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Les Chemins de la liberté : Horizons perdus

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Peter Weir. On se contrefout , à vrai dire, de savoir s’il s’agit ou non d’une « histoire vraie » (cf. le canular littéraire Survivre avec les loups , situé dans le même contexte), gage d’authenticité à peu de frais au frontispice des téléfilms d’après-midi, et Weir lui-même, sans remettre en cause la réalité du récit de Sławomir Rawicz, classe son film dans les œuvres de fiction, davantage en quête de vérité que de véracité , comme tout artiste par définition, ce qui n’exclut pas, cependant, l’apport possible du documentaire, ni l’enracinement « ontologique » (Bazin) du cinéma dans le réel. Hommage sans emphase à des combattants sans armes et presque sans avenir, à l’idée de résistance dans l ’acception  la plus physique du terme, longue marche de morts-vivants prisonniers de leurs passés respectifs, libres et solitaires dans l’immensité souvent hostile ou indifférente du monde, à redouter bien...

The Market : La Loi du marché

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Sa petite entreprise ne connaît pas la crise , mais à vouloir trop gagner, l’ami Mihram risque d’y perdre son âme… Il était une fois , au début des années 90, un marchand (« au noir ») indépendant, polyvalent et musulman, amateur d’alcool et de cartes à jouer, désireux de se faire  «  une place au soleil  » , pour lui et sa petite famille, de s’amender , dans ce coin a-touristique à l’est de la Turquie si nuageux, gr âce à l’essor de la téléphonie mobile. Profitant d’une urgente commande de médicaments pour enfants passée par une doctoresse providentielle, il allait traverser la frontière vers l’Azerbaïdjan, des sacs de minerai non traités, à destination de la Finlande, dissimulés sous sa rouge voiture usée, histoire de ne pas payer les frais de douane, négocié chacun dans les quatre cents dollars américains par les bons soins de son oncle. En chemin, il croiserait un VRP trop souriant, un petit malfrat et ses sbires, des mendiants adolescents, une pha...

L’Aurore : L’Inconnu du lac

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Pour ce deux centième article, un homme et une femme, ressuscités presque quatre-vingt-dix ans après : persistance des mythes et incomparable éclat d’un cinéma perdu… Revoir, sur l’invitation d’un ami mélomane, « le plus beau film du monde » (Truffaut) sur grand écran numérique, dans une salle municipale de province, durant un week-end quasi estival, parmi un maigre public âgé, commenté par un sympathique professeur (au féminin) de philosophie cinéphile, ou l’inverse, accompagné par un surprenant et brillant bassiste (vrais « passeurs » loin des ambassadeurs et des marchands cannois), revient, certes, à redécouvrir un chef-d’œuvre – terme de nos jours autant galvaudé que réalisateur  ou artiste –, mais encore à se laver le regard, à débarrasser ses yeux des tombereaux de bêtise et de laideur régnant sur la Toile, dans la « petite lucarne » et en dehors, au sein de notre monde mental et physique exploré avec vaillance et génie par Mur...