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Les Amants passagers : Flight Plan

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Pedro Almodóvar. Nous venons de voir un petit film hideux signé d’un grand cinéaste (attaque à la Rivette mais l’on n’usera pas du terme « abject »). Voici donc une comédie assez sinistre (« Coup de pine/coup de fil », des stewards à voile et à vapeur chorégraphiés par Blanca Li, ça vous fait rire ?), très longuette (la bande-annonce suffit, merci), sans enjeu (aucun blessé à signaler, sinon le spectateur), sans vie (pantins peu pirandelliens en quête d’un auteur sans doute sauté en parachute), sans aucune prise de risques (Pedro peut se permettre, lui, d’aligner les « pédé », alors que dans une bouche hétérosexuelle, le terme relève immédiatement de l’injure, au regard de la milice médiatique politiquement correcte) et complaisante à force d’auto-références (cf. le titre à double sens, son affiche placardée ailleurs dans la filmographie). Voilà un very bad trip à peine pardonn...

Garde à vue : Droit, caméra, émoi

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Versets déversés à Venise ou dans la Tamise, stances d’errance et d’immanence, rictus de coitus interruptus en prologue au grand silence du grand sommeil, après la jouissance mélancolique des merveilles…   Contrat social/commercial/artistique. État de droit/état d’urgence. Propriété intellectuelle et intelligence artificielle. Droit de mourir dans la dignité ou vivre dans des conditions indignes. Judiciarisation de la société, affaires froides, délai de prescription. Domaine public/vie privée. Règlement intérieur et brigade des mineurs. Charte des droits et devoirs du citoyen/Charte de la laïcité à l'École. Le procès de Joseph K. et celui de DSK. Droit à l’image ou image libre de droits. Visages adultes et organes génitaux d’enfants floutés. Code de carte bancaire/mot de passe informatique. Nom d’utilisateur et usurpation d’identité. Big data/Internet profond. Cybercriminalité/pédopornographie. Casiers judiciaire...

Cría cuervos : Les Grandes Vacances

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Carlos Saura. Poe écrivit un poème (et expliqua son mécanisme), van Gogh peignit un champ de blé (et une fillette nue assise, et un enfant blond souriant), Saura filma une/deux Ana, « au plus haut des cieux » découverts de l’Ibérie de naguère.       Ana, face à la caméra, se souvient et se raconte : « J’ai toujours eu peur, dans mon enfance. » Dans ou de  ? Et à qui donc s’adresse Geraldine Chaplin, son beau visage singulier magnifié par un réalisateur épris, ne se privant pas, toutefois, de lui voler sa voix, à l’instar d’un Feyder divisant Marie Bell prise au piège d’un grand jeu amoureux ? À un psychiatre, un historien, au spectateur, à celle qu’elle ne reconnaît plus, qui gît encore en elle à la façon d’une enfant mort-née, d’un membre fantôme amputé/ravivé par les souvenirs et leur formulation solitaire, là contre un mur, le regard...