merveilleuse, refusant d’ouvrir sa fenêtre (et d’offrir le reste) à ce don Juan poignant, au remporté (et stupide) pari d’ennui, tant mieux, tant pis. Les grandes manœuvres à venir, le spectateur contemporain, celui des anné...