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David Lynch: The Art Life : Ivre de femmes et de peinture

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Olivia Neergaard-Holm, Rick Barnes et Jon Nguyen. Enfin un (auto)portrait de cinéaste sans extraits de (ses) films ! Enfin un documentaire débarrassé des (« usuels suspects ») habituels intervenants, proches, collaborateurs, exégètes, pour vous dire quoi retenir-penser du sujet/objet ! Enfin une œuvre élégante et plaisante, qui n’imite pas le créateur concerné (car elle affiche sa propre personnalité, via le bon boulot du DP Jason S., du compositeur Jonatan Bengta, du sound designer Philip Nicolai Flindt), qui pourtant rejoint sa simplicité, sa modestie, parvient à évoquer le mélange de normalité (rassurante) et d’atrocité (effarante) caractérisant la filmographie. David Lynch: The Art Life reprend le procédé du Mystère Picasso de Clouzot, donne à voir un artiste, par ailleurs réalisateur, en train de créer, de peindre, de percer, d’assembler, de ne rien faire, assis dans un...

Cette femme-là : Voilà l’univers d’Anne Murat

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Sous le signe des signes, rencontre avec une femme et une forme… Un jour (récent), je rédige un éloge de Il dono , dû à Michelangelo Frammartino ; un soir, un amical Berlinois (il se reconnaîtra), via le trombinoscope interlope de Mark Zuckerberg, m’oriente vers un texte similaire, signé Anne Murat. Je lui adresse le mien par courriel, comme un écho, elle me répond, rapidement, gentiment, correspondance depuis la France vers l’Italie. Tandis qu’elle parcourt mon blog (avec plaisir, apparemment), je visite son site  à son image, riche, structuré, réfléchi, citoyen (sinon engagé). On y trouve des mots, des photos, des extraits de courts métrages, fictions ou documentaires, « institutionnels » ou musicaux, d’essais vidéo, on y aperçoit une femme qui écrit, réfléchit, réalise, voyage, à la recherche d’elle-même à travers la découverte d’autrui. Sciences Po, le CNC, le trilinguisme et le cosmopolitisme, quelques repères assortis d’admirations pour Cameron, Fel...

La Nuit autour : L’Éclipse

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Benjamin Travade. Elle danse, elle marche, elle parle, elle se souvient, cette jeune femme dont on ne sait rien, sinon deux ou trois choses, à la Godard, qu’elle nous laisse entrevoir, deviner, redouter (matez-moi la lampe liminaire empruntée à Alphaville ). Parmi l’obscurité introductive, elle effectue une Valse dans les ténèbres à la William Irish, elle tournoie avec la mort, avec le passé, exercice onaniste scandé par un tambour, puis elle sort dehors, ne surtout pas rester dedans, dans le ressassement du néant, au clair soleil de Paris, des beaux quartiers, d’un hippodrome où contempler la robe brillante d’un cheval, rime inversée à sa robe d’été, étoffes réunies par leur couleur de nuit (le canasson en métaphore amusante-amusée de l’étalon exhumé). La prisonnière aux doigts colorés, glissés dans le grillage séparateur, se remémore une douce folie, un adultère d’hier, passé inaperçu de Sa...

Il dono : L’Échange

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Michelangelo Frammartino. Le premier plan reprend le dernier de La Prisonnière du désert  : une porte ouverte sur le monde, surcadrée par l’obscurité. Un vieil homme sort, contre un rectangle de terrain noir et de ciel blanc. Devant la texture de l’image, 16 mm rugueux « gonflé » en 35, face au comportementalisme introductif, on peut se croire spectateur d’un documentaire. En réalité, Il dono abolit la frontière, fait fusionner la fiction avec le réel. Le don homonyme renvoie à un élément précis du récit, à la problématique d’ensemble, mais aussi et surtout à une capacité à observer l’être-là, à l’infuser de motifs fictionnels – « don de double vue », en effet, qui cherche à percevoir la surface et l’intériorité, à les donner enfin à voir, débarrassées de la poussière de la professionnalisation, de l’emprise de la dramaturgie. Pas d’acteurs, rien que le grand-père du r...

Aux frontières des Indes : La Bataille du rail

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Suite à son visionnage sur site d’ARTE, retour sur le titre de Jack Lee Thompson. Voici une surprise épique et politique, une réussite ironique dont le doublage allemand intempestif faillit nous détourner (mon anglophilie persista). Les dix premières minutes, muettes à l’exception d’une brève voix off d’exposition, constituent un modèle de réalisation et de montage (Frederick Wilson assemblera L’Île mystérieuse de Cy Enfield + Arabesque , l’ opus de Stanley Donen, pas la série avec Angela Lansbury !), possèdent une sorte de grandeur comportementaliste à la limite de l’abstraction. Lee Thompson va poursuivre sur cette voie (ferrée) d’une maîtrise du découpage (en Scope) de l’espace et du récit tout du long d’un périple à travers l’Inde paysagée, surtout à l’intérieur de la psyché britannique, autocritique incluse. Il filme avec maestria, avec l’ampleur précise du classicisme encore vif, de vrais personnages et de vrais acteurs (actrices), très bonne distribution à l’unisson...

The Red Shoes : Le Métro de la mort

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 « Trouver chaussure à son pied » – coupé…           Chassons les chaussons des Archers puisqu’il s’agit ici de chaussures roses (fuchsia, voilà), non d’une réflexion (d’une chorégraphie) sur l’art à en mourir mais d’un voyage au bout de la nuit de la folie : si « l’habit ne fait pas le moine » (le costume crée pourtant en partie le personnage, sur scène et au cinéma), la paire d’escarpins fait l’assassin (au féminin), morale du conte de fées (défaites) pour adultes connaissant ou point le récit d’Andersen, généalogie de marketing davantage que de diégèse. Voici une femme mariée, trompée, peu aimée de sa gamine à son papa (complexe d’Électre en perspective), qui, lentement, va découvrir puis se laisser envahir par sa part d’obscurité, irréductible au « continent noir » de Sigmund F., aisément transposable à une masculinité occise, déboussolée. Comme le détective amnésique de William Hjor...

The Grudge 2 : Hantise

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Voyage à Tokyo sans trémolos ni Ozu – l’oserez-vous ?... Ce film mal-aimé (au succès commercial éclair, éphémère) s’avère cependant bien aimable. Certes, Takashi Shimizu semble passer le plus clair de son temps (et de sa filmographie) à s’auto-remaker. Bien sûr, les actrices paraissent très âgées pour interpréter des lycéennes (internationales), même en classe de terminale. Évidemment, tout ceci peut rappeler Ring , Kayako en avatar faiblard de Sadako, chevelure de nuit, à la Mizoguchi ( Les Contes de la lune vague après la pluie , oui) et contorsions craquantes (littéralement) incluses. Et alors ? Notre cinéaste, à défaut de prendre des risques (formels), ne prend jamais le spectateur pour un imbécile (constatation faite aussi par la clairvoyante Sarah Michelle Gellar dans l’un des sympathiques suppléments), peu importe sa nationalité. Rencontre assez convaincante entre l’Est et l’Ouest, entre l’Asie et les États-Unis, The Grudge 2 ne manque pas d’avérées qualités,...