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Le Petit Dico vache du cinéma français : Tais-toi quand tu parles

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Déclarations de haine, rengaine de citations : « ça balance pas mal à Paris », oui… Le compilateur, spécialiste d’Audiard (la quatrième de couverture pastiche la prose du dialoguiste), Belmondo, Gabin, Poiret, Ventura, du Conservatoire et des Bronzés , voulait « dresser un portrait un peu plus réaliste de cette fausse grande famille du cinéma français », « amuser le lecteur tout en faisant craquer le vernis derrière lequel acteurs et réalisateurs se cachent trop souvent ». En partie et en effet « rassurant » de franchise, le classement alphabétique s’avère également assez désolant, car personne n’en sort grandi, émetteur ou cible des amabilités rapportées, référencées. Philippe Durant parsème son anthologie de quelques notices essentiellement contextuelles et l’ensemble, vite lu, ne surprend guère, tant l’on retrouve certains « couples » célèbres, par exemple Sophie M. & Maurice P. au commissariat, Vanessa P. & Jea...

Le Grand Amour : La Secrétaire

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Pierre Étaix. Cela commence comme La Femme d’à côté , par un survol panoramique de paysage plat (et une chanson de trahison, de désamour, de retour à la raison des sentiments) ; cela se poursuit comme Le Roman d’un tricheur (liberté du récit subjectif, le téléfilm L’âge de Monsieur est avancé rendra aussi hommage à Guitry en 1987) puis L’Homme qui aimait les femmes (gynécée des conquêtes imaginé réuni à l’église, en relecture du chapelet masculin des Tontons flingueurs ) ; plus tard, le portrait à charge de la province française (Tours, ville à l’atmosphère « candide, lénifiante et agréable » dixit l’auteur récemment revenu sur les lieux du tournage), marécage de mariage (par hasard, par paresse, par convention), d’héritage (une entreprise de tannerie), de médisances (commères à la Hopper & Parsons) évoquera Chabrol. À l’instar de l’exégète hitchcockien, Étaix se moque d...

Nocturno 29 : L’Armoire volante

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Pere Portabella. Citons in extenso l’inexacte (et lapidaire) présentation du site : « Premier long-métrage de Pere Portabella. Composé de scènes quasi-autonomes s'enchaînant par des transitions inattendues, inspiré par Eisenstein autant que par Bergman ou Antonioni, Nocturno 29 est le film le plus ouvertement anti-bourgeois de son auteur. » Avant de réaliser, le Catalan produisit, et pas n’importe quoi : Les Voyous de Saura, La Petite Voiture de Ferreri puis Viridiana de Buñuel, voilà. Peu prolixe (une douzaine de longs métrages en quarante ans), il collabora avec la fondation Maeght, choisit aussi de devenir député parlementaire et accessoirement rédacteur constitutionnel. Ce qui nous donna envie de voir Nocturno 29  ? Les images du visage de Lucia Bosè, « découverte » par/chez Antonioni (mémorable Chronique d’un amour ) et au parcours discrètement éclec...

Le Fils de Saul : L’Enfant

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de László Nemes. Rosetta à Auschwitz ? Pourquoi pas, par la Torah, hurla Ilsa. Davantage qu’à Kapo , Shoah , La Liste de Schindler , trinité incontournable et discutable, on songe, en regardant, en écoutant Le Fils de Saul , à Berberian Sound Studio . Une similaire matière sonore (élaborée par le primé Tamás Zányi) infernale, doloriste, irrigue les deux œuvres, même si Nemes, dès le départ, se refusait à faire un « film d’horreur » (« genre » qu’il pratiqua pourtant en amateur à l’adolescence), un identique chapelet périphérique d’atrocités s’y laisse deviner, à l’intérieur du hors-champ sur le point de contaminer l’écran chez Strickland, en bordure (floue) de l’image, du corps ou du visage de Saul ici (convaincant et mutique Géza Röhrig). Dans la relecture britannique de la sorcellerie (évocatoire, dirait Baudelaire) transalpine, le film dans le film finissait par détein...

Un roi sans divertissement

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 « Suite à un incident technique », inutile de fasten your seat belt  ; « les femmes et les enfants d’abord », d’accord, car ensemble au bout de la dead end … Regarder un film en avion, en bateau, en train ou en voiture : étrange expérience aux résonances quantiques (événement lié à sa perception, phénomène en partie soumis au contexte), à l’évidente dimension méta (mobile dans la mobilité, dépaysement dans l’espace et voyage dans la fiction), où le métrage se met en abyme au sein de sa reproduction réelle à grande échelle. Le vertige implicite n’exclut pas l’humour, par exemple quand on projette En pleine tempête lors d’une traversée insulaire (pour mémoire, citons aussi Ce que veulent les femmes entrevu vers le Québec ou un épisode de la saga Star Wars aperçu de biais sur le PC d’une voisine de compartiment sudiste). Imagine-t-on faire visionner Crash aux gosses sur le siège arrière de l’auto familiale ? Pas vraiment, pas jusque-l...

Amours cannibales : La Masseuse

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Manuel Martín Cuenca. Non, contrairement aux apparences proverbialement trompeuses (l’un des « thèmes » du récit), on ne parlera pas du film de Paul Thomas avec l’opulente et sombre Hyapatia Lee (auto-remaké quatorze ans après avec la solaire, élancée, Jenna Jameson), pas plus que de Peppermint frappé ni de Monsieur Hire , trois titres qui entretiennent des liens – sexualité tactile, relation de domination, dédoublement féminin, démence masculine, province chabrolienne, observation/obsession, rencontre de solitudes – plus ou moins lâches, sinon sanguins, avec celui du jour. Amours cannibales (l’original se borne au substantif létal), film endeuillé, enneigé, déploie la limpidité de son mystère avec une élégance de chaque plan (nombreux surcadrages d’appartement-prison), une douceur terrible (argument « choquant » à aucun moment traité selon l’exploitation ou l’auteurisme) ...

Drum : Persepolis

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Keywan Karimi. Premier long (très, malgré une « raisonnable » durée) métrage et peut-être dernier, puisque l’auteur trentenaire récolta (en présence de sa mère cancéreuse) pour Writing on the City , son documentaire sur les murs graffités de la capitale orientale, une amende « symbolique » équivalente à six cents euros, une peine de prison (un an au lieu des six prévus) et un « soupçon » de flagellation (sentence recommandable, encore trop miséricordieuse, pour moult « cinéastes » hexagonaux et internationaux). Tandis qu’en Occident certains s’astiquent (le bien nommé joystick ) déjà en prévision du « traditionnel » dégobillage de Lucas et ses sbires régressifs, la « République islamique d’Iran », installée là-bas (en 1979) dans le sillage bling bling du Shah, notoirement connue ici pour son exemplaire « liberté d’expression...