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La Voleuse : Le Camion

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Son fils, sa bataille, fallait pas qu’elle s’en aille, génitrice de Germanie… Romy & Piccoli ? Il faudra désormais répondre au-delà de Sautet. Avant Les Choses de la vie (1970), Max et les Ferrailleurs (1971), n’omettons pas Mado (1976), La Voleuse (Chapot, 1966) crée le couple. Une dizaine d’années après le succès ensuite détesté de Sissi (Marischka, 1955) et ses suites, Mademoiselle Rosemarie Magdalena Albach remet les pieds en Allemagne, Autrichienne naturalisée hexagonale, qui toujours entretint avec cette nation une relation d’amour/haine, aux origines historiques et biographiques, merci Maman. De ce point de vue, La Voleuse constitue le portrait à charge, en écran large, d’une bourgeoise berlinoise soudain obsédée par son fiston, jadis cédé à des ouvriers atteints de stérilité, par « l’idée » de son existence, par la nécessité irrésistible de le récupérer, le droit situé de son côté, tant pis pour l’opinion publique et celle de son mari, entrep...

The Man Who Watched Trains Go By : Trust Me

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Égarement de Rains, mémoire de Marta… Ce film méconnu d’un cinéaste confidentiel, cependant décédé centenaire, mérite son exhumation, transpose Simenon. Conduit par l’impeccable Claude Rains, il permet de retrouver Marius Goring & Herbert Lom, de découvrir Marta Toren, vrai-faux sosie d’Alida Valli, d’apercevoir une jeunette nommée Anouk Aimée, rebaptisée par les génériques Aimée Anouk puis Anouk tout court. Certes, on peut penser en mineur à La Bête humaine (Jean Renoir, 1938) et Panique (Julien Duvivier, 1946), on suppose un épilogue à la Anna Karénine , mais L’Homme qui regardait passer les trains (Harold French, 1952) se termine bien, en tout cas pour le minuscule comptable hollandais, rescapé, alcoolisé, ruiné, au magot dérobé, à la famille refoulée, parti s’encanailler au creux de la capitale, traqué par un policier ne souhaitant pas le voir se transformer en meurtrier, rester le simple témoin d’un suicide maquillé, d’un accident arrivé. French le Britannique ami...

The Devil Rides Out : La Chevauchée fantastique

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Révéler les vices de la high society  ? User de sa caméra en admirable sorcier. En 1968, une véritable révolution advient, au moins au cinéma : l’irremplaçable Christopher Lee passe du côté du crucifix, fout le bazar dans une messe noire, parvient à renverser le Temps, à revenir en arrière, tel Superman chez Richard Donner (1978). La Cité des morts (John Llewellyn Moxey, 1960) semble enterrée, son professeur-pourvoyeur enfin conjuré. Le changement de registre, héroïque au lieu de maléfique, affecte itou Terence Fisher, qui découvre le zoom , les transparences, le ralenti, les gros plans (de visages). Adieu au Scope et bienvenue à un pragmatisme pertinent, une efficacité en partie possédée, terme idoine, par l’esthétique express , désargentée, de la TV. Si The Devil Rides Out peut parfois rappeler un épisode en mode sataniste de Chapeau melon et bottes de cuir , série contemporaine, portée par un identique humour very britannique, la chevauchée en effet fantastique...

Guava Island : Parking

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Fredonner une femme, contrer la tyrannie… Je veux être utile À vivre et à chanter Julien Clerc « America is a concept », comme l’imagerie de la « comédie musicale », et celle-ci suscite la sympathie, sa modestie séduit. Porté par le méconnu (de moi) mais estimable Donald Glover, acteur, chanteur, producteur, son frérot Stephen signe le scénario, Guava Island (Murai, 2019) relit et renverse Orfeu Negro (Camus, 1959), substitue le festival au carnaval, ressuscite Eurydice. Populaire animateur radio, même braqué par des marmots, toujours en retard à l’instar du lapin de l’Alice de Lewis, Deni bosse pour le big boss de Red Cargo, entreprise de commerce maritime guère communiste à vous refiler le blues , cf. l’affiche de jeu de mots sur le mur de rue. Le PDG mélomane, amateur de jus de fruits, d’oiseaux encagés, l’invite chez lui disons manu militari , l’incite à ne pas se produire ce soir, demain matin, écoute bien, tout le monde doit travailler ...

True Detective : Les Incorruptibles

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Fiat lux , affirme l’athée à crucifix ; merci, Maggie, testamente le mari amendé… Pour Patrick Peillon, remerciements renouvelés Nothing ever works the same way twice You’ve seen it all before John Cale Cette first season à succès, infernale saison supposée, Chambers à Rimbaud substitué, débute donc de nuit, loin des flammes, se termine auprès d’un hôpital, sous les étoiles. On passe ainsi, durant huit heures, Seigneur, du mystique Tarkovski à l’astrophysique de Stephen Hawking, d’ailleurs pastiché par le Joy des Experts , série déréalisée par le scénariste, cf. le supplément musical du troisième disque, à l’occasion du superflu Superhero Movie (Mazin, 2008). Succès critique, public, True Detective dut cependant froisser les féministes, indigner les militants des droits civiques, et bien sûr irriter l’OTSI de Louisiane. Ici, les femmes se prostituent, servent à des sacrifices, accessoirement de la came fournissent, se prostituent, font des révélations à la ...

Gothic : La Villa

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Nuit d’orage remplie d’outrages… Or vivez de venin, sanglante géniture, Je n’ai plus que du sang pour votre nourriture ! Agrippa d’Aubigné   « Seul un Anglais peut être aussi insupportable » plaisante le Shelley de Sands à propos du Byron de Byrne, qui déteste/insulte autant la Suisse que Welles déguisé en mémorable Harry Lime selon Le Troisième Homme (Reed, 1949), mais l’aimable Ken, scandaleux ou non, mérite mieux que le mépris, mérite mon estime, surtout en (dé)raison des titres suivants, souvent inspirés, inspirants : Love (1969), Les Diables (1971), Tommy (1975), Au-delà du réel (1980), Les Jours et les nuits de China Blue (1984), Le Repaire du ver blanc (1988), La Putain (1991). Certes, son segment de Trapped Ashes (Cunningham, Dante, Gaeta, Hellman, 2006) sentait en effet la cendre, et Gothic (1986) ressemble dans l’ensemble au sympathique-anecdotique La Note bleue (Żuławski, 1991), autre huis clos people , psycho, sado-maso, cet...