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Le Baiser du vampire : Marianne de ma jeunesse

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Embrasse-moi, idiot , commandait Kim Novak ; à tes risques et périls, corrige Sabine.   « Do you know what a vampire is ? » : oui, merci, cher professeur Zimmer, on commence à bien connaître les princes des ténèbres, même ceux se déplaçant en plein jour, au moins par temps gris, et pourtant Le Baiser du vampire parvient à surprendre, à séduire, à se lire de diverses manières. Le cinéma ne raconte rien, y compris celui qui paraît le plus narratif ; par contre, il matérialise des intériorités, il remake des mythes, il témoigne de son époque de production. En 1963, Don Sharp met en images pour la Hammer un scénario de John Elder, pseudonyme d’Anthony Hinds, l’une des têtes pensantes et produisantes du studio. Secondé par Alan Hume à la direction de la photographie, James Bernard à la musique, James Needs au montage, Bernard Robinson aux décors et, last but not least , Molly Arbuthnot aux costumes, l’auteur de Taste of Excitement (1969) et Bear Isl...

Lady Frankenstein : Les Orgueilleux

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La satanée Tania fera de toi un pantin spolié de son corps, némésis d’amour à mort. « Death is my life » : seul Joseph Cotten pouvait proférer cette réplique over the top sans sombrer aussitôt dans le risible et Lady Frankenstein enregistre sa fatigue, sa vieillesse, sa Fin de partie à la Samuel Beckett, avec moins de générosité, d’humour, de flamboyance qu’un Mario Bava presque au même endroit. Le voici dirigé en 1971 par un émule anonyme de Roger Corman, qui d’ailleurs co-produit via New World Pictures. D’un Welles à l’autre, Jo troque Orson contre Mel et rencontre en Italie l’incendiaire trentenaire Rosalba Neri, consœur et concurrente d’Edwige Fenech. Le baron nécrophile possédait donc une fille, cf. l’explicite titre transalpin, on l’ignorait, on peut trouver ceci très logique, surtout connaissant le féminisme de Mary Shelley. Chirurgienne diplômée, la figlia orpheline veut illico reprendre les travaux impies de son paternel trépassé en pietà . Avec l’...

Taxi Téhéran : Permis de tuer

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jafar Panahi. « Tout film mérite d’être vu » : bien sûr que non, mais celui-ci, oui, car Panahi, dans le sillage de Lounguine ( Taxi Blues ) ou Kiarostami ( Ten ), qu’il assista, signe un périple   politique et drolatique, une vivace virée méta autant qu’une amusante mise en abyme. Au cœur de Taxi Téhéran , les caméras règnent, même prises à tort pour un anti-vol. L’accidenté de la route enregistre ses dernières volontés, l’ancien voisin visionne sur tablette étasunienne son agression masquée, en couple, la nièce munie d’un appareil photo japonais immortalise son « tonton chéri », l’avocate évoque une mère amenée dans une salle remplie d’écrans de TV. Quand le réel fait obstacle au « film-réalité » burroughsien du Pouvoir, les fictions fidèles deviennent en effet indiffusables, accusées de « noircissement » dès l’école. La morale des images vaut évidemment en Ira...

Outrage + Outrage Beyond : L’Ange exterminateur

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Anatomie d’un meurtre ? Précisions à propos d’une passion triste. Très cher Takeshi, Je viens de visionner d’affilée, en VF puis VOST, les deux premiers volets de votre trilogie. Connaissez-vous Fritz Lang ? Il détestait le Scope, le cédait avec dédain aux serpents et aux enterrements. Au format large,  Outrage + Outrage Beyond portraiturent et enterrent un nœud de vipères. Après le ratage estimable de Aniki, mon frère (2000), après le trop beau Dolls (2002), dernière collaboration avec Joe Hisaishi, après le dispensable revival de Zatōichi (2003), suivirent trois titres disons expérimentaux, pas encore vus par votre serviteur. Vous fallait-il vraiment revenir aux yakuzas, citons de surcroît  Ryuzo 7 en 2015 et Outrage Coda en 2017 ? Vous-même vous déclariez naguère et hier être fatigué de la violence au ciné, en tout cas de sa représentation, y compris par vos soins. Je constate aujourd’hui le succès commercial des Outrage et la tiédeur cr...

Burying the Ex : The Night Evelyn Came Out of the Grave

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Scènes de la vie conjugale devenue létale en faire-part de décès d’un certain ciné. Quand on commet une comédie médiocre sur une macchabée ranimée, le réel finit toujours par faire retour, a fortiori si l’on tourne dans l’un des plus anciens cimetières de Los Angeles : en 2016, le falot Anton Yelchin, alors âgé de vingt-sept ans, condition d’entrée d’un célèbre club funèbre, succombe aussitôt chez lui, écrasé par sa grosse Chrysler. Deux ans plus tôt, Joe Dante rédige l’épitaphe pitoyable d’une carrière à partir d’un court développé par le financement participatif. Le scénario d’Alan Trezza associe véganisme et triolisme sur un mode humoristique, comme si le beau Zombie Honeymoon de David Gebroe (2004) n’existait pas. Evelyn, orpheline, control freak , blogeuse verte accessoirement renversée par un camion près d’un parc municipal, revient hanter les journées et les soirées de Max désormais énamouré d’Olivia. Le gérant de la boutique horrifique et la reine de la crème...

La Planète blanche : Le Secret de la banquise

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Thierry Ragobert, Thierry Piantanida et Jean Lemire. « L’ours est un seigneur dont le royaume s’est dissous dans l’océan » résume Jean-Louis Étienne en voix off de vieil homme revenu de tout, de partout : La Planète blanche prend acte du réchauffement climatique, ne prend à aucun moment la peine de l’expliquer, de le (re)mettre en cause et si l’on compte sur un tel (télé)film aussi inoffensif pour se sortir de l’impasse écologique, nous voici très mal barrés, surtout douze ans après. Ce métrage désespérément sage, évidemment inattaquable, en tout cas au niveau de son « empreinte carbone » réduite, neutre ou compensée, allez, du trio cité supra , franco-québécois, auquel adjoindre Caroline Underwood en réalisatrice de seconde équipe + sept chefs opérateurs dont deux plongeurs, accompagne d’hiver en été la faune arctique, sur terre et sous mer. Ici, tu survis ou tu...

The Deep Blue Sea : Le jour se lève

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En finir, se fuir, mentir, ne plus se trahir, coucher avec le diable, renaître, peut-être. « Beware of passion, Hester » : dans l’Angleterre des années 50, où se suicider constitue un crime, où une épouse doit obtenir le consentement de sa moitié pour divorcer, l’avertissement sévère de la belle-mère austère indique un désir davantage qu’une réalité, car la passion, l’héroïne ne la ressentira pas, ou alors uniquement au sens étymologique de souffrance. Comme chez Carné, elle se suicide puis se souvient dans une chambre fermée à clé ; contrairement à Gabin à main armée, elle utilise le gaz et ne réussit pas à s’endormir du grand sommeil, elle vivra longtemps, (r)assure un « philanthrope » muni d’une piquouse. D’ailleurs, ce geste final, fatal, douzaine de médocs avalés pas même de taille à détraquer un gosse en bonne santé, se déroule au début, et la romance des amants se voit vite visuellement racontée, en plongée calligraphiée, alitée, dénudée, d...