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Blink : The Eye

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Voir avec le cœur, Antoine idoine, échapper au tueur déformé, récupérer son canidé.  Qui se souvient de Madeleine Stowe ? Il suffit d’un battement de cils pour disparaître de la vue des cinéphiles, pour s’évanouir loin d’un art amnésique, pour se consacrer à la maternité avant de reparaître longtemps après à la TV. Madeleine, tant pis pour Judy prise de vertiges selon Hitch, connut son acmé d’actrice durant les années 90, et je me la remémore surtout pour son rôle dans L’Armée des douze singes de Gilliam, parmi une filmographie qui lui fit croiser Badham, Tony Scott, Nicholson, Kaplan, Michael Mann, Altman, parcours estimable, sinon supérieur à beaucoup de consœurs. Trop forte, trop fière, trop intelligente et dilettante pour Hollywood ? Sans doute. Quelque chose de Linda Fiorentino ou Faamke Janssen se retrouve en elle, irrigue-innerve en partie son personnage d’aveugle vite guérie, femme indépendante, amante autonome usant des hommes, confesse-t-elle en matan...

Tarzan : Another Day in Paradise

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S’esbaudir devant Bo ? No way . La maudire ? La mettre à nu. Après les cannibales amazoniens, l’homme-singe africain ; avant Lorenza Izzo joliment filmée par son compagnon Eli Roth, John Derek immortalise sa Bo homonyme – ainsi va ma cinéphilie, oh oui, ainsi s’étoffe ma DVDthèque, chouette. Le film possède une réputation atroce, et alors ? Depuis quand convient-il d’évaluer une œuvre en suivant les avis spécialisés, datés, la « rumeur aux mille bouches » dont parle Homère dans l’ Odyssée  ? Tu t’intéresses au ciné, tu souhaites écrire sur et avec lui, l’ami(e) ? Va et regarde, me souffle Elem Klimov, utilise ta sensibilité, ton cerveau, ton style et moque-toi de ce que l’on en/te dira, voilà, voilà. Ce préambule posé, Tarzan , troncation de galette,   constitue un ratage signifiant, un médiocre métrage avec de stimulants éléments dedans, au-delà. Méritait-il son gros succès en salles, d’être descendu par tout le monde, à la notable...

The Green Inferno : La Forêt d’émeraude

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La faim justifie les moyens, a fortiori dans la zolie Amazonie. « Per Ruggero » : le générique de fin s’achève par une grosse dédicace loquace et paraphe The Green Inferno en film d’amour adressé au caro Deodato, à un sous-genre cinématographique, horrifique, celui de l’anthropophagie, filmographie sélective offerte in extremis , un salut singulier à Ursula Andress topless dans La Montagne du dieu cannibale , émoustillement d’adolescence maté en VHS, à Lorenza Izzo, aussi, actrice radieuse aux grands yeux expressifs, jeune femme dynamique et sympathique, accessoirement compagne du réalisateur et sa partenaire de jeu sur le peu mémorable Aftershock . Film de femmes, film de cannibales, film choral, cet enfer vert qui ne connut les honneurs d’une sortie en salles hexagonales, alors que tant d’excréments s’y bousculent chaque mercredi après-midi, merci, s’apparente à un conte défait pour adultes, où l’ingénue manque de se faire manger non plus par l’ogre du Petit Pou...

Dance of the Dead : Le Bal de l’horreur

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Une révolution à l’horizon ? Plutôt des zigotos qui (m)astiquent nos zygomatiques. Sorti en 2008, Dance of the Dead arrive bien après Le Retour des morts-vivants (O’Bannon, 1985), poursuit Shaun of the Dead (Wright, 2004) et précède Warm Bodies (Levine, 2013), trilogie sympathique autant qu’anecdotique. Les comédies avec zombies , l’adolescence lycéenne à la sauce US, on commence à (re)connaître, merci. Ni Romero ni De Palma, moins encore John Hughes, davantage héritier de Sam Raimi, qui logiquement acquit les droits de distribution en DVD, Gregg Bishop signe cependant, en artisan polyvalent, un métrage relativement agréable, qui contrairement à l’argument ne développe pas le climax de Carrie au bal du diable et se fiche du filigrane politique, sociétal. Mais, puisque l’esthétique ne saurait jamais s’exonérer du politique, puisque le cinéma, y compris celui classé de divertissement, ne cesse de refléter une psyché, individuelle et collective, par ses modes de produc...

Shell : Le Plein de super

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Scott Graham. Ce que nous écrivions naguère à propos de Iona , on pourrait le reprendre à présent, presque littéralement, on ne le fera pas, toutefois, le copier-coller pas réellement ma tasse de thé. Et cependant Shell s’avère de la même manière, différemment, un portrait de femme, un film de visages et de paysages, une cartographie des sentiments, des élans, des saisons et des horizons, au final pas si loins, à portée de main, de camion de bûcheron. Dans Shell , une demoiselle quasiment majeure officie dans une station-service écossaise, un brin western , au côté de son papounet épileptique, abandonné par sa moitié, par conséquent mère démissionnaire, comme disent les sociologues suspects, quand la gamine de dix-sept ans en comptait quatre. Autour d’elle, soleil d’ébène aux chaussettes de fillette, à la poitrine déjà féminine, à la grâce de son âge, au charme de sa face sans maquillage, gravitent trois types...

Une belle fin : La Vie des morts

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Uberto Pasolini. Certes, personne ne confondra Uberto avec Pier Paolo, et l’ultime plan de Une belle fin en achèvera plus d’un, avec ses funérailles fantomatiques molto mélo. Mais Still Life , still film qui filme des natures mortes, qui filme la mort en pleine nature, tombes entourées de verdure, mérite un court détour, malgré son humanisme inoxydable, sa facture de fable millimétrée, en accord avec la maniaquerie de son protagoniste. Au cinéma, rien n’existe, rien ne survient, y compris dans la pornographie, genre a priori le plus matérialiste et immanent. Tout se joue toujours au passé, tout relève de l’art funéraire, tout nous ramène à contempler la mort, à s’en repaître régulièrement, contrairement au théâtre pas en boîte, à la musique en concert, à la danse sur scène. Le spectacle de facto vivant, le ciné s’en désolidarise, le dissout dans une sorte de présent éternel aussi mécanique que la machine ...

Steel Trap : Réveillon chez Bob

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Des invités à décimer, une bande d’enfoirés dans une bande emballée à l’allemande. Toujours produit par Oliver Simon, cette fois-ci associé au vétéran Pierre David, pour Abnormal Pictures, quel sympathique intitulé, tant l’insaisissable normalité, au cinéma, au-delà, effraie, à part les présidents transparents, évidemment, Steel Trap évoque davantage, hélas, The Choke que Bloody Trails . Pareillement slasher en huis clos sur fond de vengeance féminine, co-écrit par une scénariste par ailleurs compagne du réalisateur et chanteuse de comptine accompagnée à l’accordéon teuton, le métrage accumule les étages, les couloirs, les coups de Trafalgar, sans sucrer l’ascenseur et sa cage abyssale, lieu anxiogène au moins depuis De Palma & Dick Maas. Les mecs de Spokane envahirent  une ancienne usine de pain de mie, ceux de Cologne investissent un immeuble désaffecté, glacé. Même modicité de budget, même vitesse de rédaction, d’exécution, même tarissement d’inspiration et même...