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Tel père, tel fils : L’Échange

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Hirokazu Kore-eda. Mon Dieu comme l’on s’emmerde à ce téléfilm manichéen, méticuleux, œcuménique, qui plut pourtant à tout le monde ou presque, notamment à Spielberg de passage à Cannes, tu m’étonnes, achat des droits du remake ricain inclus. Insoutenable suspense scénaristique : le père friqué, aussi froid qu’un sushi surgelé, va-t-il in fine comprendre, dessillé par son Petit Prince à lui, que le cœur compte davantage que le sang ? Saura-t-il surmonter son traumatisme d’enfance, dire maman à sa belle-mère hilare, sans chichis, dépasser le point de vue passéiste de son papounet peu respecté ? Les deux couples divisés par une fausse erreur médicale – ah, la garce d’infirmière repentie échangea les chiards à leur naissance, vengeance de classe et morale du ressentiment nietzschéo-marxiste, heureusement, cela nous vaudra quelques dommages et intérêts, philosophe le pragmatique géniteur régressif spéci...

La Mouche 2 : Martin

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Insecticide ? Parricide. Cette suite opportuniste et sincère, surprenante et ennuyeuse, inoffensive et perverse commence comme La Boum et finit comme Freaks . Accompagné d’artisans de talent, Chris Walas réalise une romance mâtinée de vengeance, à l’évidence destinée à un public pubère. A contrario du caractère adulte du Cronenberg , le remake d’un ersatz des années 50 sorti en 1989 se savoure, voire déçoit, tel un drame œdipien. Dans le sillage de Spielberg, Richard Donner ou surtout Joe Dante, notre émérite spécialiste des effets spéciaux portraiture une enfance orpheline et une adolescence accélérée à l’aune de la monstruosité, d’une altérité désormais intégrée, incarnée. Avec son père truqué à la Philip K. Dick, par ailleurs à la tête d’un avatar biologique du célèbre complexe militaro-industriel, avec sa créature réjouissante et ratée de drive-in , avec sa coda cruelle au fond d’une écuelle, le métrage accuse son âge et charme/irrite par son passéisme. Tel Truman,...

Les Sans-Espoir : Le Mouchard

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Miklós Jancsó. Dinanzi a me non fuor cose create se non etterne, e io etterna duro. Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate. Dante, Divina Commedia , III 7-9 Kubrick rencontre Bresson à Urga ? Oui, un peu de cela, pas seulement. Voici un western oriental, un stimulant exercice de style, une parabole politique intemporelle. Même si le prologue aux planches encyclopédiques constitue un modèle d’exposition contextuelle, le cadre historique en Scope restauré s’oublie vite, se dilue dans une réalisation visant l’abstraction, dans une mise en scène assumant sa théâtralité transcendée. Grand spectacle en plein air, sur la scène d’une prison à ciel ouvert, le métrage de Miklós Jancsó, cinéaste à raison admiré par Scorsese ou Béla Tarr, repose sur un mouvement perpétuel duel, celui de la caméra, celui de la délation. Il convient, pour peut-être sauver sa peau de saligaud, de trouver un assassin supérieur...

Ornette: Made in America : Saxo

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Shirley Clarke. Le free jazz  ? Presque un pléonasme, tant la liberté caractérise, caractérisa, devrait caractériser cette musique autrefois à la mode, pour de bonnes et mauvaises raisons, avec son imagerie mythique de nuit, de ville, de désir, de ruine, de Brésil relayée, sinon créée, en partie par le cinéma. Hélas, le jazz ne libéra pas le cinéma et ce court documentaire consacré à un vrai créateur le démontre assez médiocrement. Durant soixante-dix-sept minutes longuettes, on écoute Ornette en concert au Texas natal, fil rouge sonore passé à travers le chas des archives, personnelles ou publiques. Shirley Clarke, surtout connue pour le surfait The Connection , portrait de groupe et d’époque sur fond de drogue, de reportage répété, tente d’élaborer en testament un équivalent visuel à la syncope de Coleman, à coup de caméra portée, de montage stroboscopique, de zooms avant et arrière à...

Let’s Get Lost : Le Chanteur de jazz

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Bruce Weber. Voilà, perdons-nous au son de la voix et de la trompette de Chet, puisqu’en 2017 le reste, tout le reste, anywhere , s’avère assez abject. Égarons-nous durant deux heures environ dans ses rides, dans son sourire, dans sa belle gueule fracassée de camé édenté. Le spectre roule en Cadillac et sa vie se déroule en « histoire orale », le film affiche un noir et blanc granuleux – du 16 mm « gonflé » en 35, au vintage format 1.33 – qui harmonise les sources, les époques, les discours dans le même espace-temps mythique, atemporel, artificiel et arty . En studio ou à l’hôtel, en Italie ou à Cannes, sur une plage de Santa Monica bientôt arpentée par Lana Del Rey, on croise Chris Isaak, vrai-faux héritier mutique, le Flea sauteur des Red Hot Chili Peppers, on aperçoit des photographies érotiques d’André de Dienes, sirènes au soleil, dont une certaine Marilyn, et un poste...

Balade entre les tombes : La Source des femmes

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Suite à son visionnage sur le site de C8, retour sur le titre de Scott Frank. Comme dans un Bond, le meilleur réside dans le générique : un corps féminin morcelé paraît caressé dans une éternité immaculée, avant que deux visages masculins ne suscitent le soupçon, avant qu’un court panoramique ne révèle un bâillon en chatterton , avant que les doigts ne s’enfoncent dans la chair trop claire de la victime terrorisée, condamnée. On reverra plus tard, brièvement, la jolie finlandaise Laura Birn à l’arrière d’une camionnette, torturée par les deux ravisseurs, filmée en vidéo et observée dans le rétroviseur par un amoureux armé de bonnes intentions infernales. Le témoin suicidaire sort aussitôt du véhicule et le film fait de même, pour ainsi dire, comme si sa propre noirceur l’effrayait, comme s’il se retrouvait au bord de l’irreprésentable. Ailleurs, plus tôt et plus tard, une épouse et une fille, toutes les deux idéalisées au ralenti, mannequin chic ou Chaperon rouge à chaper...

La Chienne + La Rue rouge : Drôle(s) de drame(s)

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Suite à leur visionnage sur le site d’ARTE et en ligne, retour sur les titres de Jean Renoir et Fritz Lang. La Chienne (1931) Le film d’une émancipation. Une tragi-comédie entichée de théâtre, en distanciation-émotion. Un vaudeville réinventé, un ouvrage très français. Le son, la profondeur de champ, le point de vue extérieur, littéralement, la caméra portée, tout concourt à créer un réalisme cinématographique, donc une recréation porteuse de vérité. Tout conspire à nuire contre des pantins humains, trop humains, victimes d’eux-mêmes et d’un destin trivial. Le fait divers remplace la tragédie, liquide la causalité naturaliste : plus de généalogie dégénérée, Zola en émule de Lombroso. Un portrait vitriolé du milieu de la peinture, peuplé de critiques faisant ou défaisant les peintres, de marchands d’art cyniques et juifs, inutile de revenir ici sur l’antisémitisme opportuniste du cinéaste, d’artistes prostitué(e)s au sens propre et figuré. Une réflexion sur la toile p...