Mirage de la vie : Le Corps filmé

Au cinéma, contrairement au théâtre ou à la danse, le corps n’existe plus : seul apparaît le souvenir de sa représentation. Dans une forme délibérément associative, voici sept incarnations de ces fantômes dédoublés, autant de manières de filmer la chair, triste ou gaie… Le corps fracassé Masochisme de la protohistoire, des chutes sur le bitume et des tartes à la crème, du coup de bâton ( slapstick ), policier ou non. Chaplin et l’échelle des émotions : le plan d’ensemble d’un homme qui tombe fait rire, alors que le gros plan dévoile sa douleur et provoque l’apitoiement. Harold Lloyd en collectionneur de pin-up , Laurel & Hardy en duettistes assez gay , Keaton et sa face tragique de persona . Un mécano méta de la General : le train en métaphore du cinéma et du corps, lancé à toute vitesse dans le décor des silent et silly comédies (ou symphonies). Projectiles humains lancés du haut des toits, pendus à une horloge, fichés dans l’œil de la Lune. Caoutchou...