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Sans un bruit : Family Man

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Une parabole acoustique ? Un sermon prosélyte.   ASL & ILM, puisque voilà une histoire en langue des signes américaine avec créatures informatiques à l’ouïe en effet très fine. Mené au milieu d’un supermarché de province mis à sac, abandonné, le prologue donne dans l’eschatologie jolie, le consumérisme passé de mode, et l’on se dit que, peut-être, Sans un bruit (2018) va suivre le sillage satirique de Zombie (1978). Hélas, tant pis, John Krasinski ne s’avère jamais un émule de George A. Romero et son métrage tellement sage choisit vite de magnifier la Famille, cette viande avariée dévorée par la gamine guère reconnaissante de La Nuit des morts-vivants (1968), s’en prenant à sa pauvre maman, mon Dieu. Le supposé Seigneur s’immisce ici aussi, à l’occasion du protagoniste masculin aux faux airs de prophète (ou de Nanni Moretti rendu mutique), du sentiment de culpabilité partagé, d’un bénédicité mains serrées, d’un sentimentalisme musical agraire (écoute en sourdi...

Blood Hunt : Torn Curtain

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Anniversaire en enfer, reformulation et action, triviale virée sentimentale.    Premier film – comprendre long métrage, malgré sa brièveté – du juvénile Sam Curtain, ce survival australien assez sympathique se suit sans déplaisir, même si, assurément, il ne vous incitera pas à prendre vos vacances du côté de Cambrera, oui-da. SC cumule les postes, notamment producteur, monteur, scénariste et costumier, alors que la Tasmanie accumule les manies, la folie : une future étudiante et son compagnon a priori prolétaire, au blouson fluorescent de sécurité, tombent sur trois redoutables lascars qui vont leur faire passer un rude et Long Weekend , à l’australienne, renvoyons vers le tandem homonyme, écologique, eschatologique, signé Colin Eggleston en 1978 puis Jamie Blanks en 1998. L’agressivité de la ruralité, on (re)connaît, avec ou sans duo au banjo et sodo homo. Curtain adresse d’ailleurs un clin d’œil sonore à Délivrance (John Boorman, 1972) durant le générique...

Halloween : Jason X

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Revenir à Haddonfield ? Presque « trop vieux pour ces conneries », hein, Danny ?   J’aime Jamie Lee Curtis et j’aime John Carpenter, mais cette bande-annonce fait peur, et pas pour de bonnes raisons, non, non, non. Co-produit par JC et le petit épicier à succès Jason Blum, responsable des lucratives pitreries de  Paranormal Activity , le film signé David Gordon Green (Inferno) – qui ça ? Ah, oui, le mec derrière la caméra pour le dispensable  Joe  avec Nicolas Cage – paraît un redoutable concentré de gérontophilie à main armée, de jeunisme décérébré, de révisionnisme narratif,  exit  le lien familial au filigrane incestueux unissant Laurie Strode & Michael Myers. Cela ne te suffit point, amateur d’horreur ? Voici en Scope un couple d’enquêteurs casse-couilles à la  Conjuring , à l’accent britannique exotique, voilà un asile géométrique, vrai-faux échiquier au centre du bâtiment d’insanité, un meurtre de toile...

Ghost Rider : Notes sur la marotte de Garrett Brown

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Filmer avec un niveau ? Tracer un itinéraire et pacifier la guerre. Sylvester Stallone monte un escalier de musée, boxeur en route vers la gloire ( Rocky , Avildsen, 1976) ; Jack Nicholson se perd dans le labyrinthe végétal d’un hôtel enneigé, ogre impuissant à la poursuite de son fils voyant ( Shining , Kubrick, 1980) ; John Travolta traverse une foule en liesse, au ralenti et donc incapable de sauver sa Sally ( Blow Out , De Palma, 1981) : derrière ces trois instants emblématiques, sinon opératiques, du cinéma américain de la fin des années 70, du début des années 80, entre optimisme et pessimisme, conte de fées et mélodrame, étude de caractère et imaginaire méta, portés par trois fortes individualités, sublimés par le lyrisme irrésistible, si sudiste, des compositeurs Bill Conti & Pino Donaggio, étayés par un sous-texte à propos du prolétariat, du passé qui ne passe pas, de la paranoïa, se tient littéralement un homme à la caméra, ave Vertov, un inventeur féru de...

Phantom of Death : L’Affaire Dominici

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Orlac et ses mains ? Un requiem pour chacun de nous, sage ou fou, teen ou sénile. Contrairement aux correspondances, les coïncidences n’existent pas, surtout au cinéma, alors ne t’étonne pas si Phantom of Death (1988) relit La Mouche (1986). Il s’agit d’un mélodrame littéral, à propos d’un pianiste atteint de progéria, en sus adepte du zen des arts martiaux. Seth Brundle se transformait-détériorait, Robert Dominici vieillit à la vitesse grand V. Condamnés à vivre, à survivre, à mourir, à se reproduire, les héros existentiels, fraternels, de Cronenberg & Deodato sèment autour d’eux la mort encore et encore. Mis en abyme sur un scooter , derrière une conductrice juvénile, manière amusante de sortir de son propre film, le cinéaste sembla par ses dires se désintéresser du sujet, de l’objet, auquel il participa seulement en raison de la base réaliste de l’argument et pour les présences stimulantes de Pleasence & York. Qu’importe, puisqu’il signe l’un de ses titres ...

Delirium : Sabrina

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Petite et grande mort autour de la grandiose et morose Serena Grandi. Les Yeux de Laura Mars (Kershner, 1978) meets Caligula (Brass & Guccione, 1979) : la charmante, célibataire, propriétaire-héritière d’un « magazine de charme », euphémisme de jadis, avant la massification des masturbations en ligne, affronte son propre frère un peu trop épris, surtout de ses formes opulentes. Le vrai-faux crevé sur escalator finira terrassé au niveau des testicules, au bord de la piscine nocturne, par un malin voisin voyeur et harceleur, accessoirement agresseur de rêve/cauchemar muni d’une lampe torche molto phallique, lui-même cloué sur un fauteuil roulant à la James Stewart ( Fenêtre sur cour , Hitchcock, 1954), à cause du choc psychologique, traumatique, d’un accident de voiture où décéda sa bien-aimée, vous suivez ? On pardonnerait presque sa marotte au petit (saligaud) Tony, puisque la généreuse Serena Grandi, enceinte selon Joe D’Amato ( Anthropophagous , 1...

Lady, Stay Dead : Fish Tank

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  « Animal » bancal, obsession en immersion, sœurette circonspecte, motard trop tard. Jeu du chat et de la souris cruel, au carré, transposé en Australie : un jardinier esseulé espionne, viole, étouffe dans un aquarium une chanteuse hargneuse doublée d’une starlette de publicité, ersatz de Sheena ; peu après, il s’en prend à sa sœur au cours d’un survival domestique. Le body count compte itou un voisin, son chien, deux flics en renfort, merde alors. Gordon Mason, moins invalide que le Perry homonyme, ne chôme pas, tel Attila, ni l’herbe ni l’être ne repoussent ensuite, canicide et incendie compris. Le mélodrame, sens étymologique, se déroule dans une villa maritime immaculée, reculée, baptisée d’Este. En début de journée, gros soleil à peine levé, la petite princesse à sévices plonge à poil, au ralenti, vers sa piscine translucide où se débattront plus tard, de nuit, l’agresseur et le policier. La callipyge Deborah Coulls, dotée d’une certaine ress...