Monsieur Tartuffe : Un moment d’égarement
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Friedrich Wilhelm Murnau. Mayer métamorphose Molière, élague à la hache, taille dans le texte : exit les personnages secondaires, adieu au Roi deus ex machina , bye-bye l’anticléricalisme (polémique, donc censuré) et le marivaudage (avant Marivaux). Le fidèle scénariste réutilise sa structure méta du Cabinet du docteur Caligari (avec, déjà, un méconnaissable Werner Krauss) et la raffine dans le moule réflexif du dramaturge applaudi par Louis XIV (pensons aussi aux dispositifs spéculaires de Hamlet et de L’Illusion comique ). Ce faisant, il concentre l’action jusqu’à l’implosion et la mise en abyme jusqu’au moralisme, remodelant l’imposture (pitoyable), l’hypocrisie (sociale) du Dernier des hommes et anticipant le triangle amoureux, voire mystique (deux hommes, une femme puis deux femmes et un homme, avec l’infinité du monde alentour) de L’Aurore . La « folie » d’Orgon remplace celle de...