La Résidence : La Mauvaise Éducation
Le trop rare Narciso Ibáñez Serrador signa en 1969 – « année érotique »… – un diamant noir du cinéma ibérique, fable éducative ironique autant que drame de l’amour maternel et allégorie politique du règne franquiste. Avant Suspiria et Saint Ange , mais dans le sillage de Jeunes filles en uniformes et Prison sans barreaux , tous deux réalisés durant les troubles années 30 ou Dortoir des grandes de Decoin, La Résidence s’inscrit dans l’imagerie du « film de pensionnat pour jeunes filles », presque un sous-genre en soi, avec les déclinaisons masculines de Los olvidados (l’influence de Buñuel se ressentira de diverses manières), voire Les Choristes ! Le film, basé sur deux principes spatiaux, la clôture et la verticalité, annonce aussi une autre perle du cinéma espagnol, Les Autres , l’affection véritablement étouffante des mères portraiturées, la brune Lilli Palmer ou la blonde Nicole Kidman, conduisant à l’asphyxie de leur progéniture, dépourvu c...